Jour 11

Un voyage qui s’achève par une courte étape. Départ de bonne heure du camping endormi sous une température idéale.

La vidéo du parcours de l’étape

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Les cinq premiers kilomètres sont en descente avant une légère remontée dans les gorges de Malvaux.

La route est ombragée et aucune circulation ne vient troubler ma quiétude. J’arrive très vite à Chaux-des-Crotenay où après une petite descente j’entreprends l’ascension du col du Gyps. Une montée courte de 1,5 km mais bien pentue.

Je reste encore en forêt…

puis j’en sors

et je rejoins en quelques kilomètres la nationale 5 située en contrebas. Je ne vais l’emprunter que sur 300 m avant de reprendre une route forestière qui me conduira jusqu’à la Chaux-de-Dombief 4 km au-dessus de Bonlieu, terme du voyage. Quelques pentes sévères au-début puis la pente va se radoucir ensuite.

A 10 h 15, le voyage prend fin. 554 km parcourus et 8657 m de dénivelée positive dans les cuisses !

Ce fut un voyage très court par rapport aux précédents mais ce fut loin d’être le plus facile car le parcours était très montagneux et chaque jour la dénivelée était la même que dans les plus grosses étapes de mes voyages précédents en cyclo-camping. J’ai éprouvé des plaisirs quotidiens pour les yeux à l’exception de la liaison Baume-les-Messieurs- Champagnole qui passait par ce qui s’appelle le Premier Plateau.
Je dédie ce voyage à Jacques avec qui je n’ai pas pu partager toutes ces découvertes et je lui souhaite beaucoup de courage pour affronter des moments difficiles.

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Jour 10

Alors qu’hier j’ai fini bien fatigué et ai passé la soirée à grelotter malgré la chaleur, ce matin je me sens en forme au lever. Je vais tester ma forme jusqu’à Saint-Point-Lac et j’aviserai ensuite.
Il fait déjà 25° au départ. Les premiers kilomètres me semblent faciles et j’avale sans difficulté les premières bosses avant de m’attaquer à l’ascension du col de la République. Je prends un tempo et arrive très frais au sommet après 4 kilomètres et demi de montée à l’ombre.
Je bascule dans la descente et à la sortie des bois, le paysage s’ouvre, toujours aussi verdoyant.

Je descends jusqu’à Malpas où j’arrive dans une petite vallée…

que je traverse, puis remonte et redescends ensuite sur Saint-Point-Lac, site BPF.

Il est 10 heures, j’ai effectué 21 km, je suis encore frais aussi je décide de continuer après un coup de fil au camping de Foncine-le-Haut pour voir s’il y a de la place et s’il est ouvert. J’ai plusieurs alternatives, plus ou moins longues, avec plus ou moins de côtes,  pour rejoindre Foncine.
Je longe le lac de Saint-Point, la route est plate mais un vent de face s’est levé.

Le lac de Remoray lui succède aussitôt. A partir de là la route va s’élever progressivement, le vent se renforce et j’avance difficilement. Cela me laisse le temps d’apprécier le paysage.

A Boujeons, je peux rejoindre directement Chaux-Neuve puis Foncine par un itinéraire  de douze kilomètres que j’ai déjà emprunté en 1992. Je choisis de monter dans la forêt par le col des Lanciers. Je serai ainsi à l’abri du vent et à l’ombre.

Jusqu’au col la montée est facile sur un bel enrobé. Ensuite je prends une route forestière qui va me conduire jusqu’à proximité du col de Saint-Sorlin. Le revêtement n’est pas très bon et il manque quelquefois  du bitume. C’est roulant néanmoins. Après 4,5 km de montées et descentes, je retrouve une départementale qui rejoint le col de St-Sorlin 500 m plus loin. J’y vais et là aussi je peux redescendre et rejoindre Chaux-Neuve puis Foncine directement.
Je choisis  alors de reprendre une route forestière dans la forêt du Prince avec un petit bout de piste de 1,4 km que j’avais repérée. Sur ma carte Michelin, à part cette petite portion de piste, il y a deux traits plein indiquant un itinéraire revêtu. Cette option devrait me conduire jusqu’au col du Bulay situé au dessus de Foncine. C’est là que la galère a commencé !
La chaleur est supportable car je roule très souvent à l’ombre en forêt sur des altitudes comprises entre 950 et 1100 m mais j’affronte un interminable toboggan et de grandes portions où le macadam a complètement disparu.
Après 2 h 10 d’efforts pour parcourir une quinzaine de kliomètres, j’arrive enfin au col du Bulay. Plus aucun revêtement sur les deux derniers kilomètres et j’ai dû affronter une descente cassante et pousser le vélo  sur la dernière montée d’un kilomètre.
Du col du Boulay, je redescends rapidement sur une bonne route jusqu’au camping de Foncine-le-Haut.

Il fait très chaud et le montage de la tente en pleine chaleur sans ombre est pénible. Fort heureusement après la douche, je trouve un coin d’ombre et la température devient vite supportable à 850 m d’altitude.
Demain, une très courte étape me conduira à Bonlieu où je récupérerai ma voiture au camping.

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Jour 9

Au pays de Courbet, je n’ai pas exploré les origines du monde. En revanche, ce matin je suis parti visiter les origines de la Loue, cette si jolie rivière à truites que je côtoie depuis hier.
Pour cela, il faut de suite s’élever pendant neuf kilomètres sur une route longeant la Loue. Je m’élève rapidement à plus de 200 m en surplomb de la rivière mais malheureusement il n’y a aucune visibilité sur elle à cause de la densité du feuillage.

Après une courte descente et remontée, j’arrive à Ouhans, site BPF et commune où se situent les sources de la Loue. Il n’y a aucun commerce et c’est à la caserne de pompiers que je pointe mon BPF.
Par une petite route que m’ont indiqué Régine et Michel, les cyclos d’Annecy que j’avais croisés à Nozeroy, je descends au fond des gorges. Je descends mon vélo chargé jusqu’aux sources, craignant de me faire voler mon matériel dans ce lieu très touristique.

Après cette visite, il faut remonter toute la dénivelée perdue. Je hisse le vélo sur le chemin en le poussant jusqu’au parking et ensuite je peux rouler à nouveau. Je rejoins la route que j’ai quittée une heure auparavant et je vais devoir monter encore pendant quelques kilomètres avant d’atteindre un nouveau plateau.
J’emprunte pendant un kilomètre et demi, la nationale 57 qui permet la jonction Besançon Pontarlier puis Lausanne. Il y a beaucoup de trafic et cela monte. Ce n’est pas très agréable. Il me faudra attendre près de cinq minutes pour pouvoir traverser la route et prendre une petite route forestière.
Les premières centaines de mètres sur cette petite route se déroulent sur des pourcentages très forts mais heureusement cela ne dure pas et je me retrouve vite à pédaler sur le plateau.

C’est à ce moment là que je ressens une grosse fatigue. L’arrêt pique-nique ne me permet pas de récupérer et je peine de plus en plus sur ces routes vallonnées.
Une courte descente me permet de rejoindre Montbenoît, autre site BPF. Ce dimanche, c’est désert et tout est fermé. L’abbaye en cours de restauration est masquée par des échafaudages.

J’avais repéré qu’il y avait une piste cyclable qui permettait de faire la liaison entre Montbenoît et Pontarlier mais comme bien souvent, il n’y avait aucun fléchage pour la rejoindre. J’avais bien le parcours en tête et j’ai pu la rejoindre en empruntant une petite route et un petit bout de chemin.
Il me restait alors quatorze kilomètres à effectuer sur cette voie cyclable qui emprunte une ancienne voie ferrée.
Cette piste cyclable est très jolie, elle suit la vallée du Doubs en surplombant la nationale. C’est un parcours sur un long faux plat montant qui n’aurait dû être qu’une formalité. Mais un violent vent thermique de face et la fatigue accumulée m’ont mis à la peine sur cette fin d’étape.
Demain, si je ne suis pas en forme, je ne ferai qu’une vingtaine de kilomètres pour aller “buller” au lac de Saint-Point.

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Jour 8

Une très belle étape aujourd’hui ! Dès la première ascension, tout de suite après le départ, je sens que j’ai de bonnes jambes. Je décide donc de faire deux détours : un aller-retour pour le col du Coda et un autre pour aller voir la source du Lison à Nans-sous-Ste-Anne. Cela rajoutera une douzaine de kilomètres au parcours et 200 m de dénivelée positive.

Après la première rampe de départ, les pentes oscillent entre 4 et 6 % , je pédale sans fatigue et apprécie les paysages champêtres. La température est à 25°.

Une bonne descente me ramenant à mon altitude de départ et je suis à Nans-sous-Ste-Anne, site BPF. Je me rends à la source de la Lison située à 1,5 km. Contrairement aux cascades du Hérisson, il y a un peu d’eau.

Je reviens sur mes pas jusqu’à Nans-sous-Ste-Anne…

… et j’attaque la deuxième grande ascension de la journée qui va m’emmener sur un nouveau plateau où, tout comme les autres jours, je retrouve des successions de courtes côtes et de courtes descentes pendant quelques kilomètres. Puis c’est une redescente plus longue qui me permet d’arriver dans la vallée de la Loue au village de Cléron où j’aperçois un beau château. Je tourne un peu dans le village pour essayer de trouver un bon angle pour le photographier mais la propriété est close et c’est difficile de le voir en entier.

A la sortie du village, je vois un panneau indiquant Ornans par un itinéraire cyclable. Je choisis cette option qui va passer sur la rive gauche de la Loue. La route est souvent ombragée, mais réserve quelques montées pour surplomber la rivière tout en en s’éloignant. Je ne regrette pas ce choix car  sur la route principale  que j’avais prévu d’emprunter et que j’aperçois au loin en contre-bas, il y a de la circulation. Sur ma route, je ne croise que quelques cyclistes.
Je ne retrouve la Loue qu’à Ornans, ville natale de Gustave Courbet.

Il fait très chaud à Ornans : 33°. Il me reste 12 kilomètres à faire sur un long faux-plat montant pour rejoindre Lods où j’ai prévu de faire étape. Le vent thermique qui remonte la vallée me pousse et j’avale ces douze kilomètres sans problème malgré la chaleur que je ressens lors des arrêts photos.

J’arrive sans être trop fatigué à Lods village pittoresque aux 2 labels : « Plus beaux villages de France» et « Cités de Caractère de Bourgogne-Franche-Comté».

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Jour 7

Ce matin, le ciel est bien couvert et il fait 20°. Après 3 km effectués sur une route importante, je prends la route des sapins. J’avais repéré les chevrons sur la carte Michelin et je ne suis donc pas surpris par la sévérité de la pente. Sur 1,2 km, en fixant des points sur la route espacés d’une vingtaine de mètres, je grignote mètre après mètre des pourcentages compris entre 12 et 15 %.
Puis la pente se radoucit et je continue à grimper jusqu’à 800 m d’altitude et sors de la forêt.

Les paysage s’est ouvert. Je roule à nouveau sur un plateau vallonné. La température est très agréable et je ne fatigue pas comme hier en fin d’étape sur des reliefs équivalents.
Je retraverse la nationale quittée ce matin pour la route des sapins et j’aperçois rapidement Nozeroy, village médiéval, niché sur un colline. C’est mon premier objectif de la journée, Nozeroy étant un site BPF.

Une descente puis une remontée me conduisent à Nozeroy que je prends le temps de visiter.

la place principale de Nozeroy

Alors que je m’apprête à quitter le village, en passant devant les ruines du château, je rencontre deux cyclos que je connais bien, membres du Club des Cent Cols et du vélo-club d’Annecy. Nous discutons un petit moment. Ils font des boucles à la journée pour pointer des BPF, collectionner des cols et visiter des sites.

Je poursuis ma route sur un parcours toujours vallonné, à des altitudes comprises entre 800 et 860 m. Le soleil brille mais un petit vent rafraichit l’atmosphère et c’est très agréable de rouler à travers des paysages variés alternant villages, prairies et bois.

Une première descente jusqu’à Arc-sous-Montenot qui me fait perdre presque 200 m d’altitude et je me retrouve à devoir affronter un violent vent de face sur quelques kilomètres  avant d’attaquer la dernière descente sur la nationale et arriver à Salins-les-Bains.

Je ne suis pas à l’aise dans la traversée de Salins-les-Bains. La nationale où circulent beaucoup de véhicules et de gros camions est étroite par endroits.
Je me rends au camping. Des cyclos qui y avaient logé l’an dernier m’en avaient dit le plus grand bien mais malheureusement il est fermé. Je tombe sur le gérant qui m’explique qu’il est en liquidation. Le prochain camping sur mon itinéraire étant situé à 35 kilomètres, je me rabats sur un hôtel.
Salins-les-Bains étant une ville de cure, le prix des hébergements y est particulièrement élevé même si actuellement l’établissement thermal est fermé pour cause de Covid.

Contrarié par la chaleur, le bruit et les problèmes d’hébergements, j’ai eu envie de me relaxer en cette fin d’après-midi. Je n’ai pas eu le courage d’aller visiter la grande saline . J’ai bien l’intention de le faire lors d’un prochain passage dans la région.

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Jour 6

Ce matin, lever à 5 heures pour rejoindre ensuite Bonlieu où je peux laisser la voiture quelques jours au camping où nous avions dormi dimanche dernier. Il fait déjà 25° à 8 h 30. Les vingt premiers kilomètres sont globalement descendants et c’est donc un départ bien facile qui m’est proposé.

Au vingtième kilomètre commence l’ascension du col de la Percée de Châtillon. La journée de repos m’a permis de bien récupérer, les jambes tournent bien et les quatre kilomètres de montée sont avalés facilement. Une descente très courte et je roule maintenant sur un plateau  à environ 500 m d’altitude.

A 1,5 km du village de Crançot, le belvédère de « Sur Roche » surplombe la reculée de Baume-les-Messieurs. Je m’y arrête.

Puis, je descends au fond du cirque  et rejoins l’abbaye de Baume-les-Messieurs, site BPF.

Il y a beaucoup de voitures sur le site mais aussi beaucoup de piétons qui vont visiter les grottes. J’y passe un bon moment et pique-nique sur place après avoir acheté un morceau de Morbier et de Comté dans un petit magasin de spécialités locales.

Il faut ensuite remonter sur le plateau. Une montée sèche, en pleine chaleur, me permet de regagner 180 m d’altitude sur deux kilomètres. Malgré la pente sévère, j’ai encore de bonnes sensations jusqu’au sommet de la côte.
Jusqu’à l’arrivée, je roule sur un plateau entre cinq et six cent mètres d’altitude. De longues lignes droites, un petit vent de face, une alternance de courtes descentes et montées et des travaux qui m’obligent à me détourner, rendent cette fin d’étape usante. Le détour a rallongé le parcours et m’a imposé dix kilomètres de nationale pas du tout agréables.
Les brumes de chaleur, des paysages  beaucoup moins typiques et lumineux que ceux rencontrés lors des étapes précédentes ne m’ont pas permis de réaliser de beaux clichés.

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Jour 5

La chaleur étant annoncée, nous partons plus tôt. Nous avons bien fait car nous entreprenons une longue ascension de 14 km sur de longues lignes droites, bordées, en bas de montée, de rochers réfléchissant la chaleur. Nous sommes à l’ombre et quand le soleil dardera ses rayons nous serons déjà à 800 m d’altitude. La température sera supportable jusqu’à l’arrivée.
Cette étape sera la plus conséquente en dénivelée cumulée depuis le départ du voyage.

Le premier objectif est de rejoindre les Bouchoux, site BPF. Nous apercevons rapidement le village au loin et l’avons souvent en ligne de mire. Il se rapproche mais très très lentement !

Après plus d’une heure trente d’effort, nous quittons enfin la route monotone du col de la Croix de la Serra pour bifurquer à gauche et prendre une petite départementale beaucoup plus agréable. Nous sommes à l’altitude du village des Bouchoux mais il va falloir perdre une centaine de mètres qu’il faudra remonter avant de pouvoir nous abreuver (coca limé) au village et récupérer un peu.
Il nous faut repartir, ensuite, pour 200 m de plus d’ascension sur 4,5 km avant de rejoindre le plateau de la Pesse.

 

La température est agréable, le paysage s’est ouvert. Nous montons sans trop souffrir mais loin de l’allure des fondeurs de l’équipe de France qui sont passés, à toute vitesse sur des skis à roulettes,  pendant que nous récupérions au bistrot du village.

Nous arrivons aux Embossieux point culminant du jour et nous effectuons trois kilomètres sur un plateau, qui me rappelle de très bons souvenirs de ski de fond, avant d’arriver à La Pesse.

Nous prenons alors une toute petite route forestière. Une courte descente puis à nouveau une ultime  ascension assez longue nous rapproche du terme.

Nous débouchons de la forêt au-dessus du village de Giron que nous allons traverser.

Une dernière et très courte montée et c’est la plongée vers Champfromier où nous arrivons, comme hier, dans la chaleur.

Nous nous restaurons et rentrons à la maison en faisant un petit détour pour acheter un nouveau porte-bagages destiné à remplacer le mien qui a été fendu dans la collision avec le camion de chantier.
Jacques est reparti ce matin (mercredi) pour se rapprocher de son frère. Pour ma part, ce sera une journée de repos avant de reprendre, demain, le cours du voyage.

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Jour 4

Ce matin au réveil Jacques m’annonce une mauvaise nouvelle. L’état de santé de son  frère qui est en fin de vie s’est détérioré. Jacques doit donc rentrer au plus vite. Je vais l’accompagner et le ramener récupérer sa voiture qui est stationnée chez moi. Nous ne sommes qu’à 4 km de la boucle du retour aussi nous la rejoignons et prévoyons d’arriver au camping de Champfromier pour reprendre ma voiture stationnée là-bas, demain en début d’après-midi. Je reprendrai ensuite le cours du voyage à partir de Bonlieu jeudi matin où en fin de semaine en fonction de la météo.
La carte du parcours permet de bien voir l’état du projet : https://www.modachulvelo.com/vi2020b-le-parcours-jura/

L’étape du jour

Il fait déjà chaud quand nous partons. Nous montons pendant 4 kilomètres sur une route où il y a un peu de circulation jusqu’à la Chaux-du-Dombief. C’est là que nous rejoignons l’itinéraire retour que nous aurions dû emprunter en fin de semaine. Nous y achetons du pain et un excellent saucisson pour notre pique-nique de midi.

Nous prenons alors une petite route forestière très ombragée qui grimpe pendant quelques kilomètres jusqu’à un peu plus de 1030 m d’altitude.

Toujours aucune circulation sur cette route et nous descendons jusqu’au village de St-Pierre où nous retrouvons les paysages verdoyants  du Jura. Comme hier, en sortie de forêt le contraste lumineux est saisissant.

Ensuite, nous évoluons sous le soleil sur des routes vallonnées très agréables qui traversent de petits villages.

Avant de rejoindre le lac de l’Abbaye nous achetons, dans une fruitière, une bonne tranche de Comté d’été, douze mois d’âge afin d’avoir un bon souvenir gustatif du Jura. Nous prévoyons de faire un petit détour pour faire le tour du lac. Nous ne pourrons pas le faire entièrement car la route est coupée par des travaux. Nous pique-niquons au bord du lac et apprécions particulièrement nos achats du matin.

Pendant que nous pique-niquions un camion de chantier a reculé sur mon vélo. Ce soir je viens de me rendre compte que le porte-bagages arrière est cassé. J’espère qu’il tiendra jusqu’à demain.

Nous reprenons la route pour nous rendre à Château-des-Prés, site BPF. Avant le village, nous avons une belle vue sur le Colombier au loin.

Ensuite une longue descente nous conduit jusqu’à Saint-Claude, terme de notre étape où nous arrivons dans la fournaise.
Demain, nous aurons un courte étape, mais avec beaucoup de relief.

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Jour 3

Au réveil, la température est de 9° tandis qu’au moment du départ il fait 14°. La température va s’élever régulièrement mais nous évoluerons un bon moment dans des altitudes comprises entre 800 et 1000 m. La chaleur ne se fera sentir qu’après 13 heures.

Nous quittons Moirans-en-Montagne et de suite nous entreprenons l’ascension du col des Crozatiers. Une montée de 8 km sur des pourcentages compris entre 3 et 5 % qui se fait essentiellement en forêt. Un petit étang et quelques clairières ou combes verdoyantes très lumineuses rompent la monotonie.

Une courte descente jusqu’au village des Crozets et tout de suite nous entamons l’ascension du col de Nanchez. Comme pour les Crozatiers les pentes sont douces et nous grimpons tranquillement sans fatigue. Le paysage est plus ouvert et très verdoyant.

Nous descendons le col et arrivons au hameau des Piards (Nanchez).

Continuons vers Prénovel où nous pouvons admirer le beau clocher à bulbe de l’église et où commence l’ascension  du col de la Joux.

La montée se fait exclusivement en forêt. Les pentes sont un peu plus raides que celles des cols précédents. Jacques arrive frais au sommet tandis que je commence à ressentir une belle fatigue.

Une longue descente sur une petite route calme nous conduit à trois kilomètres de Bonlieu où nous avons prévu de faire étape pour aller visiter les cascades du Hérisson. Nous avons préféré éviter le col de Crillat situé sur une route plus circulante.


Nous allons nous installer sous la chaleur  au camping et poser nos bagages.
Après nous être restaurés, nous repartons avec nos vélos allégés, visiter les cascades. Un petit peu de route et nous descendons une piste qui nous amène au pied de la première cascade.
Et là, c’est une grosse déception, la cascade ne débite qu’un petit filet d’eau et n’est pas spectaculaire. Nous poursuivons sur la piste, slalomant entre les pierres et les nombreux touristes pour rejoindre la deuxième cascade. Et là aussi, c’est la même chose : peu d’eau.

Nous évitons la troisième cascade accessible par un sentier glissant et remontons au village. Nous apprécions d’avoir laissé nos sacoches au camping car la remontée est rude.
Après avoir bu un coup au village, nous retournons au camping. Je m’arrête là tandis que Jacques poursuit jusqu’au lac de Bonlieu où il se baigne et réalise les très beaux clichés qui sont présentés ci-dessous.

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Jour 2

Au fil de l’Ain

Ce matin le départ se fait à la fraîche, 16°, mais sous le soleil. C’est d’abord, en hors d’œuvre, sans échauffement, la remontée courte mais raide depuis le camping jusqu’au col de Matafelon. Puis une bonne descente nous amène au bord de la rivière, l’Ain, que nous suivrons pratiquement toute l’étape.

Nous choisissons alors de circuler sur la rive droite de l’Ain, sur une petite route “blanche” qui rejoint le barrage du Coiselet où nous avions prévu d’arriver par la rive gauche.

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La petite route alterne faux-plats et courtes montées. Aucune circulation jusqu’au barrage et nous apprécions le soleil qui nous réchauffe. La rivière s’élargit, les jambes tournent bien et nous avançons tranquillement sans difficulté.

A partir de Condes, nous nous éloignons de la rivière que nous retrouverons quelques kilomètres plus loin près de Vouglans.

A partir du pont, nous allons affronter les difficultés de l’étape. Une première montée assez douce nous conduira jusqu’au village de Vouglans.

Nous faisons le détour pour aller au belvédère au-dessus du barrage. La route s’est redressée et nos efforts sont récompensés par la belle vue sur la retenue du lac.

Nous faisons demi-tour pour redescendre jusqu’au village. Ce sont six kilomètres pas faciles qui nous attendent. Les pourcentages dans la traversée du village de Lect avoisinent les 10 % et il faut poursuivre nos efforts, sans passage de récupération, jusqu’au col du Cerisier. Puis une courte descente nous amène à Moirans-en-Montagne où nous faisons étape.
Si hier, nous sommes passé à Oyonnax, connue pour son équipe de rugby et dont l’économie repose sur son industrie dans le domaine de la plasturgie, aujourd’hui, c’est un matériau beaucoup plus noble qui nous est présenté. Moirans-en-Montagne est la capitale du jouet en bois.

 

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Jour 1

Nous avons campé à Champfromier, au-dessus de Bellegarde-sur-Valserine et ce matin, peu avant 8 heures, nous sommes prêts à décoller pour notre première étape. Le ciel est bien chargé et la température est de 16° . La météo ne s’améliorera pas de la journée et les températures oscilleront entre 14 et 16°. Ce soir au camping, nous aurons même droit à une très courte averse.

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L’étape commence par quelques kilomètres de descente pour rejoindre la nationale dans la vallée de la Semine. Nous effectuons trois kilomètres peu agréables sur cette route à grande circulation avant de bifurquer sur une route moins circulante. Nous attaquons alors une longue montée en forêt, sur des pentes raisonnables.

 Jacques voit sur la carte une toute petite route blanche qui passe près du Lac Genin et qui permet de rejoindre Oyonnax  où nous avions prévu de passer. Nous optons pour cette solution et ne le regrettons pas même si cela a ajouté un beau petit raidillon. Le détour en valait la peine ! Le site du lac est très joli et nous ne rencontrons aucun véhicule sur la petite route jusqu’à Oyonnax.

La sortie d’Oyonnax n’est pas agréable à cause de la circulation automobile. Fort heureusement, après une belle bosse le profil sera descendant et nous ne resterons pas trop longtemps sur cette route.
Un ultime effort pour monter au col de Matafelon et nous rejoignons le camping en tout début d’après-midi. L’étape a certes été assez courte, mais comporte une dénivelée positive bien assez importante pour rouler avec des vélos chargés.

Ce soir, pour recharger nos batteries, nous irons manger quelques spécialités locales (quenelles de brochet) à l’auberge du col.

Demain l’étape sera encore plus courte car les campings sont rares sur notre itinéraire. Il faudra déjà accumuler plus de 700 m de dénivelée pour atteindre le premier camping tandis que pour le suivant c’est 1600 m. Beaucoup trop !

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Jour 39

Encore un départ très matinal afin d’une part échapper le plus possible aux grosses chaleurs annoncées et d’autre part m’avancer sur la route du retour à la maison. J’ai prévu de faire une halte, cette nuit, car ce ne serait pas prudent de conduire pendant six heures après une longue étape à vélo.

Je suis parti en bord de Loire, je la retrouve quarante jours plus tard…

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Avant de parler de l’étape, revenons à hier soir. Luc est passé me chercher au camping et m’a emmené à Saint-Aignan pour une visite du château, de la ville et de la collégiale. Il faisait encore très chaud à dix-neuf heures mais c’était plus supportable qu’en début d’après-midi.
Après cette visite, nous sommes allés au restaurant. Le repas était bon et le cot de Touraine a été une découverte. (le cot est l’appellation locale du cépage malbec bien connu dans la région de Cahors.)

Pas de cerbère irascible pour empêcher l’accès au château. Le château est privé mais les propriétaires laissent l’accès libre à l’esplanade.

château de Saint-Aignan
château de Saint-Aignan

La collégiale étant ouverte jusqu’à vingt-deux heures, nous allons y prendre le frais.

Maintenant place au déroulement de l’étape du jour. Comme le jour précédent, il fait 22° au départ mais la température va s’élever progressivement et beaucoup plus vite qu’hier. Il n’y a pas beaucoup de bosses et la moyenne roulée est beaucoup plus élevée que celles de toutes mes étapes précédentes. Je ne m’arrête pas pour prendre de photos car il n’y a rien d’original dans le paysage mais, c’est aussi pour essayer d’avancer avant la chaleur.

J’arrive à Romorantin-Lanthenay, site BPF, vers 8H30 et j’ai déjà effectué presque la moitié de l’étape. Comme souvent, je vais dans une boulangerie acheter mon pique-nique de midi et faire tamponner ma carte BPF. Alors que je m’apprète à payer, la boulangère refuse, sans raison, de tamponner ma carte. Je lui dis que c’est la première fois que j’essuie un tel refus en lui montrant d’autres tampons de boulangeries. Pour finir, je lui laisse la marchandise qu’elle avait déjà emballée et repars. J’ai trouvé une autre boulangerie dans la ville où j’ai pu acheter mon casse-croute et obtenir gracieusement le tampon.
Je ne m’attarde pas à Romorantin car son intérêt c’est sa situation géographique au cœur de la Sologne. Je file à toute allure sur de grandes lignes droites monotones bordées d’arbres. Je profite ainsi de l’ombre et d’une ventilation liée au déplacement. La température n’excèdera pas 32°. Je fais deux haltes perrier-menthe dans des cafés et en profite pour chaque fois faire le plein d’eau fraiche dans les bidons. C’est à l’arrêt que je me rends vraiment compte de la chaleur.

Je contourne les murs d’enceinte du domaine du château de Chambord et c’est là, à neuf kilomètres de l’arrivée, que j’ai ma plus grosse frayeur du voyage. Un semi-remorque me dépasse, sans respecter l’espace légal de sécurité et je suis bien secoué par le souffle.
J’arrive à Mer pour récupérer ma voiture laissée chez Joëlle et Jean-Pierre. Joëlle a la délicatesse de me proposer des boissons fraîches et de prendre une douche avant que je  reprenne la route de la maison.

Avec la climatisation dans la voiture, le voyage retour est confortable. Le thermomètre affiche 40° dehors. Les départs matinaux des derniers jours occasionnent des endormissements qui m’incitent à multiplier les pauses et c’est à Riom en Auvergne que je décide de m’arrêter.
Voilà encore un beau projet de réalisé et toujours aussi riche en rencontres, en culture. Cette année ce ne sont pas les paysages (hormis le littoral de la Manche et la Baie de Somme) qui m’auront marqué mais c’est plutôt l’Histoire de France qui a été le fil rouge de ce voyage. Comme l’an passé les grandes rivières ou fleuves (Loire, Eure, Aisne, Somme, Seine, Orne, Mayenne, Cher, Indre) m’ont permis d’affiner mes connaissances géographiques.

A l’année prochaine, pour un voyage dans l’ouest et le centre-ouest…

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Jour 38

Je me réveille à 5h afin de pouvoir partir le plus tôt possible à cause de la canicule. À 6h30, la tente est pliée, le vélo chargé et je peux partir. Il fait déjà 22° ce qui est une température très agréable pour pédaler. Une petite bosse pour quitter la vallée du Cher dès le départ puis je rejoins un plateau sur des routes ombragées aux paysages variés : cultures céréalières toujours, prés de fauche, bois, étangs et rivières.

étang de Brosse

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Cette première partie d’étape qui va me conduire jusqu’à Loches, site BPF d’Indre-et-loire, est très agréable. Peu après Chédigny, je rejoins la vallée de l’Indre.

le village jardin de Chédigny

J’arrive à Loches juste avant 8h30. C’est jour de marché mais il n’y a pas encore grand monde et je peux circuler vélo à la main aisément.

Je monte voir la cité royale. Quand j’y arrive, un gros portail en bois plein en empêche l’accès et bouche toute vue sur le monument. Une employée arrive à ce moment-là, ouvre la porte d’accès. Je lui demande poliment si je peux faire une photo, elle me rabroue vertement et me claque la porte au nez qu’elle prend soin de verrouiller. Il est 8h45 et l’ouverture au public commence à 9h. Dans la même situation à Maintenon au début de mon voyage, l’employé m’avait laissé prendre plusieurs photos.
En attendant l’ouverture, je vais visiter la collégiale. Il y a de gros travaux de restauration en cours à l’extérieur et à l’intérieur de la collégiale et je ne peux pas voir grand chose hormis le tombeau d’Agnès Sorel, favorite de Charles VII. Je ne crois pas avoir suivi le même chemin qu’elle pour rallier Mesnil-sous-Jumièges (où elle est morte) à Loches.

En attendant 9h, je continue ma visite de la ville haute

Enfin la porte de la cité royale s’ouvre. Au xve siècle, Agnès Sorel, y loge souvent. C’est aussi dans ces lieux que Jeanne d’Arc, après sa victoire à Orléans, avait demandé une entrevue à Charles VII pour le convaincre d’aller se faire sacrer roi de France à Reims.

logis royaux du château de Loches

Je redescends dans la ville basse et fais quelques photos avant de repartir. J’ai passé une bonne heure à visiter Loches et je le paierai forcément en roulant sous la chaleur. Je ne regrette pas car j’ai beaucoup aimé.

La suite de l’étape est difficile. Un vent thermique s’est levé et contrarie mon avancée. Le thermomètre dépasse le 30° et ira jusqu’à 38° en fin de parcours. C’est d’abord une départementale large, sans ombre sur six kilomètres qui monte pour sortir de la vallée de l’Indre. Ensuite une petite partie en forêt est la bienvenue avant d’arriver à Montrésor où il fait très chaud. Je n’ai pas suffisamment de recul pour pouvoir photographier le château.
Après avoir pris une boisson fraiche non alcoolisée dans un café de Montrésor, je poursuis ma route face au vent et j’ai de plus en plus de difficultés à avaler les côtes. Je fais un arrêt d’un quart d’heure dans le seul petit bout de forêt avant de me lancer dans neuf derniers kilomètres qui me conduiront à Saint-Aignan, site BPF du Loir-et-Cher et terme de mon étape.

Avec une température à 38°, les rues sont désertes. J’aperçois le donjon mais je n’ai pas l’énergie pour y monter. Je passe à côté de la collégiale Saint-Aignan mais là aussi il est difficile de faire une photo correcte (manque de recul et travaux de restauration)

collégiale Saint-Aignan à double clocher

Je fais ensuite l’effort de traverser le Cher pour avoir la meilleure vue sur le château, puis je reviens en arrière et file au camping situé à deux kilomètres. On m’avait prédit une étape facile et voilà que je me retrouve encore avec une dénivelée positive significative.

collégiale à gauche et château à droite

Je termine là mon résumé. Je vais maintenant profiter de la piscine du camping avant d’aller manger au restaurant avec Luc Rioland qui va venir passer avec moi ma dernière soirée du voyage. Nous monterons peut-être au château et dans ce cas je publierai les photos demain.

Demain une étape de 80 km mettra un terme à ce voyage 2019. Sera-t-elle plus plate ? Je l’espère car il y aura une partie en Sologne.

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Jour 37

Première journée de canicule mais qui s’est bien passée. Les deux premières heures la température n’a jamais excédé les 25°, les côtes ne présentaient pas de pourcentages élevés ce qui m’a permis de rouler sans fatigue. C’est pendant la visite de Château-Renault que la chaleur a commencé à se faire sentir. Ensuite, ce n”est que dans les bosses, la vitesse de déplacement étant insuffisante pour se ventiler, que l’étape est devenue plus difficile.

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Il fait 22°C quand je démarre; une température idéale. À Couture-sur-Loir, je fais un léger détour non prévu pour aller voir la maison de Ronsard. Mais à cette heure matinale , tout est clos et je ne peux pas la voir de près.

la Possonnière
la Possonnière, maison de Ronsard

Je file à travers la Gâtines Tourangelle, petite sœur de la Beauce, vers Château-Renault, site BPF. Je retrouve des champs de céréales : blé principalement et orge.

vert en mai, jaune en juin

Alors que je n’avais pris que des petites routes non fréquentées, j’arrive à Chateau-Renault par une route à grande circulation doublée d’une pseudo piste cyclable : des branches jonchent le sol et l’une d’entre elles se coince dans mon garde-boue avant (c’est classique) et j’évite la chute de justesse. Ensuite, cette piste aboutit sur une portion de trottoir cyclable très étroit et au revêtement très dégradé.
Des sens uniques, une route barrée par les travaux, pour aller au château ce n’est pas aisé. Il est situé au sommet de cette ville, située dans une vallée très étroite.

vue sur la ville depuis l’esplanade du château

L’accès au château se fait en passant sous la Tour de l’Horloge

et donne accès à une promenade sous le donjon

Le château lui-même est le siège de l’hôtel de ville

Château, hôtel de ville

Cette visite ne m’a pas spécialement ému. J’ai trouvé la Tour de l’horloge et le château, trop “neufs”.
Je repars mais il faut redescendre et remonter sur l’autre versant. C’est une rampe à plus de 15% sur deux-cent mètres qu’il faut escalader avant de se retrouver sur un plateau vallonné.
Au lieu de prendre la départementale qui conduit directement à Neuillé-le-Lierre, je prends une toute petite route balisée itinéraire à vélo. Tout va bien sur ce plateau. Je descends par une courte et raide descente à Villedomer situé en fond de vallée mais il faut remonter à nouveau sur l’autre versant par une rampe à 10%. C’est vraiment à ce moment que je commence à ressentir la forte chaleur. Si j’avais pris la départementale, je me serais épargné ce “coup de cul” car visiblement elle était tracée sur le plateau. J’aurais dû mieux regarder la carte.

Juste avant Neuillé-le-Lierre, je retrouve Luc Rioland, encore un membre du Club des Cent Cols, qui habite près de Blois. Il m’avait offert l’hospitalité lors de mon voyage 2018 et cette année encore il vient à ma rencontre.

Nous nous dirigeons vers Amboise où nous nous restaurons (le thermomètre de la pharmacie affiche une température extérieure de 37°, tout va bien), prenons quelques photos avant de repartir pour Chenonceaux.

la Loire et le château d’Amboise

Nous passons derrière le clos Lucé où sont exposées les inventions de Léonard de Vinci mais ne nous arrêtons pas car je l’ai déjà visité au cours d’un voyage estival.
Nous quittons la vallée de la Loire par une bonne côte pour rejoindre un plateau avant de plonger dans la vallée du Cher. La route n’est pas très agréable car elle est très fréquentée par les touristes automobilistes qui font des circuits de château en château.
Nous arrivons à Chenonceaux et nous arrêtons à l’office de tourisme pour faire tamponner ma carte de BPF. L’accueil est chaleureux et les hôtesses nous proposent de l’eau fraîche pour remplir nos bidons.
Nous repartons et rejoignons un camping situé au bord du Cher où je réserve un emplacement avant de repartir voir le château.

Mais auparavant, nous allons voir le barrage à aiguilles sur le Cher à côté du camping.

barrage à aiguilles de Chisseaux

Nous traversons le Cher et empruntons une jolie piste non revêtue pour atteindre le château, loin de la foule qui fait la queue pour y accéder. J’avais emprunté cette piste en 1994 à l’occasion de la semaine fédérale de cyclotourisme de Mer et j’avais été incapable de la retrouver quelques années plus tard à l’occasion de mon voyage estival dans la région. Luc était l’un des organisateurs de cette belle semaine fédérale et il n’a donc aucune difficulté pour me guider vers cette piste que je voulais emprunter.

Je ne suis pas déçu car les vues sur le château sont superbes.

Nous retournons au camping où nous pouvons continuer à discuter autour de bonnes mousses bien fraîches alors que le mercure atteint des sommets. Luc doit reprendre la route sous la canicule pour aller récupérer sa voiture qu’il a laissée à Amboise.
Encore une belle rencontre qui aura une suite puisque nous dinerons ensemble demain soir.

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Jour 36

Le ciel est couvert ce matin, la température est douce. C’est la première fois que je peux prendre le départ en manches courtes. Comme hier, le vent se lève vers onze heures. Il va très vite dissiper les nuages et cerise sur le gâteau me pousser tout le reste de l’étape. Avec le déplacement d’air, je n’ai pas souffert de la chaleur tant que j’ai roulé. C’est seulement à l’arrivée qu’elle est devenue étouffante. Une étape qui m’a conduit de la Sarthe au Loir-et-Cher pour revenir dans la Sarthe.

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Premier objectif, le site BPF de Montmirail situé à vingt-cinq kilomètres. les routes sont encore vallonnées mais les pourcentages ne sont pas élevés jusqu’au pied de Montmirail. J’arrive donc très frais et la côte qui monte au village, un peu plus pentue  que les précédentes, est avalée facilement.

Le château, château-fort puis château d’habitation, témoigne de différentes époques au gré des aménagements successifs.

Ensuite, je rallie très vite Mondoubleau, deuxième site BPF, situé seize kilomètres plus loin. J’essuie une averse pendant cinq minutes mais je sèche très vite sur le vélo. A Mondoubleau, je cherche en vain la commanderie. Elle est située à plusieurs kilomètres du village et ce n’est pas ma route. Je repars sans avoir vu quelque-chose d’intéressant.

Je me dirige alors vers Troo, troisième site à visiter. J’arrive sur la partie du village située sur la colline tandis que l’autre partie est en bas au bord du Loir.

Photos du vieux village

Je descends au village pour faire tamponner ma carte des BPF mais il n’y a pas un seul commerce ouvert et la mairie est fermée. La photo du panneau avec mon vélo fera l’affaire.

Vues aériennes depuis la sortie de Troo

Je fais un petit détour pour aller voir l’église romane de Saint-Jacques-des-Guérets. Malheureusement elle est fermée et je ne peux pas voir les peintures murales et le plafond lambrissé.

église Saint-Jacques-des-Guérets

Je fais demi-tour pour prendre la direction de Poncé-sur-le-Loir. C’est en revenant en arrière que je vois que pour accéder aux maisons troglodytes, il faut remonter au vieux village. Il fait chaud, la côte est raide, je renonce à y retourner.

Je prends la vallée du Loir, le vent a forci et a légèrement tourné. Il me pousse bien sur ces dix derniers kilomètres. J’arrive à Poncé-sur-le-Loir, dernier site BPF de la journée. Je pensais voir le château mais je ne peux que l’apercevoir à travers les grilles. Les visites ne sont possibles, à cette époque de l’année, que les samedis et dimanches. J’aperçois un panneau indiquant un lavoir du XIXe siècle, je décide d’aller le voir.

Initialement, je devais m’arrêter au camping de Bessé mais il est fermé à cause du décès du propriétaire. Les campings situés avant étaient trop près de mon point de départ. Je téléphone au camping de Ruillé mais le numéro n’est plus attribué. Je viens de prendre un coup de chaud et je n’ai pas envie de faire trente kilomètres de plus. Je trouve une chambre d’hôtes à Poncé. et peux enfin profiter de la fraicheur à l’intérieur d’une maison ancienne.

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Jour 35

Hier soir, j’ai passé une très bonne soirée avec Thérèse et Michel qui m’ont invité à dîner dans leur camping car. Une belle rencontre de plus dans ce voyage !
J’ai prévu une courte étape afin de pouvoir récupérer un peu et arriver tôt au camping. Je n’ai pas envie d’avoir à pédaler sous la chaleur qui est annoncée. Dans la forêt, au moment du départ il fait 14°. Michel m’accompagne. Nous allons profiter de l’ombre et de la fraicheur sur une petite dizaine de kilomètres.

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A Pezé-le-Robert, Michel bifurque pour remonter au camping tandis que je poursuis ma route. De suite, je mets les manches courtes. La température va s’élever progressivement. Pas de grosses difficultés sur la route et j’avance ainsi rapidement.

église de Vernie

J’arrive vers dix-heures trente à Ballon, site BPF. J’ai déjà effectué plus de la moitié de l’étape. Heureusement que je prends des photos du donjon au pied de la côte qui monte au village car l’accès par le village est impossible aujourd’hui. Un portail en bois plein barre l’accès et on n’aperçoit ni les jardins ni le donjon.

Ballon (Sarthe) le donjon
le donjon de Ballon

A l’église du village, il y aurait trois fresques remarquables à voir mais l’église est elle aussi fermée.
Je poursuis donc mon chemin, de villages en villages, au milieu de bois, de champs de maïs et de prés fauchés.

église de Torcé-en-Vallée

Vers onze heures le vent se lève et  se renforce suffisamment pour ralentir ma progression. Je l’ai souvent de côté mais avec les sacoches, il y a une prise au vent gênante. Sans être fatigué, je sens qu’aujourd’hui je manque de jus.
J’arrive à Tuffé, terme de l’étape vers midi. (l’enregistrement GPS indique 14 heures car je suis allé me restaurer au village avant de retourner au camping)

ferme de l’abbaye de Tuffé

Cet après-midi, a été consacré à la détente et à la récupération : après une petite sieste je suis allé me rafraîchir un bon moment dans la piscine du camping.
Demain, j’essayerai de partir tôt car des températures caniculaires sont annoncées

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Jour 34

La journée étant annoncée chaude mais pas caniculaire, je choisis de partir tôt. Il ne fait que 15°, le ciel est bleu. Au moment de partir, je reçois un coup de téléphone de Michel Racois, membre du Club des Cent Cols du Mans, qui propose de venir à ma rencontre et de rejoindre le camping de Sillé-le-Guillaume où il va aller poser son camping-car. Nous pourrons ainsi passer la soirée ensemble et avec Thérèse, son épouse. J’accepte cette proposition avec plaisir. L’an dernier, Michel et Thérèse étaient déjà venus passer une journée et la soirée avec moi, lors de mon passage dans la Sarthe. C’est un très  bon souvenir de mon voyage 2018.

la Mayenne à la sortie de Château-Gontier

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Je sors très vite de Château-Gontier encore endormie, pour me retrouver dans la campagne sur des routes similaires à celles d’hier.

Lumières du matin

Après quelques kilomètres, il fait suffisamment chaud pour rouler en manches courtes. Les côtes ne sont pas longues, il y a quelques portions de plat et les jambes tournent bien. C’est ainsi que j’arrive assez tôt à Sainte-Suzanne, site BPF de la Mayenne que j’avais déjà visité l’an dernier.

Cette fois, il fait beau alors que le temps était gris. Il y a un peu d’animation alors que l’année dernière, tout était fermé et désert à l’heure matinale où j’étais passé.

Je pique-nique à Sainte-Suzanne et je repars.

Ste-Suzanne (vue nord-est)

Sur ma route, je passe à proximité du dolmen des Erves, qui est le plus ancien monument de la Mayenne (~ -3500 av. J.-C.). Je me détourne pour aller le voir.

Il commence à faire très chaud et je commence à peiner dans les bosses mais j’approche du terme de l’étape. C’est à quatorze kilomètres de l’arrivée que je fais la jonction avec Michel. Juste au moment où je commence à apercevoir les Alpes Mancelles où nous nous dirigeons.

au fond, les Alpes Mancelles

C’est par une montée raide que nous attaquons les Alpes Mancelles et pénétrons dans la forêt de Sillé-le-Guillaume. Heureusement, nous sommes à l’ombre. Nous rejoignons au bout de quelques kilomètres sur une succession de côtes et de descentes, le camping situé au bord du Grand Étang de Sillé.

le Grand-Etang

Il est maintenant temps d’arrêter ce compte-rendu pour passer une bonne soirée avec mes amis.

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Jour 33

Comme hier matin, c’est toujours un ciel bleu avec quelques nuages qui est présent au départ. La température de 15°C. va s’élever progressivement en cours de journée tout en restant supportable. Le coup de pompe d’hier est bien loin. J’ai bien senti quelques contractures sur la première bosse mais ensuite les jambes ont bien tourné me permettant d’avaler près de cent kilomètres avec plus de huit-cent mètres de dénivelée cumulée.

cardiotonique sur le bord de la route

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Hier soir, Joël Thierry, membre du Club des Cent Cols qui habite à Rennes m’a contacté et a proposé de m’accompagner quelques kilomètres. Nous nous sommes donnés rendez-vous à neuf heures à Saint-Christophe-des-Bois situé à douze kilomètres de mon point de départ. Je pense mettre une bonne heure pour le rejoindre mais le peu de relief et de bonnes sensations me font arriver avec une demi-heure d’avance. C’est plutôt bon signe et cela me donne confiance pour la suite de la journée.
Joël arrive à l’heure prévue, il a déjà quarante kilomètres dans les jambes et nous repartons ensemble pour rejoindre Vitré à treize kilomètres de là.

Nous entrons dans Vitré par une rue qui permet de voir l’arrière du château.

Puis nous montons au centre ville, arpentons les vielles rues et arrivons devant le château.

Pendant que Joël surveille mon vélo, je pénètre dans la cour du château.

Joël doit maintenant rentrer chez lui pour une réunion de famille. Après de derniers échanges au bar de la place, nous nous séparons. Comme les amis Belges l’autre jour, Joël aura fait un certain nombre de kilomètres (120) simplement pour le plaisir de la rencontre. Je l’en remercie chaleureusement.

Je repars sur des routes qui ne seront que successions de montées et de descentes. Je n’ai pas eu beaucoup de plat. Des prairies, des bois, des champs de céréales (blé et maïs) m’accompagneront toute l’étape. J’ai vu aussi quelques plantations de pommiers à cidre ; les pommiers sont beaucoup plus bas que ceux de Normandie.

paysage de la Mayenne

Je fais un premier passage à Château-Gontier où j’ai réservé une chambre pour la nuit. J’ai quatre-vingt kilomètres au compteur mais je me sens en forme. Je décide donc d’aller jusqu’à Ménil, dernier site BPF de la Mayenne qu’il me reste à valider. J’y arrive sans problème.

Ménil est au bord de la Mayenne et il y a un bac à câble pour la traverser. Je me rends au bord de la rivière et y découvre un endroit bucolique très paisible. Le camping y est situé. Je regrette de ne pas avoir choisi d’y dormir. Hier, j’étais tellement fatigué que j’ai préféré assurer en logeant à Château-Gontier sachant que je pouvais ainsi raccourcir l’étape.

Ménil : le bac, la Mayenne et le château

C’est en rentrant  par la voie verte le long de la Mayenne que je subis ma première fringale du voyage. Il ne me reste que quatre kilomètres à faire. Heureusement, j’ai encore quelques friandises dans la sacoche qui me permettent de terminer.
J’arrive sans grosse fatigue. Les lasagnes englouties ce soir au dîner devraient me pousser demain au moins jusqu’à Sainte-Suzanne voire plus loin si j’ai toujours la forme.

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Jour 32

C’est sous un beau ciel bleu avec quelques nuages bourgeonnants que je prends le départ ce matin. Je descends au village, franchis la Varenne et voilà qu’il faut déjà remonter.  Le vent s’est déjà levé et s’il n’est pas très violent il est, une fois de plus, défavorable.

la Varenne à Ambrières-les-Vallées

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Après Ambrières-les-Vallées, la route est assez rectiligne et monotone. Elle monte et descend quelquefois. Les pentes sont douces mais c’est déjà difficile à cause du léger vent contraire. Après dix kilomètres, je tourne à gauche sur une petite départementale qui est fraichement gravillonnée. Je dois faire attention dans la descente qui me conduit à Brecé.

église de Brecé

Après un kilomètre roulant sur une route principale, je retrouve la même départementale. Elle grimpe pendant huit kilomètres et est toujours gravillonnée. Le roulage s’en ressent et cela ajoute encore de la difficulté. Le décor depuis le départ consiste en une alternance de cultures de céréales, quelques bois et des prés.

J’arrive à Ernée, peu avant midi. J’achète le casse-croute dans une boulangerie et cherche un endroit pour pique-niquer. Je m’installe sur un banc devant la mairie mais le vent souffle et j’ai froid. C’est à ce moment-là que je ressens une très grosse fatigue. Je décide alors de poursuivre ma route et essayer de trouver un coin au soleil pour manger. Une belle côte à la sortie d’Ernée me sert d’apéritif. Je m’arrête peu après en bordure de route pour me restaurer.
C’est encore un toboggan usant qui me conduit à Fougères où j’arrive vers 14 h. Je prends le temps de visiter un peu ce site BPF d’Ille-et-Villaine. La ville haute avec ses belles maisons en granit ne manque pas de charme.

Je voudrais aller dans le beau parc derrière la mairie pour avoir un panorama sur le château mais malheureusement pour y accéder il y a des escaliers. C’est impossible de les monter avec mon vélo chargé. Je gare le vélo, le cadenasse et vais rapidement dans le parc faire quelques photos. Je ne suis pas tranquille car je crains qu’on me vole des sacoches et je ne profite pas du paysage autant que je l’aurais souhaité.

Je quitte Fougères alors que le ciel s’assombrit et laisse craindre une averse. Finalement, il n’y aura pas de pluie aujourd’hui et ce soir le ciel est clair.

J’ai l’impression d’avoir grimpé toute la journée et j’ai senti la fatigue dès le vingtième kilomètre. J’ai pédalé sans entrain et sans bonnes sensations tout le reste de l’étape. Si ce soir, je suis très fatigué, je ne m’inquiète pas outre-mesure car des jours “sans” j’en ai déjà connu dans mes voyages précédents.  La journée suivante s’est souvent bien passée.

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Jour 31

Le temps est bien humide ce matin. Comme hier, c’est sous un ciel gris que nous prenons le départ. Paul va encore m’accompagner aujourd’hui. Afin de récupérer physiquement de la grosse étape d’hier, j’ai prévu de m’arrêter à Ambrières-les-Vallées situé à cinquante cinq kilomètres de Bion.

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La voie verte est humide. Nous la suivons pendant une vingtaine de kilomètres. Toujours sur l’ancienne voie ferrée, mes cuisses ressentent douloureusement le moindre changement de pente. Des prairies et des plantations de pommiers à cidre bordent la piste.

Sur la voie verte, nous passons dans le département de l’Orne. La piste se rétrécit tout comme les chicanes aux intersections de route. Nous quittons la piste et prenons de petites routes vallonnées qui passent de villages en villages. Les pentes ne sont jamais fortes et je commence à pouvoir les grimper sans souffrir.

A Sept-Forges, nous franchissons la Mayenne et entrons dans le département éponyme.

la Mayenne à sept-Forges

Pour rejoindre Lassay-les-Châteaux, il y a deux bosses un peu plus sévères à franchir que nous passons relativement facilement. Lassay-les-Châteaux est une petite cité de caractère et comme son nom l’indique il y a plusieurs châteaux : Le château du Bois Thibault , le château de Lassay et un château d’eau à la sortie du village.

Le château du Bois Thibault


Au moment où nous y arrivons, le vent se lève et l’orage menace. Nous prenons le temps de monter au deuxième château pour faire quelques photos et allons nous restaurer au centre du village.

Nous repartons et avons d’autres perspectives sur le château.

Le vent est violent et défavorable, la pluie menace. La côte pour sortir du village est difficile à digérer dans ces conditions. Nous poursuivons notre route et au moment où nous attaquons la dernière côte avant Ambrières-les-Vallées la pluie se met à tomber. Elle n’est pas suffisamment forte pour nous tremper. Le ciel étant complètement bouché, je décide de m’arrêter à l’hôtel, n’ayant pas envie de planter la tente sous la pluie.

C’est le moment de la séparation avec Paul qui a encore une quarantaine de kilomètres à faire pour rentrer chez lui. Nous buvons un dernier verre ensemble et Paul repart. Il me dira qu’il a pris une belle averse sur la tête peu après.

Un grand merci à Paul qui m’ a chaperonné toute la journée. Il m’a très bien guidé en me faisant connaitre un peu mieux sa Normandie.

Aujourd’hui j’ai quitté la Normandie mais… “j’irai revoir ma Normandie” l’an prochain à l’occasion de la semaine fédérale de cyclotourisme. Demain, je rentre en Bretagne et vais dormir près de Fougères. Ce sera une courte étape car de la pluie est encore annoncée. Finalement, je n’en aurais pas eu beaucoup en Normandie. Il paraitrait qu’en Bretagne, il fait beau plusieurs fois par jour.

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Jour 30

Le ciel est bien couvert ce matin. Je vais rouler une trentaine de kilomètres en Suisse Normande mais malheureusement l’éclairage ne permettra pas de réaliser de beaux clichés. Ce passage en Suisse Normande était celui que j’appréhendais le plus lors de la préparation du voyage. Les pourcentages de certaines pentes correspondent bien à ce que j’avais pressenti. Je vais franchir les deux cols de Normandie mais ce ne sont pas eux qui seront les plus difficiles à gravir.

Château de Thury-Harcourt
vestiges du château de Thury-Harcourt

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Ce sont d’abord quatre kilomètres de faux plat montant le long d’un ruisseau qui vont m’amener au pied du col Saint-Martin qui culmine à cent soixante mètres d’altitude. Il reste un kilomètre et demi, sur des pentes à six ou sept pour cent pour atteindre le col. Je ne fatigue pas.

Quelques kilomètres dans un joli vallon me conduisent jusqu’à l’Orne que je franchis. Ce sont quatre kilomètres sur une route à grande circulation peu agréable qui m’attendent. Heureusement le profil est descendant et je n’y reste pas longtemps.
C’est à partir du moment où je quitte cette route que les réelles difficultés  de la journée se précisent. Un courte mais rude montée me conduit au village de Clécy puis un petite descente et un peu de plat au bord de l’Orne avant d’affronter une montée de quatre kilomètres sur des pourcentages entre huit et douze pour cent.

l’Orne en dessous de Clécy

Je traverse une grande route pour en prendre une toute petite, avec de l’herbe au milieu, non cartographiée sur la Michelin, qui descend très fort et m’emmène au pied du col de Berjou. La montée du col sur des pentes à six et sept pour cent se passe bien. J’arrive au sommet où m’attend Paul Grante venu à ma rencontre. Il a trente-sept kilomètres au compteur tandis que j’en ai trente et que j’ai déjà près de huit-cent mètres de dénivelée cumulée.
Ce col ne présente pas de caractère topographique de col et je n’y vois pas de ligne de partage des eaux mais un simple sommet de côte.

Nous repartons ensemble et peu après Condé-sur-Noireau, juste après avoir quitté le département du Calvados pour rentrer dans celui de l’Orne, Brigitte et Marc Jeanne arrivent à notre rencontre. Comme au col de Berjou avec Paul, nous consacrons quelques minutes de conversation dédiées à la joie de nous retrouver et repartons pour Tinchebray.

ensemble devant la pisseuse de Tinchebray

Paul nous invite au restaurant où il avait réservé une table ce matin lors de son premier passage. Ce repas roboratif nous permet de passer un très bon moment de retrouvailles où nous pouvons bavarder, ensemble, tous les quatre ; ce qui n’était pas possible sur la route.

Il est temps de repartir, il reste une quarantaine de kilomètres à faire pour rejoindre Mortain et les difficultés ne sont pas terminées. Depuis que nous roulons ensemble tous les quatre le profil est globalement ascendant et il le restera encore pendant une trentaine de kilomètres. Paul m’a proposé de modifier mon parcours pour m’éviter quelques bosses moyennant une petite rallonge de quatre kilomètres.
La route que nous prenons n’est pas très fréquentée aussi nous pouvons discuter sans gêner les quelques véhicules. Les kilomètres défilent entre monts et prairies et nous conduisent dans le département de la Manche d’où sont issus mes compagnons de route. Des digitales ornent les bas-côtés de la route. En passant à Chaulieu, Paul me montre le point culminant de la Manche (365 m)

Nous arrivons à Sourdeval, là ou Guy Degrenne fonda son entreprise de couverts, seaux à champagne, plats…  en  inox et rejoignons la voie verte. Cette voie verte passe sur une ancienne voie de chemin de fer construite par Fulgence Bienvenüe, l’inventeur du métro. Fulgence avait alors prouvé son ingéniosité car la réalisation de cette voie ferrée avec un tracé rendu délicat par les contreforts tourmentés qui bordent la région n’était pas facile. Il utilisa trois inventions récentes pour mener à bien le projet : la dynamite, le détonateur et le perforateur à percussion.

Comme sur toutes les voies ferrées, la déclivité est douce mais je commence à ne plus avoir de gaz et quelques arrêts seront les bienvenus.
Nous arrivons à Mortain et reportons la visite des cascades et de l’ancienne Abbaye à plus tard car Paul a convoqué des journalistes pour m’interviewer. Mon voyage permettrait de communiquer sur le cyclotourisme.

Nous prenons quelques photos devant la collégiale et c”est après avoir bu une bonne mousse ensemble que Brigitte et Marc nous quittent.

quatre amis devant la porte romane de la collégiale de Mortain

Je reconnais à Mortain le même style d’architecture que j’ai vu à Thury-Harcourt ou dans d’autres villes de l’ouest, bombardées pendant la deuxième guerre mondiale et reconstruites juste après. J’interroge Paul à ce sujet et il m’explique qu’effectivement la ville avaient été détruite à quatre-vingt pourcent par les bombardements alliés et la contre-attaque allemande (bataille de Mortain) pour contrer la percée d’Avranches de Patton.

Avant de rejoindre Bion où habitent Paul et Annick, nous retournons voir les cascades et l’abbaye blanche. Nous étions déjà passés devant mais ne nous étions pas arrêtés les journalistes nous attendant.

La soirée se prolongera fort tard. Annick et Paul sont très attentionnés et ont à cœur de me faire découvrir les richesses de la Normandie : poiré, pommeau, trio de fromages normands (Livarot, Pont-l’Evêque et Camembert) et calva pour finir vont enchanter mes papilles !

La difficulté de l’étape avec une dénivelée record sans fatigue excessive, la gentillesse de mes hôtes et des deux Avranchais  alimenteront de beaux souvenirs de ce voyage. Un grand merci à eux.

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Jour 29

C’est une journée zen que j’ai passée. Il fait très frais au départ, 10°C mais la température va s’élever progressivement et le pédalage sera très agréable. Du beau temps toute la journée, pas de vent, pas de pont interdit, une route barrée car coupée par la chute d’un arbre mais pas de gendarme pour m’empêcher de contourner l’obstacle en passant dans l’herbe. Des côtes en début d’étape, du plat au milieu et à nouveau des bosses en fin de parcours. Une dénivelée cumulée significative tout de même !

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Tout le camping est endormi lorsque je démarre. Après trois kilomètres faciles, j’arrive à Blangy-le-Château, site BPF du Calvados. Le village est endormi, aucun commerce ouvert pour faire tamponner ma carte BPF. Je monte voir l’église puis le château. Ce n’est pas comme à Auxy-le-Château, il y en a un. Il n’est pas dans l’état de celui de Coucy-le-Château non plus.

A mon retour du château, le bar-bureau de tabac est ouvert et je peux faire tamponner ma carte. Un bonne côte pour sortir de Blangy puis une descente et une autre bosse de trois kilomètres me conduisent sur un plateau où le pédalage est facile. Si j’ai circulé sur la route des vins lors de mon voyage 2016, là je roule sur la route du cidre. Je vois des fermes avec des panneaux de vente directe de cidre, calvados ou pommeau mais je ne vais pas charger encore plus mes sacoches. Le paysage est varié : des plantations de pommiers ça et là mais pas de grands vergers, des prairies et des bois.
J’arrive à Beuvron-en-Auge, deuxième site BPF de la journée, labellisé “plus beaux villages de France”. Le label n’est pas usurpé. Maisons à pans de bois du XVIIe et du XVIIIe siècle, halle fermée et manoir au centre du village sont remarquables. L’éclairage de cette belle journée rehausse la beauté des édifices.

Il y a beaucoup de touristes anglophones ou germaniques et il faut être un peu patient pour pouvoir faire des photos sans être gêné par un autre photographe planté devant un monument. Beuvron-en-Auge est renommée pour sa fête du cidre. Je ne résiste pas à goûter un cidre fermier bio avant de reprendre la route.

Je poursuis ma route et envisage de manger une quinzaine de kilomètres plus loin. La boulangerie de Beuvrin-en-Auge était fermée et je vais être obliger de déclencher le plan ORSEC : saucisson qui traine dans la sacoche depuis un certain temps plus pain rassis.

Et c’est justement au quinzième kilomètre que j’arrive dans un village où il y a un bar restaurant qui propose un plat du jour. Je n’hésite pas une seconde et pour treize euros j’ai droit à un buffet d’entrée, rumsteck et pâtes, fromage, dessert, café et vin. J’en profite pour goûter le trio normand de fromages : Livarot, Camenbert et Pont-l’Evêque. Ils sont excellents.
Je suis un peu lourd en sortant mais j’ai une petite dizaine de kilomètres tranquilles, sans difficultés avant un final qui sera bien “bossu”.

Il commence à faire très chaud juste quand j’arrive à Thury-Harcourt, dernier site BPF de la journée où j’ai prévu de faire étape au camping. Thury-Harcourt a été détruite à 75% par les bombardements alliés en juin juillet 1944. C’est donc surtout sa position en Suisse Normande qui lui confère son intérêt.

L’église Saint-Sauveur, romane, du XIIe s (Thury-Harcourt)

Demain l’étape risque d’être difficile en Suisse Normande. Elle sera bien vallonnée et j’ai repéré de gros pourcentages qui me mèneront au col de Berjou.
Brigitte et Marc Jeanne, deux amis d’Avranches qui m’avaient hébergé lors de mon tour de France vont faire un petit bout de route avec moi ainsi que Paul Grante, membre du Club des Cent Cols chez qui je suis invité demain soir du côté de Mortain-Bocage.

au fond, les collines de la Suisse normande
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Jour 28

Je mets le réveil à six heures et j’arrive à partir à sept heures. J’espère arriver au Pont de Brotonne avant qu’il ne soit fermé. Le passage des voiliers sous le pont étant prévu vers 15h30 je pense avoir une chance. Je suis néanmoins stressé car si je ne peux pas le franchir, je n’ai aucune autre alternative pour traverser la Seine, les bacs ne fonctionnant pas aujourd’hui.

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J’appuie sur les pédales et j’arrive en moins d’une heure à Caudebec-en-Caux, site BPF où je ne m’attarde pas. La boulangère me dit qu’il y a déjà un beau comité d’accueil au pont (gendarmes). Je file et monte au pont (il y a une bonne montée pour l’atteindre). Effectivement, quelques véhicules de gendarmerie et de nombreux gendarmes  bloquent l’accès aux voies cyclables. Le pont est interdit aux cyclistes et piétons mais la circulation automobile est autorisée. Il n’y a pas beaucoup de circulation à cette heure-là, le pont est à deux voies avec une bande cyclable de chaque côté.  Je me dirige vers les gendarmes qui m’interpellent et je leur explique que je voyage, leur montre mon itinéraire. J’essuie un refus autoritaire et pas aimable de la part du « chef » alors que j’ai demandé poliment. J’aurais espéré au moins un peu plus d’empathie de la part de cette personne (j’en ai plus sentie de la part de certains autres) même s’il ne fait qu’obéir aux ordres. Mais une mesure administrative idiote :

  1. Fermer un pont 7 heures avant l’évènement
  2. Interdire un passage qui se fait en cinq minutes en toute sécurité

impose aux gendarmes d’obéir. Si la crainte de ceux (préfet ?) qui ont pris cette décision était qu’il n’y ait personne qui stationne sur le pont, il suffisait de faire des patrouilles. Il y avait suffisamment de véhicules et de gendarmes “désœuvrés” à l’entrée du pont pour le faire.

l’église de Caudebec-en-Caux

Je suis obligé de redescendre et au rond-point, je fais du stop en espérant qu’un véhicule utilitaire veuille bien s’arrêter et charger mon vélo pour me faire passer le pont. Quelques véhicules pouvant faire l’affaire passent mais aucun ne s’arrête. Finalement au bout d’une dizaine de minutes, un fourgon s’arrête et le chauffeur accepte de charger mon vélo. Il est cycliste et il y a déjà un VTT à l’intérieur. Je peux reprendre le cours du voyage.

Les kilométrages et la dénivelée affichés en tête d’article correspondent à ce que j’ai réellement fait sur le vélo (déduction faite du passage du pont en camionnette). Sur la carte, ils sont légèrement différents puisque issus des données enregistrées par le GPS qui a “tourné” pendant le transfert.

Je pense en avoir fini avec les difficultés puisque je vais m’éloigner des boucles de la Seine dans treize kilomètres.

chaumière dans les boucles de la Seine

J’arrive à Aizier et là, la départementale que je dois emprunter est en sens interdit. Des panneaux DDE mais aucun document mentionnant un arrêté administratif  n’y est affiché. Pas de gendarmes ici mais des bénévoles qui aiguillent les voitures vers des parkings dans les prés environnants. Je m’engage dans le sens interdit et personne n’intervient. J’aurais pu en toute légalité marcher à côté du vélo mais j’aurais alors utilisé une plus grande largeur de route. Du haut d’un parking, une bénévole un peu plus zélée m’interpelle un kilomètre plus loin. Je continue néanmoins ma route et ne croise que quelques véhicules qui roulent bien à droite ne sachant pas que la route est à sens unique. Je bifurque au sommet de la côte et j’en ai définitivement fini avec les ennuis liés à la grande parade.

Le reste de l’étape se déroulera sur des routes très vallonnées. Je suis obligé de m’employer car j’ai encore un vent défavorable. Je découvre la ville de Pont-Audemer qui est très jolie et animée en ce dimanche matin.

Quelques images de Pont-Audemer

Puis je continue, toujours face au vent, au milieu des champs de céréales ou de quelques champs de lin.

encore un champ de lin, bien fleuri celui-ci

J’arrive en début d’après-midi à Cormeilles où j’avais repéré un camping mais celui-ci n’existe plus.

Deux petits coups de fil me confirment qu’il y a deux campings dans les dix kilomètres suivants.
Je choisis le plus proche car cette journée m’a pompé pas mal d’énergie.
J’arrête là mon résumé, il est tard. La connexion internet a été coupée au moment où la télévision a été allumée pour un match de foot (Interférences ?). Elle refonctionne maintenant que la télé est éteinte.

Dans ce camping, je dois être un des rares français : il y a essentiellement des britanniques et quelques Belges et Hollandais.

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Jour 27

Hier soir, avec Hubert nous sommes allés en ville pour voir la projection sur la façade de la cathédrale à l’occasion de l’Armada 2019. Hubert en a profité pour me faire visiter les vieux quartiers de Rouen avec leurs maisons à colombages. Ensuite, nous sommes allés en bord de Seine pour voir les grands voiliers exposés à l’occasion de l’Armada 2019. A une heure et demi, il y avait encore de la foule sur les quais. Les prévisions estimaient  sept millions de visiteurs sur dix jours. Vu la foule et le manque de recul, il a été très difficile de faire des photos des bateaux.
Nous avons fait sept à huit  kilomètres à pied et sommes rentrés vers 2 heures du matin. Ayant eu un très bon aperçu de la ville, j’ai décidé de m’avancer sur mon parcours en faisant une courte étape pour rejoindre le camping de Jumièges.

Visite nocturne de la ville : église Saint-Maclou et le Gros Horloge

Spectacle son et lumières sur la cathédrale

Extrait vidéo du spectacle son et lumières sur la cathédrale

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la cathédrale, ce matin

Ce matin, nous repassons par la vieille ville afin de pouvoir faire des photos, l’éclairage hier soir n’était pas favorable.

Nous ne pouvons pas emprunter la piste cyclable le long des quais celle-ci étant réservée aux piétons pour la visite de l’exposition des bateaux. Il y a déjà beaucoup de monde et de longues files d’attente se forment avant le sas d’entrée sur les quais. Les services de sécurité procèdent à des contrôles et fouilles systématiques individuelles pour vérifier que les visiteurs n’apportent aucun objet susceptible d’être utilisé pour un attentat.

Nous passons par les boulevards et de petites rues pour nous éloigner de la cohue et rejoindre la véloroute des boucles de la Seine.
Le début n’est pas très beau : zones urbanisées ou portuaire se succèdent. Puis la véloroute se rapproche de la Seine et la nature reprend sa place.

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Le vent est légèrement défavorable. Nous arrivons en face du village de la Bouille et nous prenons un premier bac pour passer sur la rive gauche de la Seine.

Nous suivons les méandres et remontons sur cinq kilomètres au nord. Le vent nous est alors légèrement favorable. Une montée, très agréable, aux pourcentages raisonnables, de trois kilomètres en forêt, nous permet de couper un méandre. Nous reprenons un bac pour rejoindre la rive droite à Mesnil-sous-Jumièges et c’est là que nous nous séparons. Hubert n’avait pas prévu de m’accompagner aussi loin mais nos échanges  l’ont encouragé à prolonger notre rencontre. Nous avons roulé ainsi ensemble pendant trente-quatre kilomètres. Pour moi, il ne me reste plus que huit kilomètres à faire pour rejoindre Jumièges, site BPF de Seine-Maritime, où j’ai prévu de passer la nuit au camping.
Je voudrais me restaurer mais tout est complet et il n’y a pas de boulangerie ouverte. Je trouve un bar qui veut bien me faire un sandwich. Il est encore tôt et j’ai envie de poursuivre ma route. Je cherche via mon téléphone un camping qui serait situé entre quinze et vingt-cinq kilomètres plus loin mais je ne trouve rien et me résous à rester à Jumièges.

Quelques photos de Jumièges

Juste après mon arrivée au camping, une belle averse se déclenche. Le camping est complet à cause de l’Armada, il n’y a plus un emplacement de disponible. On me propose une chambre dans un mobile-home hôtelier. J’accepte et je vais dormir au sec alors que d’autres précipitations sont attendues en soirée.
J’ai bien fait de m’avancer aujourd’hui car demain les bords de Seine seront impraticables à vélo (piste cyclable fermée) du fait de la parade de l’Armada. Les voiliers vont quitter Rouen et redescendre la Seine.
Demain matin, je partirai de bonne heure car le pont de Bretonne que je dois emprunter sera fermé à toute circulation dans la journée. Les horaires sont déterminés en fonction de la marée (le bateau russe doit attendre la marée basse pour pouvoir passer sous le pont de Tancarville à cause de la hauteur de ses mâts). J’espère passer avant car les bacs sont tous supprimés et le pont de Tancarville situé plus loin sera fermé lui aussi.

voilier russe (photo prise ce matin)

Ce passage à Rouen fera partie des excellents souvenirs de ce voyage. L’accueil chaleureux et tout en simplicité d’Hubert (que finalement je connaissais très peu) a été très enrichissant.

Épilogue de cette journée : une salle de télévision est disponible et je vais pouvoir regarder la finale du championnat de France de rugby. Deux belles équipes qui produisent du beau jeu vont s’affronter. Que le meilleur gagne !

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Jour 26

Le vent a chassé les nuages et c’est sous un beau ciel bleu que je prends le départ. La température est encore fraîche, 13°C. Dès les premiers coups de pédales, je sens que la journée d’hier a laissé des traces. Il va me falloir plus d’une heure avant de retrouver quelques bonnes sensations. Cette étape m’a vu mettre mes roues dans trois départements : la Seine-Maritime, l’Oise et l’Eure. Encore un beau toboggan et une dénivelée significative à l’arrivée.

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Je rejoins mon itinéraire au bout de six kilomètres pour aller visiter le village de Saint-Germer-de-Fly, site BPF de l’Oise. Le monument principal à visiter est l’église abbatiale des XIIe et XIIIe siècles, exemple de transition entre le roman et le gothique.

L’église a été en travaux et fermée pour des raisons de sécurité pendant de nombreuses années. Elle vient juste d’être rouverte au public. Au moment de mon arrivée, elle est fermée mais une vieille dame qui me voit trainer autour me propose de l’ouvrir afin que je puisse la visiter.

Après cette visite, je repars en direction de Lyons-la-Forêt, site BPF de l’Eure. C’est d’abord une côte d’un kilomètre qui se présente, suivie d’une courte descente avant d’attaquer une longue montée de sept kilomètres. J’arrive sur un plateau où je retrouve un vent défavorable. Il est moins violent que celui d’hier mais m’occasionne des efforts supplémentaires.

forêt domaniale de Lyons-la-Forêt

Quelques passages dans la forêt domaniale procurent un abri bienvenu. Puis c’est la plongée sur Lyons où j’arrive peu avant midi. La halle, la place centrale et les maisons à colombages confèrent du charme à ce village. Il y a beaucoup de monde et j’entends beaucoup parler anglais.

Après m’être restauré, je repars direction Rouen sur un itinéraire que m’a préparé Hubert. C’est un parcours très vallonné qui m’est proposé.

dans les collines près de Rouen

Hubert vient à ma rencontre à quelques kilomètres de Rouen et me pilote dans la ville pour m’amener chez lui.
Si sur le milieu de l’étape, j’ai franchi les côtes sans problème celles de la fin m’ont fait souffrir. La journée d’hier doit y être pour quelque-chose. Il a fait beau toute la journée et j’ai pu enfin rouler en manches courtes.

Hubert me propose de prendre une journée de repos demain. Je vais réfléchir et prendre une décision dans la soirée.
Ce soir, nous irons voir des projections sur la façade de la cathédrale et l’Armada sur le port.

 

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Jour 25

C’est l’étape la plus difficile depuis le départ du voyage. Ce n’est ni la dénivelée ni la distance qui en ont créé la difficulté mais c’est le vent violent défavorable pendant quatre-vingt-dix kilomètres. De multiples averses de pluie se sont déversées mais à chaque fois le vent balayait les nuages, laissant apparaitre éphémèrement quelques coins de ciel bleu avant de ramener de nouvelles grisailles. Ce soir, je suis lessivé !

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A Dieppe, je ne trouve pas la voie verte et c’est par une route à grande circulation que je rejoins Arques-la-Bataille, situé sept kilomètres plus loin. Dès les premiers coups de pédales, je sens que la journée va être difficile car j’ai le vent en pleine face et je vais garder le même cap pendant quatre-vingt kilomètres.
A Arques-la-Bataille, site BPF, je prends le temps de visiter et monte au château.

La montée est très raide et l’accès au château est interdit. Je redescends et photographie l’église et des maisons du XVe et XVIe de style flamand.

A Arques, je trouve sans problème la voie verte que je vais suivre pendant trente-cinq kilomètres. C’est la véloroute Londres Paris. C’est un long faux plat montant mais avec le vent je m’y épuise. C’est une voie verte avec un bon revêtement, des intersections bien signalées comme on aimerait en rencontrer plus souvent. Le temps maussade et les averses de pluie ne m’encouragent pas à faire des photos alors que les paysages champêtres ne sont pas monotones.

paysage entre Arques-la-Bataille et Neufchâtel-en-Bray

A Mesnières-en-Bray, j’aperçois un château sur ma droite et je sors de la piste cyclable pour aller le voir de plus près.

château de Mesnières-en-Bray
château de Mesnières-en-Bray XVe siècle

Au quarante-troisième kilomètre, je quitte la voie verte pour rejoindre la route qui me conduira à Gaillefontaine, site BPF. Ce sont onze kilomètres de montées et de descentes, toujours vent contraire, qui me sont offertes. Paradoxalement, je peine moins dans les montées que sur la piste cyclable et le temps passe beaucoup plus vite. J’arrive à Gaillefontaine, affamé et il est près de treize heures. Je n’ai pas pu me ravitailler auparavant et même si j’ai un casse-croute de dépannage dans la sacoche, je n’avais pas eu envie de manger au froid et sous la pluie.
Je rentre dans le bistrot du village et commande le plat du jour puis repars visiter les points d’intérêts mentionnés par la FFCT. C’est une déception, l’église ne casse pas trois pattes à un canard, le château est privé mais visible du bord de la route tandis que le manoir de la Longuedalle est aussi privé et non visible. Le principal intérêt de ce BPF est de nous faire visiter ce coin du département.

Gaillefontaine
le château de Gaillefontaine

Je repars, toujours vent dans le nez pour Songeons, site BPF de l’Oise situé vingt-deux kilomètres plus loin. La route est jolie et je vois deux églises sur le bord de la route qui sont bien plus belles que celle de Gaillefontaine. Le repas et la halte m’ont fait du bien, je suis en meilleure forme que ce matin.

la deuxième église a été prise en photo sous la pluie et il y a une goutte d’eau sur l’objectif

J’arrive à Songeons sous un beau ciel bleu mais je ne peux finir la visite une grosse averse se met à tomber.

A Songeons, je renonce au camping sous la pluie et trouve un hôtel à treize kilomètres moyennant un petit détour. Je redémarre sous la pluie par une bonne montée de trois kilomètres puis ce sont des successions de montées- descentes sur un joli plateau. Alors que j’ai légèrement changé de cap, le vent contraire s’est renforcé. Je suis obligé de pédaler dans les descentes. Je finis bien fatigué mais soulagé d’être arrivé au terme de cette étape difficile.

 

campgne du Bray entre Songeons et Gournay-en-Bray

Demain, je suis invité à Rouen par Hubert Court, membre du Club des Cent Cols. Je vais donc modifier mon itinéraire pour répondre à son invitation. Cela ne devrait pas rallonger la longueur du parcours du voyage. J’avais envisagé de passer par Rouen lors de l’élaboration du projet mais j’avais ensuite renoncé ayant peur de la circulation dans une grande ville inconnue. Avec un bon guide, ce sera différent.

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Jour 24

Il a encore plu une bonne partie de la nuit et ce matin c’est sous un ciel bas que je prends le départ. Je choisis de prendre la piste côtière pour rejoindre la voie cyclable qui conduit au Hourdel. Cette piste le long de la mer ne pose pas de problème par temps sec avec des pneus larges mais aujourd’hui il faut slalomer entre les flaques d’eau et essayer de tenir l’équilibre quand le vélo s’enfonce ou glisse dans la boue. Fort heureusement cela ne dure que deux kilomètres.

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Je rejoins la piste cyclable et j’arrive au Hourdel. Le reste de l’étape se fera sur le même itinéraire que j’avais emprunté lors de mon tour de France il y a huit ans.

le Hourdel
port du Hourdel

et je prends la petite route blanche, interdite aux véhicules motorisés pour essayer d’aller voir la colonie de phoques qui fréquente les lieux. C’est la récompense : ils sont venus, ils sont tous là…

Après avoir bien observé ces mammifères, je me dirige vers Cayeux-sur-Mer.

Cayeux-sur-Mer
le mur de l’Atlantique ?

Objectif suivant : Ault. Je ne choisis pas la facilité car pour le plaisir de revoir les falaises d’Ault, qui m’avaient impressionné en 2011, je ne prends pas la route directe et je sais qu’il va me falloir plonger presque au niveau de la mer pour ensuite remonter au sommet de ces falaises. Je sais aussi qu’il va me falloir encore jouer à saute-falaises trois autres fois avant de rallier Dieppe.

Je mets mes plus petits développements et monte sans encombres au sommet des falaises d’Ault. la montée est courte et sèche. J’arrive ensuite sur un plateau où je vais évoluer un moment avec un vent de face.

Je plonge sur Mers et j’aperçois déjà les falaises du Tréport. Ce sont celles que je redoute le plus car je me souviens d’une montée pentue et longue. Avant de les affronter je me restaure à Mers-les-Bains.

Effectivement la montée est plus longue que pour sortir d’Ault et les pourcentages avoisinent les 10 ou 11% par moments. Là aussi, je passe sans trop souffrir.
Au sommet, je m’arrête et me retourne pour avoir une vue panoramique sur mon chemin parcouru.

Mers-les-Bains et ses falaises d’où je viens

Il me reste les falaises de Mesnil et de Criel à franchir

Une courte montée puis une courte descente et je suis déjà au pied de la falaise de Criel. C’est par une longue côte de sept kilomètres sur une pente raisonnable qu’on arrive sur un plateau culminant à 110 m d’altitude.
Il me reste alors environ vingt-cinq kilomètres et c’est à ce moment-là que la pluie se met à tomber. L’averse ne dure qu’une demi-heure et je finirai par sécher avant la fin de l’étape. Il n’y a pas de difficultés dans ces vingt derniers kilomètres mais c’est dans les dix derniers que je sens une grosse fatigue musculaire.
Et maintenant pour conclure, quelques photos de Dieppe

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Jour 23

Je suis de très bonne humeur ce matin : je pensais rouler sous la pluie et c’est sous un ciel bleu que je prends le départ. Le beau temps va durer toute la journée. J’avais prévu une courte étape mais au vu des conditions météorologiques favorables, je l’ai rallongée pour visiter une plus grande partie de la Baie de Somme. Lors de mon tour de France 2011, j’avais beaucoup apprécié la piste cyclable menant de Fort-Mahon-Plage à Saint-Valery-sur-Somme en passant par Le Crotoy. Je modifie donc mon itinéraire pour rejoindre Le Crotoy.

moutons de prés salés en Baie de Somme

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Les jambes tournent bien et j’avale sans problème les petites bosses qui se présentent. J’arrive rapidement à Argoules, site BPF de la Somme. Je fais un petit détour pour aller voir l’abbaye de Valloires et ses jardins. Je ne peux pas visiter les jardins qui sont dans le mur d’enceinte du domaine car je ne peux pas laisser, comme souvent, mon vélo et ses bagages en sécurité. Je prends des informations pour une visite ultérieure que je conjuguerai avec celle plus approfondie de Montreuil que j’ai dû abréger hier.

Ensuite une petite visite au village

Je poursuis ma route vers les deuxième objectif de la journée, Crécy-en-Ponthieu. Avec le bel éclairage, je prends toujours autant de plaisir dans les paysages verdoyants qui m’y conduisent.

Bien que nous soyons dans la Somme, c’est une autre bataille quelques siècles avant “la Grande Guerre” qui s’est déroulée ici. La bataille de Crécy marqua le début de la guerre de Cent Ans.

site de la bataille de Crécy
site de la bataille de Crécy

Une petite visite dans le village s’impose :

C’est à Crécy-en-Ponthieu, où il est à peine midi alors qu’il ne me reste plus qu’une vingtaine de kilomètres pour rejoindre Saint-Valery-sur-Somme, que je décide de modifier mon itinéraire pour mieux profiter de la baie de Somme.
Après avoir franchi une dernière côte, je roule sur une route rectiligne dans la forêt domaniale de Crécy pour rejoindre Nouvion où je bifurque sur de petites routes avant de rejoindre la voie verte.

composition florale

Je suis dans la baie de Somme. La piste cyclable est en contrebas de la route à grande circulation. Je monte sur la butte et traverse la route pour prendre une première photo (celle du haut de l’article avec les moutons). Le long de la piste, à droite, des marais, des cultures et des pâtures me permettent de constituer un bestiaire.

Puis, je bifurque et prends une autre voie cyclable côtière que je n’avais pas prise lors de mon tour de France. Elle offre des perspectives sur la baie entre Saint-Valéry et Le Crotoy. La marée est basse.

Après une petite visite du Crotoy

place au Crotoy

Je fais demi-tour et retourne vers Saint-Valéry. Les cinq derniers kilomètres de la voie verte ne sont guère intéressants. La piste est le long de la route à grande circulation mais elle présente l’intérêt de pouvoir pédaler en toute sécurité.
C’est sans fatigue que j’arrive à Saint-Valery-sur-Somme.

Ce soir avant de finir de rédiger cet article, je suis allé au restaurant sous un ciel bleu mais pendant le repas il s’est mis à pleuvoir. Une petite accalmie m’a permis de rentrer au sec et de bénéficier de la vue d’un arc-en-ciel sur la baie.

arc-en-ciel à marée haute

Actuellement, à vingt-deux heures, l’orage gronde et la pluie tombe à seaux ce qui me conforte dans mon choix d’avoir choisi un hébergement en chambres d’hôtes.

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Jour 22

Il a plu toute la nuit et ça continue ce matin. J’attends un moment puis vers 10 heures je me décide à partir. Je vais rouler pendant une heure et quart sous la pluie puis elle s’arrête. Le ciel reste gris et il ne fait pas très chaud. Des nappes de brouillard flottent au-dessus des collines. Quelques côtes à gravir me réchauffent. Je n’ai pas le temps de me refroidir dans les courtes descentes. Je franchis ainsi deux petits cols répertoriés. Les montées sont plus pentues que celles d’hier et je suis bien content d’avoir résolu mon problème de changement de vitesses. Je savais que le Boulonnais allait me réserver quelques bonnes pentes qui finalement se sont révélées moins redoutables que je ne le pensais.

paysage du Boulonnais

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Vers midi, j’arrive à Desvres, le seul gros village situé sur ma route. Je cherche une boulangerie où un restaurant pour me ravitailler. En ce lundi de pentecôte, tout est fermé. Finalement, je trouve une boulangerie mais pas de bar ouvert où j’aurais pu manger mes provisions au chaud. C’est sous un abribus que je me restaure sans m’éterniser à cause du froid.

Je poursuis ma route sur une route champêtre qui suit la longue vallée de la Course. Elle va m’emmener presque jusqu’à Montreuil-sur-Mer. Aucune difficulté si ce n’est celle de lutter contre un petit vent contraire qui s’est levé.

pâturage dans la vallée de la Course

Montreuil-sur-Mer est  le dernier site BPF du Pas de Calais que je vais visiter. C’est une ville fortifiée avec des remparts des XIIIe et XVIe siècle. Malgré son nom, elle est située à un peu plus de dix kilomètres de la mer (la Manche) mais elle fut pendant longtemps un port maritime de première importance. Les bateaux naviguaient sur la Canche jusqu’au port.
Il faut monter pour accéder à la ville haute.

pour entrer dans la ville haute

J’entreprends la visite, vélo à la main à cause des pavés mais je dois l’interrompre rapidement, un violent orage s’abattant sur la ville.

Je me réfugie dans un bistrot où j’attends plus d’une heure que la pluie s’arrête. Je profite d’une légère accalmie pour effectuer les trois kilomètres qui me restent pour rejoindre le terme de mon étape. Je regrette d’avoir dû écourter ma visite de la ville mais c’est sous la pluie que je finis mon étape, comme je l’ai commencée !

Je n’avais aucune envie de planter la tente sous la pluie aussi hier soir j’avais réservé un chambre d’hôtes pour pouvoir dormir au sec.

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Jour 21

Il fait très beau ce matin au moment du départ. Les six premiers kilomètres sont plats le long du canal de Nenfossé mais pourtant la mise en route est laborieuse. Les jambes sont dures, sans doute les effets de la pluie d’hier sur les muscles. Il me faudra une bonne vingtaine de kilomètres pour retrouver de bonnes sensations.

Dernières photos d’Aire-sur-la-Lys

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Après l’échauffement le long du canal, j’évolue dans un cadre champêtre agréable. Je franchis quelques bosses. je n’en avais plus vues depuis l’étape de mercredi dernier. C’est le troisième dimanche où je roule et c’est le premier où je vois beaucoup de cyclistes. Certains roulent seuls mais beaucoup de pelotons sillonnent la campagne. Peu me disent bonjour et deux groupes me doublent à vive allure en me frôlant dangereusement.

Au vingtième kilomètre, je rentre dans le département du Nord pour une dernière incursion. Je rejoins Bergues, site BPF. Bergues a été immortalisé par le film “Bienvenue chez les Ch’tis” . Son beffroi est aussi classé au patrimoine mondial par l’Unesco. Alphonse de Lamartine en a été le député.
Bergues est une place fortifiée par Vauban et on pénètre au centre ville par des portes.

Je me dirige à vue vers le beffroi et arrive sur la place centrale. les maisons ne sont pas en brique rouge comme dans beaucoup de villes du nord.

Il est midi. Je me restaure dans une friterie avec un potjevlesch et des frites avant de repartir visiter la ville et continuer ma route.

Comme je l’ai dit plus haut Lamartine est une célébrité de Bergues :

“L’électeur de Lamartine” a été inauguré le 21 septembre 1913, pour commémorer le quatre-vingtième anniversaire de l’élection d’Alphonse de Lamartine comme député de Bergues en 1833. Comme à l’époque seuls les plus riches de la circonscription avaient le droit de vote, ceci explique le riche costume du géant.

Après cette visite, je repars sous un ciel qui s’assombrit rapidement. De nombreux nuages noirs s’amoncellent laissant présager la pluie avant la fin de la journée.

Je ne sais pas si c’est l’effet potjevlesch  mais j’ai une sacré “frite” cet après-midi contrairement à ce matin. Les kilomètres défilent rapidement et m’amènent vers quatorze heures à Watten où j’avais prévu de faire étape.
Étant en pleine forme et la pluie étant annoncée demain, je choisis de continuer ma route vers un camping situé quatorze kilomètres plus loin. Cela raccourcira d’autant mon étape.
Ces kilomètres supplémentaires, sur de petites routes bucoliques, ne m’occasionnent pas de fatigue. Je suis même surpris de mon aisance pour franchir les quelques côtes qui se présentent.

peu avant Nordausques

Aujourd’hui, j’ai franchi le point le plus au nord du voyage et j’ai entamé la redescente vers le sud. J’ai roulé cent sept kilomètres de plus par rapport à ma prévision. Les détours pour me loger en sont la cause principale. J’ai tout de même effectué un peu plus que la moitié du parcours.
Ce soir la pluie s’est installée mais il n’y a pas de vent. Si elle n’est pas plus forte demain, je ne devrais pas trop souffrir.

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Jour 20

J’ai décidé de partir tôt ce matin car l’étape s’annonce difficile : pluie et rafales de vent à plus de 70 km/h sont annoncées. Hier, toutes mes tentatives pour chercher une chambre d’hôtes ou un hôtel situés sur mon parcours s’étant avérées vaines, j’ai contacté un camping situé à quatre-vingt kilomètres. Il me permettrait en cas de tempête de mettre mon matelas dans une salle commune. La perspective ne me réjouît guère et j’envisage de pousser jusqu’à Saint-Omer situé treize kilomètres plus loin pour loger dans un hôtel.

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Vidéo générée par l’application Relive, alimentée par Strava

Je pars sous la pluie la température est de 12°C et le vent souffle en rafales. Pendant une quinzaine de kilomètres je circule dans une zone très urbanisée : je suis aux portes de la métropole lilloise. La pluie cesse rapidement. Au gré des méandres en ville, j’ai le vent dans le dos, de face ou latéralement. J’ai même droit à un secteur pavé d’un peu plus d’un kilomètre, digne de ceux du Paris Roubaix . Je fais comme les pros, je roule sur la bas côté mais pas à leur allure, la comparaison s’arrête là. Je suis très secoué malgré mes gros pneus et mes jantes aux nombreux rayons ; j’ai alors une pensée pour les coureurs qui doivent subir ça, avec des vélos raides, sur de multiples secteurs. Je ne comprends pas pourquoi des randonneurs se lancent dans un Paris Roubaix. Il faut avoir une sacrée dose de masochisme.

Une fois la métropole contournée, je me retrouve une fois de plus sur des routes que l’on pourrait intituler les chemins de la mémoire. De nombreux cimetières ou mémoriaux britanniques (Commonwealth) ou allemands sont indiqués un peu partout.

Le vent forcit et j’arrive à Estaires situé au quarantième kilomètre. Une pluie violente s’abat et je me réfugie sous un abribus situé en plein vent. J’ai froid et je retente ma chance pour trouver des hébergements quitte à me détourner sur Hazebrouck. Tout est complet. Le dernier hôtel contacté à Hazebrouck m’indique un hôtel situé à Aire-sur-la-Lys qui m’avait échappé lors de mes recherches précédentes. Je téléphone et il y a de la place.
La pluie s’arrête, je peux repartir l’esprit tranquille. Il me reste une petite trentaine de kilomètres.

Si les quarante premiers kilomètres se sont déroulés sans fatigue excessive, les vingt-sept derniers seront très pénibles. le vent a encore forcit et je l’ai soit de face soit latéralement. Les rafales me scotchent à la route. Sur une route toute plate, je roule à 8km/h sous les rafales et pousse quelques pointes de vitesse à 12.
C’est avec soulagement que j’arrive à Aire-sur-la-Lys, site BPF du Pas de Calais, sous une nouvelle averse.
L’hôtel, situé sur la place centrale, est vieillot (le bâtiment date de 1580). Du coup, je suis le seul client dans cet hôtel loin des standards modernes. J’ai une chambre, certes avec une moquette défraichie, mais avec un lit tout à fait convenable et une salle de bains-WC qui suffit à mon bonheur.
Je me repose un long moment et je pars à la découverte de la cité. Pendant ma sieste, le vent a chassé les nuages et c’est sous un ciel bleu que je peux visiter.

Je commence par une visite au bailliage qui accueille l’office de tourisme

Je poursuis ma visite vers le beffroi, classé au patrimoine mondial de l’Unesco. Malheureusement, il n’est pas “photographiable” depuis la place de l’hôtel de ville car ce dernier en restauration est masqué par des échafaudages.

Enfin je termine par la collégiale que je ne peux pas visiter car il y a la célébration d’un mariage. Je fais néanmoins une brève incursion à l’intérieur.

Aujourd’hui, j’ai effectué une étape sans dénivelée mais qui a été aussi difficile qu’une étape plus montagneuse à cause de la prise au vent du vélo avec sacoches. Ce soir, j’ai bien récupéré et demain devrait être plus facile.

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Jour 19

La tempête était annoncée pour la fin de matinée ou début d’après-midi. En ce début de week-end de pentecôte aucun hébergement “en dur” n’était disponible sur mon parcours avant soixante dix kilomètres. J’ai donc choisi de prendre une journée de repos.

J’ai fait une immersion dans la culture locale ch’ti. Je me suis restauré dans une friterie et dégusté une chouffe, brassée chez les voisins belges. Au bistrot du village, chaque personne qui entre dans le bar va serrer la main de tous les clients. Il parait que c’est ainsi dans tous les estaminets des villages de la région. Au lieu d’appuyer sur le guidon ou tourner la poignée du Rohloff, j’ai fait travailler mes mains d’une autre façon en serrant toutes ces “louches”.
En revanche, je ne sais pas si c’est particulier à ce village, je n’ai vu aucune femme fréquenter le bistrot.

J’ai profité de cette journée pour répondre aux courriels, faire la lessive… J’ai essayé de régler mon changement de vitesses. A priori, j’y suis arrivé et je vais pouvoir disposer de tous mes développements qui me seront bien utiles dans trois jours dans les côtes du Boulonnais.

Une petite visite du village pour digérer : le monument aux morts avec une statue de poilu comme dans beaucoup de villages de la région et l’ église du village bien proportionnée mais quel dommage d’avoir édifié ces deux verrues en béton à l’arrière !

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Jour 18

Hier soir, j’ai pu manger une carbonade flamande savoureuse. Pendant que j’étais au restaurant, la pluie s’est invitée. Si je ne me suis pas encore fait trop mouiller à vélo depuis mon départ, cela n’a pas été le cas pour rentrer à la chambre d’hôtes.
Ce matin, au départ le ciel est bleu et la pluie n’est pas annoncée pour la journée.

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Il est assez facile de circuler à Douai. De nombreuses pistes cyclables, des cheminements vélo matérialisés au sol dans les ronds-points, des voies cyclables à contre-sens dans les rues à sens uniques (pas toujours judicieux dans certaines rues peu larges) permettent de circuler facilement dans Douai qui a visiblement une politique pour favoriser le déplacement à vélo.

En revanche, la voie verte qui doit me conduire pendant une trentaine de kilomètres jusqu’à Saint-Amand-les-Eaux est très mal indiquée. Je finis par la trouver et l’emprunte. Le début n’est pas très encourageant ; elle est très sale et de nombreux morceaux de verre jonchent le sol sur les premiers kilomètres. Elle semble revêtue mais le gravillonnage et les nombreuses mousses, végétaux divers qui la recouvrent ne lui confèrent pas beaucoup de “rendement”. La forte pluie d’hier soir n’a pas dû arranger les choses. Avec mes pneus de 35, je passe mais j’aurais hésité avec un vélo de course.
Elle suit fidèlement le cours de la Scarpe où de nombreux pêcheurs sont postés. Ils sont plus disciplinés que dans la Somme, ils ne laissent pas leurs cannes en travers de la voie. Sur une quinzaine de kilomètres, la voie est plus roulante mais de nombreuses barrières avec chicanes sont présentes pour empêcher l’accès aux voitures. Il faut chaque fois relancer la machine chargée et c’est une source supplémentaire de fatigue. Je ne vois pas comment des voyageurs à vélo ayant fait le choix d’une remorque plutôt que des sacoches pourraient passer.
Les six derniers kilomètres avant Saint-Amand sont éprouvants : voie très étroite, plus revêtue, caillouteuse. Un VTT serait plus approprié pour y rouler.

Je n’ai rien vu d’intéressant à photographier et vers onze heures j’arrive à Saint-Amand-les-Eaux, site BPF où j’ai rendez-vous avec Willy Tierens et Kriss Claeys, deux Belges membres du Club des Cent Cols, qui se sont organisés une sortie pour venir à ma rencontre.

En les attendant, je prends quelques photos

Ils arrivent vers onze heures et demi. Willy a déjà quatre-vingt-dix kilomètres au compteur tandis que Kriss en compte soixante-dix. Ils auront fait respectivement, à leur retour, cent-quatre-vingt et cent-cinquante kilomètres pour simplement partager un moment d’amitié.

Nous nous restaurons et discutons longuement autour d’une bière

de gauche à droite : Willy et Kriss

Puis nous repartons ensemble

Willy et Kriss m’accompagnent pendant une petite quinzaine de kilomètres avant de bifurquer pour rentrer chez eux.

(photo prise par Willy)

Je poursuis ma route et comme j’approche de Lille c’est très urbanisé. Cette étape n’a présenté aucun intérêt d’un point de vue paysage. Seul Saint-Amand-les-Eaux et le moment de rencontre ont apporté un peu de piment à cette journée. Merci à mes deux amis Belges pour leur visite.

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Jour 17

Alors que la pluie était annoncée, j’ai roulé au sec toute la journée. Cette journée a été très agréable sur des routes souvent labellisées circuits vélo. Des paysages toujours verdoyants alternant comme hier, pâturages, cultures céréalières, de lin. Quelques côtes au début mais ensuite de bonnes portions de récupération et puis un vent favorable m’ont permis de finir pas trop fatigué malgré la longueur de l’étape.

lin qui commence à fleurir

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ciel très chargé toute la journée

Peu avant midi, j’arrive à Mont-Saint-Éloi, site BPF. La montée finale courte présente des pourcentages entre 10 et 13% que je passe bien. Le panorama et les vestiges de l’abbaye du XIe sont les centres d’intérêt. Là aussi, comme dans beaucoup d’endroits où je passe depuis hier, des mémoriaux ou cimetières militaires allemands, britanniques, français sont présents. De durs combats se sont déroulé pendant la guerre de 14-18. Nous ne sommes pas loin de la nécropole nationale et de l’anneau mémorial de Notre-dame de Lorette et du Mémorial national du Canada à Vimy que l’on aperçoit depuis Mont-Saint-Eloi. Si je n’avais pas déjà visité ces sites en 2015, j’aurais fait le détour.

Je me restaure à Neuville-Saint-Vaast et repars rapidement car le ciel est de plus en plus menaçant. Une averse tombe vers 13h45 alors que je suis à seulement dix kilomètres de l’arrivée mais je peux me mettre à l’abri aussitôt. J’attends presque une demi-heure que la pluie cesse et je peux terminer l’étape sans me mouiller.

C’est donc à Douai, site BPF du Nord que je loge ce soir. Avant de rejoindre mon gîte, je prends le temps d’arpenter un peu la ville. Le beffroi et l’hôtel de ville sont magnifiques. Malheureusement, j’ai peu de recul pour pouvoir les prendre en photo.

Maintenant, je vous quitte car je vais essayer d’aller manger quelques spécialités flamandes. J’aimerais bien trouver une carbonade….

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Jour 16

La pluie est annoncée pour le début d’après-midi, le ciel est gris. Il fait 15°C. Hier, j’ai modifié mon itinéraire pour rejoindre mon lieu d’hébergement et c’est par une bonne montée, sur un petite route tranquille, que je quitte Domart-en-Ponthieu. Le cadre est verdoyant. Des cultures de blé, de lin, des bois et des prairies d’élevage me changent des derniers jours. La route est vallonnée mais les pentes se sont adoucies.

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Après dix kilomètres, je rejoins mon itinéraire prévu et retrouve moins de variété dans les paysages. Au vingtième kilomètre, j’arrive à Auxy-le-Château, site BPF du Pas-de-Calais. La cité est construite au bord de l’Authie, petit fleuve côtier qui se jette dans la Manche. L’hôtel de ville imposant date du XIe siècle. Quant au château… il n’y en a pas me dit la boulangère.

Auxi est situé dans un cuvette et tout de suite il faut regrimper pour en sortir.

Auxi-le-Château
Au-dessus d’Auxi-le-Château

Une première côte de quatre kilomètres suivie d’une petite descente et je me retrouve face à mes premiers gros pourcentages pour finir l’ascension du col des Six Chemins. Sur le 10%, j’ai mis mon plus petit développement. J’arrive à passer, en forçant, malgré le manque de disponibilité des plus petits braquets.

Je poursuis ma route sur un plateau où quelques montées aux pentes parfois sévères succèdent à quelques descentes. Peu avant midi, j’arrive à Hesdin, deuxième site BPF de la journée.

J’écourte ma visite d’Hesdin car la pluie ne devrait pas tarder à faire son apparition. Il me reste une douzaine de kilomètres à faire et j’espère ne pas me mouiller. Quatre kilomètres plus loin, je suis rattrapé par la pluie qui ne me quittera plus jusqu’à l’arrivée. C’est une pluie fine pas trop gênante ; pas comme celle de l’orage qui est en train de tomber pendant la rédaction de cet article. Aujourd’hui, j’ai rencontré les côtes les plus difficiles depuis mon départ et je les sens encore dans les cuisses ce soir.

Pour les dix jours à venir, les conditions météo annoncées pour le nord ne sont pas bonnes. Il va me falloir réduire les étapes, voire prendre une journée de repos et chercher des hébergements en “dur”.

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Jour 15

A six heures du matin, il pleut mais cela ne dure pas. Après la chaleur d’hier, je pars sous un ciel gris. La température est de 15°C. Sans échauffement, c’est une succession de côtes qui me conduisent jusqu’à Pozières, site BPF situé à treize kilomètres du départ.

Pozières était situé sur la ligne de front lors de la bataille de la Somme et ce sont les monuments ou cimetières militaires mais surtout une victoire australienne qui lui confèrent son intérêt.

monument hommage aux AustraliensPozières
monument en hommage aux Australiens

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A partir de Pozières, le vent sera défavorable pendant tout le reste du parcours et la prise au vent des sacoches durcit considérablement l’étape. Le ciel gris et toujours les mêmes paysages de cultures céréalières ne me motivent pas pour sortir l’appareil photo.

Après cinquante kilomètres d’effort, j’arrive à Naours, deuxième site BPF où je pense visiter la cité souterraine. Pas de chance, hors-saison touristique c’est fermé le lundi. Tout étant fermé dans ce village le lundi, je me rends à la mairie pour obtenir le tampon validant mon passage. Il est près de midi. Je me renseigne sur les possibilités de restauration dans les environs car ça fait un moment que je sens un manque de forces dans les jambes pour appuyer sur les pédales. On m’indique un restaurant dans une pisciculture à six kilomètres sur ma route.

Je file vers ce lieu salvateur. Il faut dire qu’hier soir, si j’ai passé une bonne soirée avec le ch’ti je n’ai mangé que deux saucisses et deux brochettes de lard. Il était donc impératif de refaire le plein. Quelques gouttes de pluie font leur apparition au moment où j’arrive au restaurant. Je m’y arrête pendant une heure. Les prix sont tout à fait corrects et j’en profite pour manger un potjevlesch, cette terrine composée de viande cuite dans la bière (comme dans pratiquement tous les plats) et mise en gelée. Normalement on associe ça avec des frites (bien-sûr ! ) mais je choisis plutôt des pâtes, carburant mieux adapté à ma situation.

J’ai oublié de photographier l’excellente crème brulée maison prise au dessert.

Il ne me reste plus que neuf kilomètres à faire pour rejoindre l’hébergement que j’ai réservé hier. Il ne pleut plus. C’est une formalité et une fois de plus j’ai fait une étape sans me mouiller.

Il n’y a pas beaucoup de campings dans cette région et je dois composer mes étapes en fonction des possibilités d’hébergement. Demain, je quitte provisoirement le département de la Somme pour aller rendre visite aux ch’timis du Pas de Calais.

PS : on m’a signalé des problèmes pour visualiser en taille réelle les photos en miniatures. Effectivement, j’avais oublié pour un certain nombre d’entre-elles d’activer les liens vers la grande image. J’ai profité de mon après-midi pour rectifier tous les articles mis en ligne depuis mon départ.

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Jour 14

Je décolle très tôt ce dimanche matin et il fait déjà bon. C’est le premier matin où je peux partir en manches courtes. Le profil des quarante premiers kilomètres ressemble à celui d’hier avec néanmoins des côtes plus douces. Les vingt-cinq kilomètres suivants sont beaucoup moins accidentés. Les cultures betteraves et champs de blé seront le décor principal. Dans les villages, les églises ont changé d’architecture.

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J’avais prévu de m’arrêter à Peronne où il y a deux campings ouverts. J’y arrive au bout de soixante-deux kilomètres mais il n’est qu’onze heures quinze. Je regarde attentivement ma feuille de route et vois qu’il y a deux campings à Bray-sur-Somme situé vingt-trois kilomètres plus loin. J’achète à manger et pique-nique près de la place centrale où il y a grande animation. Le Paris Roubaix catégorie espoirs va partir dans l’heure qui suit de Péronne. La présentation de tous les coureurs et des personnalités présentes au départ par le speaker s’éternise et le public n’est pas très démonstratif.

Je téléphone au camping pour savoir s’il est ouvert. Personne ne répond, ce qui est normal pour un dimanche. Sur mon téléphone, je consulte le site internet de la commune et vois qu’il est ouvert. Je repars donc l’esprit tranquille.  J’ai un peu de mal à trouver la voie verte à la sortie de Péronne. Je commence à la suivre mais le revêtement se dégrade très vite. Des pêcheurs ont posé leurs cannes au milieu de la voie. Je n’ai pas la place de passer sans rouler sur les cannes et le rapport de forces ne m’est pas favorable. C’est de mauvaise grâce qu’ils les déplacent suite à ma demande insistante.

 Je quitte cette voie dès que possible et j’ai encore quelques bosses à franchir. Un vent violent s’est levé et je l’ai dans le nez sur les vingt derniers kilomètres. J’arrive à Bray-sur Somme, très fatigué et bien déshydraté par la chaleur étouffante.

Je me rends au camping municipal et là c’est le coup de grâce : aucun emplacement pour les tentes. Que des mobiles-home et les sanitaires sont privatifs, réservés exclusivement aux occupants des mobile-home qui ont chacun un jeu de clés donnant accès.

Heureusement, un Ch’ti me voyant errer dans le camping, m’invite à planter discrètement ma tente derrière son mobile-home. Il me paye une bonne bière, me passe les clés des sanitaires et m’invite à partager un barbecue le soir. Il me dit que l’autre camping est fermé. Je suis sauvé car je ne me voyais pas faire vingt-trois kilomètres de plus pour rejoindre le prochain camping.

Je ne garderai pas un bon souvenir de ce BPF et de mon entrée dans le département de la Somme (contrairement à ma découverte de la baie de Somme lors de mon tour de la France en 2011) : l’église est certes imposante mais je ne la trouve pas particulièrement belle. La commune est placée à proximité d’une voie verte et ne fait pas d’effort pour l’accueil des cyclistes. Un des intérêts de ce BPF réside aussi dans les cimetières britanniques à proximité  car nous sommes sur les terrains d’affrontement de la bataille de la Somme. Cela fait déjà plusieurs jours que je passe près de cimetières allemands, américains … L’Oise et l’Aisne ayant  aussi connu des combats mais je ne m’y attarde pas ayant déjà fait des visites lors de la semaine fédérale de Verdun où dans d’autres occasions. Il y a  un lavoir  qui semble valoir le détour mais je ne l’ai pas vu en passant, accablé par la chaleur. Les étangs, je les ai côtoyés cet après-midi et le camping est situé au bord de l’un d’entre-eux.

église de Bray-sur-Somme

Finalement une journée qui se termine bien grâce à un Ch’ti chaleureux (conforme à leur réputation).
C’est avec la connexion de mon téléphone que j’ai réussi à rédiger ce compte-rendu.

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Jour 13

Il fait à peine 15°C lorsque je me mets en route. Je n’ai pas le temps de m’échauffer qu’il faut déjà grimper une côte à la sortie du camping. En fait toute l’étape sera une partie de saute-moutons. Pas de plat pour récupérer, des côtes longues et des descentes trop courtes ;)), un vrai toboggan ! C’est sous la chaleur, un peu avant midi, que j’arrive à Guise où j’ai prévu de m’arrêter.

Laon
Au loin Laon

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J’ai circulé toute la matinée, de villages en villages, au milieu de cultures pratiquement exclusives de céréales. Le colza est moins fleuri que dans la Beauce tandis que le blé, lui, est plus avancé (autre variété ?). Quelques rares champs de lin non fleuris ou de betteraves par-ci par-là, des coquelicots en bordure de cultures agrémentent un peu le décor.

A Guise, je vois que je suis entré dans la Thiérache française : à la boulangerie où je me ravitaille pour le repas de midi, je vois des tartes au maroilles. C’est sans hésitation que je substitue deux tartelettes aux jambon beurre où quiches, pizzas qui font mon ordinaire depuis le départ.

Après l’installation et la douche, je me rends à pied en ville pour visiter le familistère de Godin qui est le principal centre d’intérêt de ce BPF de Guise. Je choisis une visite guidée afin de mieux en connaitre l’histoire que je ne peux pas résumer ici (voir le lien ci-dessus pour se documenter). La vision sociale et avant-gardiste de Jean-Baptiste Godin, cet artisan puis industriel, en plein dix-neuvième siècle, suscite mon admiration. Je suis aussi très sensible au fait qu’il ait créé, vingt ans avant les lois de Jules Ferry, une école maternelle et une école primaire laïque pour les enfants de ses ouvriers. Aucun enfant ne travaillait dans l’usine.
Les logements étaient salubres, dotés du meilleur confort de l’époque. Piscine, buanderie, théâtre, magasins approvisionnés en produits sains faisaient partie des équipements de cette véritable petite ville ouvrière.

La visite commentée qui a duré environ quarante cinq minutes a expliqué l’histoire, la philosophie du familistère et de l’entreprise Godin. Ensuite, une visite libre des divers bâtiments comportant de nombreux panneaux expositions était proposée.

C’est paradoxalement en 1968,  que ce modèle d’auto-gestion a pris fin. L’utopie a pris fin quand l’entreprise a dû déposer le bilan et a été rachetée. Si elle a compté jusqu’à deux mille quatre cents ouvriers, il y en a encore environ trois cents qui continuent à fabriquer, pour le groupe Cheminées Philippe, les fameux poêles Godin.

Cet hiver, notre poêle Godin qui a environ quarante ans, ronflera pour nous rappeler l’histoire de ses ancêtres.

Pour mieux connaitre Jean-Baptiste Godin et ses écrits

A noter que Guise a vu aussi naître Camille Desmoulins un autre révolutionnaire.

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Jour 12

Aujourd’hui le beau temps est revenu et c’est une courte étape qui va me conduire jusqu’à Laon. C’est la première fois depuis le départ du voyage que j’ai eu chaud en pédalant. Les deux points d’intérêts de ce jour sont Coucy-le-Château et Laon. Jean- Marc m’a encore accompagné les vingt-deux premiers kilomètres puis il est rentré chez lui.

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Les ruines du château se dévoilent deux kilomètres avant d’arriver au bas de Coucy.

château de Coucy-le-Château
château de Coucy-le-Château

Jean-Marc m’ épargne un raidard pour monter au château en me faisant prendre une route un peu plus longue mais à la pente plus douce. Nous entrons dans le village par la porte de Soissons.

Le site mérite le label BPF et nous flânons autour des remparts, sur le chemin de ronde et dans les rues.

Nous repartons, il ne me reste plus qu’une petite trentaine de kilomètres pour rejoindre Laon. A Brancourt-en-Laonnois nous nous séparons et je me ravitaille à Anisy-le-Château avant de me lancer dans les dix-huit kilomètres qui me séparent de Laon.
J’arrive très tôt à Laon et après une bonne côte je passe pas très loin du camping situé en contrebas. Je décide de poursuivre l’ascension pour aller visiter la cité médiévale située dans la ville haute avant de redescendre au camping. La ville de Laon, pour sa partie la plus ancienne, est édifiée sur une butte-témoin qui domine la plaine environnante d’une centaine de mètres.

Faubourgs de la ville haute

J’arrive dans des rues pavées et poursuis ma visite vélo à la main

L’étape est courte car il n’y a pas de possibilités d’hébergements sur les soixante kilomètres suivants que je parcourrai demain pour m’arrêter à Guise (prononcer [ɡɥiz] ). J’aimerais y arriver assez tôt afin de pouvoir visiter le familistère de Godin.

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Jour 11

Une longue étape de cent kilomètres. Ce matin, j’ai du mal à remettre la machine en route, le ciel est menaçant et l’idée d’avoir à avaler cent kilomètres me fait présumer une journée galère. Quelques courtes averses qui s’arrêtent aussitôt, obligent à mettre la veste de pluie et provoquent de multiples arrêts.

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En partant, je fais un petit détour pour aller voir les ruines du château Renaissance de Fère-en-Tardenois.

ruines du château de Fère-en-tardenois
ruines du château de Fère-en-tardenois

Je rejoins très vite la route de Soissons qui n’est guère intéressante. C’est une succession de plats, de montées et de descentes au milieu des cultures de céréales ou de betteraves. Pas un village pour rompre la monotonie. Cela dure ainsi pendant trente kilomètres. Je traverse Soissons où il n’y a aucune animation, aucun commerce ouvert ce jeudi de l’ascension. Pas de boulangerie pour acheter le casse-croute de midi. Je m’arrête photographier l’abbaye Saint-jean-des-Vignes avant de reprendre ma route.

Une petite route, traversant enfin des villages dans la vallée de l’Aisne me conduit jusqu’à Vic-sur-Aisne où je trouve de l’animation et un café ouvert. Il est presque midi, j’ai fait quarante cinq kilomètres aussi je décide de m’arrêter manger un sandwich au bistrot n’ayant pu acheter de victuailles auparavant .

le donjon de Vic-sur-Aisne
le donjon de Vic-sur-Aisne

C’est à ce moment là que je vois arriver Jean-Marc Lefevre, un autre cyclo membre du Club des Cent Cols mais aussi grand randonneur et voyageur à vélo. Ce soir, je suis invité chez lui. Il habite à Chauny dans l”Aisne et nous ferons ensemble les cinquante cinq kilomètres qui nous séparent de son domicile. Les paysages sont plus variés bien qu’ils ressemblent à ceux d’hier.

campagne de l’Aisne (sœur jumelle de celle d’hier)

Le temps passe beaucoup plus vite car sur des routes sans circulation nous pouvons rouler à deux de front et deviser. Cet après-midi la forme est revenue et c’est sans fatigue excessive que j’arrive à boucler cette étape, la plus longue depuis le départ.

Quelques photos prises par Jean-Marc

C’est très tard que je mets en ligne cet article car la soirée a été variée : d’abord, une visite du musée du vélo de jean-Marc où l’on peut voir un grand bi, des vélos du début du XXe siècle et de magnifiques randonneuses ainsi que de nombreuses photos et les attestations des nombreux raids à vélo effectués par ce baroudeur, puis une excellente soirée qui s’est prolongée fort tard autour d’un excellent repas préparé par Monique l’épouse de Jean-Marc (le foie gras artisanal du Périgord était succulent tout comme la suite du repas et le côtes du Buzet) .

Encore un accueil chaleureux et une soirée qui laissera de bons souvenirs de ce voyage. Merci à mes deux hôtes.

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Jour 10

Une étape casse-pattes qui s’est déroulée sous une température idéale. Les douze kilomètres depuis la sortie de Compiègne jusqu’à Pierrefonds n’ont pas été très agréables : une ligne droite, en forêt, avec une circulation assez dense et des voitures lancées à vive allure. La répétition de côtes à gravir a abouti à une dénivelée cumulée de l’étape significative.

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C’est donc à partir de Pierrefonds, site BPF que l’étape devient intéressante. J’aperçois le château et essaye de trouver des angles pour photographier le château médiéval reconstruit par Viollet-le-Duc au xixe siècle. Ce n’est pas évident en ville avec toutes les constructions et la végétation.

Château de Pierrefonds
Château de Pierrefonds

Ce château a servi fréquemment de lieu de tournages de films ou de séries télé : Le Bossu, Peau d’Âne avec Catherine Deneuve, Papy fait de la résistance, Les Rois Maudits…
Je monte au château et circule dans le parc , vélo à la main. A neuf heures du matin, il n’y a personne et je peux prendre mon temps. Le monument est tellement imposant que je n’ai pas assez de recul pour le photographier dans son ensemble.

Je repars pour Longpont, site BPF de l’Aisne. Je traverse quelques villages, roule au milieu de cultures, de quelques prairies sur des routes alternant longues montées douces et courtes descentes.

A midi, j’arrive à Longpont dont le centre d’intérêts est son abbaye cistercienne en partie détruite. L’entrée dans le village se fait par une belle porte.

Je me restaure à Longpont et discute très longtemps avec l’hôtelier (hôtel de l’abbaye) qui connait bien la Savoie et doit s’y rendre la semaine prochaine pour un mariage. Il s’occupe de la décoration. Il est temps de repartir pour Fère-en-Tardenois, terme de l’étape où j’ai réservé un chambre d’hôtes. Il n’y a pas de camping avant Soissons, situé vint-sept kilomètres plus loin.

Fère-en-Tardenois est un site BPF. Sa halle aux grains est immense. A proximité il y a un cimetière américain et les ruines d’un château Renaissance. Demain, je ferai un petit détour pour aller voir ces ruines.

L’arrivée au gîte assez tôt m’a permis de faire une petite sieste et de récupérer un peu de cette étape éprouvante. Ci-dessous quelques photos du gîte et de son environnement prises ce soir.

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Jour 9

La journée de repos a été consacrée à la recherche d’un vélociste compétent pour régler mon changement vitesse Rohloff puis l’après-midi je suis allé allé à la Clairière de l’Armistice où j’ai visité le musée.
Ce matin, j’ai pris une grosse averse sur le dos alors que je me rendais chez un deuxième vélociste, le premier n’ayant pas pu me dépanner. Le deuxième n’a pas pu me dépanner non plus et a diagnostiqué un problème au niveau de la poignée de commande. Je vais donc devoir terminer mon voyage sans les deux plus petits développements.

Revenons à la visite du musée. J’ai attendu la fin des orages pour m’y rendre, la clairière étant située à 7 km de Compiègne. J’ai passé environ deux heures dans le musée à réviser mon histoire de France.
Dans la première salle du musée est installée une réplique du wagon où furent signés l’armistice du 11 novembre 1918 et celui du 22 juin 1940 où Hitler humilia la France.

Une animation sonore bien réalisée relate la chronologie de la signature de l’armistice de 1918. Les autres salles d’exposition montrent des photos, des armes, des tableaux et des documents d’époque. On suit un parcours où de nombreux panneaux et quelques montages vidéos retracent les évènements de ces deux guerres. Comme lors de mes visites des sites de la guerre de 14-18 à la semaine fédérale de Verdun, où des plages du débarquement lors de mon tour de France, ce sont des sentiments contrastés qui m’ont envahi. Partagé entre l’admiration pour les sacrifices de tous les soldats et de l’amertume pour la folie des hommes qui a conduit à des véritables carnages, a brisé des vies, des familles…

Elles n’ont pas été oubliées dans la rétrospective :

Document première guerre mondiale

Et pourtant il a fallu attendre le 21 avril 1944 pour que les femmes obtiennent le droit d’être électrices et éligibles, comme les hommes. 

Voilà une journée bien employée où j’ai tout de même effectué trente et un kilomètres de vélo pour ces différentes activités. Demain, je reprends la route pour une étape d’environ quatre-vingt kilomètres.

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Jour 8

Ce soir, Je ne serai pas très disert car je suis arrivé tardivement au terme de l’étape. Une longue halte à midi chez un couple de grands randonneurs Cent Cols du côté de Creil et un portail fermé à clé à mon arrivée dans un Airbnb ne m’ont permis d’être opérationnel pour narrer le récit de cette riche journée qu’à dix-neuf heures. Il me reste encore à préparer le dîner.
Hier soir, j’ai décidé de modifier mon parcours en passant par Compiègne afin d’essayer de trouver un vélociste pour régler mon changement de vitesses.

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Vidéo générée par l’application Relive, alimentée par Strava

Le ciel est encore un peu chargé ce matin mais la température est meilleure que celles aux départs des jours précédents. Il fait 19°C. Juste après le départ, je reçois un coup de téléphone de Guy Garcin, membre régional du Club des Cent Cols qui propose de rouler avec moi cet après-midi.

Ambiance de départ dans le Vexin

Contrairement aux deux derniers jours, il n’y a pas d’échauffement. Ce sont tout de suite des côtes qui se présentent. Ces côtes présentent des pourcentages plus raisonnables que celle rencontrées aussi dans le Vexin, entre Cergy et Giverny en 2016

Images du Vexin

Après 30 km de routes vallonnées, j’ai déjà une dénivelée positive conséquente. C’est à ce moment-là qu’arrive à ma rencontre Roger Dewulder. Il a été prévenu par Guy et je suis invité à déjeuner chez lui, moyennant un petit détour de deux kilomètres.

Roger, avec sa femme Ghislaine, sont tous deux membres du Club des Cent Cols et randonneurs au long cours. Ils ont fini la collection des BPF et en recommencent une nouvelle. Ils ont aussi effectué des diagonales en tandem.

Les vingt kilomètres qui nous séparent de son domicile passent très vite avec un tel compagnon de route. Nous arrivons à midi pile et Ghislaine ainsi que Guy nous attendent.

Ghislaine et Roger sont des Chtis exilés dans l’Oise. Au menu il est prévu des frites. Elles se révéleront très savoureuses grâce à la sélection des pommes de terres et le savoir faire de Ghislaine. Nous discutons beaucoup et c’est à regret qu’il faut nous séparer, ayant encore plus de quarante kilomètres à effectuer pour terminer mon étape.

Cet après-midi, Guy a pris le relais de Roger pour m’accompagner. Les treize premiers kilomètres dans une zone urbanisée (nous ne sommes qu’à cinquante kilomètres de Paris) ne sont guère intéressants. La conversation de Guy, en revanche, l’est beaucoup plus et permet d’avaler les kilomètres sans ennui. Les derniers kilomètres sont mêmes très agréables sur la belle voie verte au bord de l’Oise. Arrivé au centre de Compiègne, Guy fait demi-tour et je rejoins le logement que j’ai réservé.

J’arrive au gîte et trouve le portail fermé à clé alors qu’il devait être ouvert. Malheureusement un autre locataire avait fermé le portail contrairement aux consignes laissées par la propriétaire. Je n’arrive pas à la joindre au téléphone et finalement après une heure d’attente devant le portail, le téléphone sonne et la propriétaire me donne les instructions nécessaires à la prise de possession de ma chambre.

hôtel de ville de Compiègne

Après cette belle journée, riche en rencontres, demain, la pluie est annoncée. Je vais en profiter pour essayer de faire réparer mon vélo et peut-être prendre une journée de repos bien que je sois en pleine forme. En fonction du temps pris par la réparation et en fonction de la météo, je vais essayer d’aller visiter la clairière de l’Armistice de Rethondes  où se trouvait le wagon dans lequel ont été signés l’armistice du  entre la France, ses alliés et l’Allemagne, puis l’armistice du 22 juin 1940 entre la France et le Troisième Reich.

Un grand merci à Ghislaine, Roger et Guy pour leurs attentions qui feront de cette journée un excellent souvenir.

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Jour 7

Après une bonne nuit de récupération, je me mets en route sous un léger crachin. La température est toujours fraiche, 12°C et le vent souffle. Il va m’être favorable jusqu’à Louviers, situé à une vingtaine de kilomètres et faiblira par la suite. L’étape s’est déroulée sous un ciel menaçant toute la journée.

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A la sortie de Louviers, une bonne côte se présente. Je mets les plus petits développements et j’ai la mauvaise surprise de constater que mon changement de vitesse est désindexé et que je n’ai plus que onze rapports possibles au lieu de quatorze. Il va falloir passer chez un vélociste quand j’en trouverai un sur ma route. Cette côte m’amène sur “les Monts” d’où j’ai une vue aérienne sur la Seine.

Je descends par un sentier (1km) pour rejoindre une petite route au bord de la Seine que je vais suivre sur une petite dizaine de kilomètres. Aucune circulation sur cette route, des voitures de pêcheurs sont déjà stationnées.

Je quitte à regret cette petite route bucolique pour en rejoindre une plus importante où les voitures roulent à vive allure. Cette route me conduit rapidement aux portes des Andelys, site BPF de l’Eure.

Château Gaillard et pont sur la Seine aux portes des Andelys
Petit Andelys vu depuis le pont sur la Seine

Je rentre dans la ville et trouve beaucoup d’animation et de circulation. Je suis un peu “étourdi” par toute cette agitation car depuis mon départ je n’ai roulé que sur de petites routes tranquilles. Beaucoup de monde autour de l’église de petit Andelys.

Je file au grand Andelys et j’y trouve aussi beaucoup de monde et de circulation. J’avais prévu d’y faire éventuellement étape car il n’y aura plus de camping ouvert sur ma route pendant cent cinquante kilomètres. Mais n’ayant fait que quarante cinq kilomètres et ne ressentant pas de fatigue musculaire, je décide de poursuivre ma route et de dormir à l’hôtel. J’ai un peu de crainte pour la suite de l’étape car je dois emprunter une route à grande circulation sur une quinzaine de kilomètres. C’est dimanche, il n’y aura donc pas de camions et finalement peu de circulation.

église à Harquency, encore un édifice religieux impressionnant

 L’étape se poursuit sur des routes champêtres. Une voie verte sur quelques kilomètres m’amène à Gisors où  j’ai encore vu quelques maisons à colombages .

Je viens d’entrer dans le Vexin et ses routes vallonnées. Les jambes étaient lourdes en fin de parcours et j’ai vu arriver avec soulagement la fin de l’étape. J’ai quitté la Normandie pour l’Ile-de-France peu avant l’arrivée.

Hier, pour ma dernière soirée en Normandie, avant d’y retourner dans trois semaines, je me suis offert un excellent cidre normand.

Ce soir, c’est un comble : j’ai une chambre conçue pour une personne à mobilité réduite alors que j’ai l’impression d’avoir déjà pas mal avancé !

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Jour 6

Ce matin, je suis réveillé à 5 h 30 par les oiseaux qui ont élu domicile dans la haie derrière laquelle j’avais planté la tente à l’abri du vent.

A 7 h 15, je suis prêt à décoller. Il fait frais à peine 12°C et il y a un peu de brouillard. Le soleil n’a guère été généreux aujourd’hui ; d’abord masqué par le brouillard puis jouant à cache-cache avec les nuages.

ambiance des premiers kilomètres

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Les vingt-cinq premiers kilomètres sont avalés rapidement. Le profil est légèrement descendant et la luminosité n’incite guère aux arrêts photos. Arrivé à Serquigny, je m’arrête prendre la photo de l’église qui a une architecture sobre que je n’avais pas encore rencontrée. La Risle qui va recevoir les eaux de la Charentonne, rencontrée hier à Broglie, fait aussi l’objet de clichés.

Il est à peine neuf heures trente lorsque j’arrive à Beaumont-le-Roger, site BPF de l’Eure. J’ai déjà fait presque la moitié de l’étape que j’ai prévue. Peu pressé, je prends le temps de me restaurer à la boulangerie et de flâner un peu dans les rues.

Je reprends la route pour rejoindre Brionne, second site BPF de la journée. Je longe la Risle que je ne vois pas souvent, cachée par les arbres ou les bâtiments des quelques villages traversés. Il est à peine onze heures quand j’arrive à Brionne et là aussi je prends le temps de me promener dans les rues, vélo à la main.

J’ai du temps devant moi car pour ce soir j’ai réservé un Airbnb afin de récupérer un peu mieux de la fatigue accumulée ces quinze derniers jours. La chambre ne sera disponible qu’à partir de seize heures. Je décide de me restaurer ici à Brionne. J’apprécie particulièrement le plaisir simple d’un petit sandwich jambon beurre fromage accompagné d’une mousse avant de m’élancer pour les dix huit kilomètres restants.

La sortie de Brionne est raide mais ensuite je roule sur un plateau avant de rejoindre une voie verte sur une dizaine de kilomètres qui va me conduire jusqu’au Neubourg terme de l’étape. Malgré le temps mitigé, l’étape a été agréable par les paysages et architectures rencontrés.

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Jour 5

Il a plu une bonne partie de la nuit. Ce matin, le départ se fait dans le brouillard et la température est de 12°. Le ciel se dégage vite et laisse la place a un beau ciel bleu mais il a fait frais toute la journée. Le vent s’est levé en début d’après-midi et était défavorable ce qui a durci considérablement la fin de l’étape.

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Avant de quitter la Ferté-Vidame, je prends une photo du château du duc de Saint-Simon mais sous le brouillard, elle ne donne pas grand chose.

Château de la Ferté-Vidame
Château de la Ferté-Vidame

Les jambes tournent bien sur la grande ligne droite d’une quinzaine de kilomètres qui me conduit à Verneuil-sur-Avre, site BPF de l’Eure. L’architecture y est complètement différente de celle des lieux visités les jours précédents. Je suis entré en Normandie.

Après avoir déambulé avec plaisir dans Verneuil-sur-Avre, je mets le cap vers le nord-ouest et trouve, juste après, les premières cultures normandes : plantation de pommiers et champs de lin.

champ de lin

Les paysages sont plus variés que ceux de la Beauce. Des bois succèdent à des prairies où j’aperçois mes premières vaches depuis mon départ. Quelques fermes jalonnent mon parcours alors que je n’en ai pratiquement pas vues en Beauce.

A partir de La Neuve-Lyre, je retrouve de grandes lignes droites au milieu de cultures céréalières sur une vingtaine de kilomètres. Puis une descente raide m’amène au village de Broglie situé dans une cuvette dont il faudra ressortir par une rude montée.

La Charentonne à l’entrée de Broglie

L’architecture à Broglie est encore complètement différente.

rue à Broglie

Encore une petite dizaine de kilomètres et je rentre dans le Calvados juste avant Orbec, site BPF, terme de l’étape. Avant de rejoindre le camping situé sur les hauteurs, je descends visiter le village.

Après cette visite, je remonte par un côte très pentue jusqu’au camping. Le camping a ouvert aujourd’hui et j’y suis tout seul.
Demain, je mettrai le cap à l’est pour un bon moment, j’espère que le vent qui m’a fait souffrir aujourd’hui sera présent pour me pousser.

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Jour 4

Un départ à la fraîche, température 12° qui montera progressivement à 25°. Encore une étape qui s’est déroulée entièrement sous le soleil.

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Premier objectif, le BPF de Gallardon situé à six kilomètres de mon lieu d’hébergement. C’est relativement plat et j’y arrive rapidement. A l’approche du village on aperçoit la tour dite de l’Épaule qui est la curiosité à découvrir.

l’Épaule

Dans le village, il est très difficile de la photographier car les habitations la cachent partiellement ou totalement. Je ne peux pas accéder au pied car il y a des marches d’escalier à grimper qui sont infranchissables avec mon vélo chargé. Je cherche un angle et finalement je n’arrive à photographier que le sommet qui ne donne pas une idée de la taille impressionnante de l’ouvrage.

Je repars direction Maintenon, deuxième site à visiter. Une lecture attentive de la carte Michelin, me montre une petite route blanche, bordée de vert, qui m’avait échappé lors de ma préparation du parcours. Elle est parallèle à celle que j’avais prévu mais passe de l’autre côté de la Voise. Je choisis de la suivre. Elle se révèle ombragée et très agréable sans circulation.

J’arrive à Maintenon en passant sous l’aqueduc inachevé commandé par Louis XIV pour alimenter Versailles mais dont la construction a été interrompue pour financer la guerre.

Je me rends au château. Les grilles sont fermées mais un petit groupe arrive avec un employé du château. Je me renseigne sur les possibilités de visite : ce n’est pas possible à ce moment là, l’employé m’invitant à consulter le site internet. Il me laisse néanmoins pénétrer à l’intérieur, juste le temps de prendre une photo.

Château de Maintenon
Château de Maintenon

Je me remets en route et retrouve pendant une vingtaine de kilomètres le même genre de paysage qu’hier. Je ne roule plus dans le même département et visiblement le comité départemental du tourisme d’Eure-et-Loir voire peut-être l’Europe ont pris en considération le cyclotouriste égaré dans cette partie de la Beauce. Des fonds ont certainement été débloqués pour inciter les céréaliers à varier leurs cultures : j’ai ainsi pu rouler en observant champ de colza à droite et champ de blé à gauche, auxquels succédaient champ de colza à gauche et champ de blé à droite, puis champ de blé à droite et champ de blé à gauche. Puis à nouveau champ de colza à gauche et champ de blé à droite … Quelques champs d’orge sans doute destinés à fabriquer quelque breuvage apprécié du cyclo égayaient le tableau. Tout ce qu’il fallait pour rompre la monotonie et tromper l’ennui !

au loin, Châteauneuf-en-Thymerais

Les trente derniers kilomètres ont été plus variés alternant forêts, cultures et quelques étangs.

Etang de la Benette peu avant la Ferté-Vidame

Même si l’étape a été plus courte que les précédentes, j’arrive bien fatigué au camping. L’arrivée tôt dans l’après-midi devrait me permettre une bonne récupération.

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Jour 3

Une grande traversée de la Beauce sous un grand soleil.

Jacques et Nicolas m’accompagnent encore ce matin. Nous allons d’abord nous rendre à Malesherbes, site BPF du Loiret. Ce sera mon dernier BPF du département du Loiret.

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Nous prenons de petites routes au milieu des champs de céréales puis rejoignons la petite vallée de l’Essonne à partir d’Aulnay-la-Rivière. L’Essonne naît de la confluence de deux petites rivières : la Rimarde et l’Oeuf.

moulin au confluent de la Rimarde et de l’Oeuf

Nous longeons l’Essonne jusqu’à Buthiers où nous pouvons voir les beaux rochers érodés semblables à ceux de Fontainebleau (tout proche).

rochers de Buthiers

Puis nous grimpons à Malesherbes. Ce BPF est une déception pour moi. Le château est inaccessible et le seul intérêt est celui des rochers du massif de Buthiers-Malesherbes. Personnellement, je trouverais plus d’intérêt de placer un BPF à Yèvre-le-Châtel que j’ai pu visiter hier soir en allant au restaurant à Pithiviers.

Nous quittons rapidement Malesherbes et pénétrons dans la Beauce. Jacques et Nicolas roulent avec moi pendant encore une quinzaine de kilomètres avant de rentrer chez eux.

Paysage de la Beauce

Je poursuis ma route toujours au milieu des champs de céréales, avec de nombreux châteaux d’eau en ligne de mire. Il y a peu de photos à prendre dans ces paysages monotones.

 

étang et iris en Beauce

L’après-midi, le vent qui était légèrement favorable ce matin a tourné et je l’ai souvent de face. Le parcours devient plus difficile. La Beauce n’est pas toute plate et j’arrive à destination assez fatigué par les successions de petites bosses et la distance conséquente de cette étape. Heureusement que les températures étaient idéales pour rouler.

Ce voyage comme les précédents a commencé sous le signe de l’amitié. Je remercie ceux qui ont fait un bout de route avec moi le premier jour ainsi que Jacques et Nicolas pour leur accueil, l’hospitalité qu’ils m’ont accordée et leur gentillesse.

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Jour 2

La nuit a été bonne et c’est bien reposé que je repars pour une étape axée sur le patrimoine architectural. Le ciel est bleu, la température est de 17°. Le parcours se déroulera dans sa première moitié le long de la Loire puis dans les plaines du Gâtinais.

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Je rejoins très vite la piste cyclable qui permet de traverser facilement Orléans sur les quais de la Loire. J’aperçois les tours de la cathédrale et décide de remonter dans la ville pour aller la voir de plus près.

A la sortie d’Orléans, après avoir retraversé la Loire, l’itinéraire “la Loire à vélo” n’est pas très bien fléché et je finis par le rejoindre assez rapidement après être passé par de petits chemins dans le parc de loisirs. Je vais pédaler pendant près de 35 km sur des levées au-dessus de la Loire. Je rencontre très peu de vélos sur cet itinéraire très fréquenté habituellement. Ce n’est pas encore la saison.

Suivant les conseils avisés de Maryvonne, après une trentaine de kilomètres au bord de la Loire, je me détourne de l’itinéraire prévu pour aller voir l’oratoire carolingien de Gernigny-des-Prés.

Je poursuis ma route jusqu’à St-Benoît-sur-Loire, site BPF du jour. C’est l’abbaye bénédictine, appelée également abbaye de Fleury qui est la curiosité à visiter. Je ne peux voir que l’extérieur et ne peux photographier l’intérieur car il y a une messe qui s’y déroule.

Après m’être restauré sur la place de l’abbaye, je quitte les bords de Loire et mets le cap au nord. Ce sont d’abord cinq kilomètres de plat face au vent au milieu de champs de blés qui m’amènent dans la forêt domaniale d’Orléans.

Champ de lin (une parenthèse au milieu des champs de blé)

Je roule en forêt pendant une quinzaine de kilomètres et peu avant Sury-aux-Bois, Jacques Leguay et son fils, tous deux membres du club des Cent Cols arrivent à ma rencontre. Jacques était venu me chercher au camping de Provins, lors de mon voyage 2016 alors que les routes étaient coupées par les inondations. Nous avions fait connaissance à ce moment là. Ce soir je suis invité dans sa résidence secondaire à Boynes. Nous filons jusqu’à Nesploy puis Jacques me propose un léger détour pour aller voir le château de Montliard.

Château à Montliard

Une dernière halte à Boiscommun pour visiter l’église et nous filons à Boynes terme de cette longue étape.

Ce soir, nous sommes allés manger au restaurant à Pithiviers. Un petit détour par Yèvre-le-Châtel, plus beau village de France permet de voir que ce label n’est pas usurpé. J’essayerai de publier les photos demain.

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Jour 1

Ce matin départ en voiture de La Motte-Servolex, pour rejoindre Mer. Après avoir eu la pluie pratiquement tout le long du trajet, j’arrive à Mer vers 12h30 où je suis accueilli par Jean-Pierre Cancé, grand cyclotouriste, et son épouse. Nous déjeunons ensemble et vers 14h45 Jean-Pierre m’accompagne sur la place du cimetière où j’ai rendez-vous avec les altigériens Francine et Claude Mabillot qui sont en vadrouille dans la région. Ils m’avaient contacté la veille.

prêts au départ


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Le temps est couvert mais il ne pleut pas, il fait 16°. Claude et Francine m’accompagnent jusqu’à Baugency, site BPF déjà visité lors du voyage 2018. L’éclairage n’est pas terrible et je m’abstiens de faire des photos qui seront moins lumineuses que celles de l’an dernier.
Voir photos prises l’an dernier

Je laisse mes compagnons. Je traverse la Loire, ce fleuve que j’avais côtoyé de nombreuses fois pour le quitter au mont Gerbier-de-Joncs lors de mon voyage 2018. Puis, par de petites routes, je rejoins mon second site BPF du Loiret : Cléry-Saint-André.

basilique de Cléry-Saint-André
basilique de Cléry-Saint-André

La basilique Notre-Dame de Cléry contient le tombeau de Louis XI. Une partie de la façade est en restauration et je n’ai pas suffisamment de recul pour pouvoir photographier l’ensemble de l’édifice.

Devant la basilique, je retrouve Maryvonne Terrier, centcoliste de la région. Elle est accompagnée par une amie de 91 ans qui est venue en tandem avec elle depuis Orléans. Elles ont préparé un thermos de café qui nous réchauffe un peu car il fait frisquet et quelques gouttes d’eau commencent à tomber.

Mais cela ne dure pas et nous reprenons la route. Mes deux pilotes me guident allègrement vers Orléans par l’itinéraire de “la Loire à vélo”

Cette demie étape comportait peu de relief et a constitué une bonne mise en jambes. Ce soir, c’est la fatigue accumulée ces derniers jours (nuit sur le bateau, trajet Marseille La Motte puis la Motte Mer) qui ne me permet pas d’être plus loquace.

A demain

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Présentation

Cyclotouriste adepte des voyages itinérants et de randonnées en montagne, j’ai conçu ce site pour que mes amis puissent me suivre lors de mes voyages.

En 2011, j’ai réalisé un tour de la France de 7500 km passant au plus près des côtes et des frontières. C’était mon premier voyage si long en solo. Les commentaires journaliers laissés sur mon site par les amis ou la famille m’ont porté tout au long de ce voyage. On  a parlé de ce voyage sur France Bleu Pays de Savoie.

Au  printemps 2014, avec un ami (Gérard Fillion-Robin) nous avons   réalisé la  randonnée permanente du Club des Cent Cols, la Divisoria : Cent cols sur la ligne de partage des eaux Atlantique Méditerrannée (Espagne).
Après avoir roulé une quarantaine de kilomètres au Maroc, nous avons traversé l’Espagne du sud au nord, depuis Tarifa jusqu’à Saint-Jean-Pied-de-Port.

A partir de 2016, mes voyages sont consacrés à la découverte des richesses du patrimoine de la France (histoire, paysages, gastronomie, œnologie…). Mon objectif  de réaliser, dans les années qui vont suivre, le Brevet de cyclotourisme national (BCN) décerné après avoir roulé dans tous les départements de la France métropolitaine sera atteint en 2018. En 2016, j’ai effectué mon premier voyage itinérant en cyclo-camping et j’ai récidivé en 2017 et 2018.
Et maintenant à partir de 2019, je vais continuer à explorer la France mais encore plus “intimement”. C’est à dire que j’explorerai encore plus en profondeur les départements visités en essayant de collectionner tous les sites remarquables du Brevet des Provinces Françaises (BPF) qui me manquent. Il y a 534 BPF en France (6 sites par département) et il m’en reste encore 180 à visiter.

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Jour 44

Si hier soir j’ai passé une excellente soirée avec Chistiane et Alféo, il n’en a pas été de même pour la nuit. Le camping de Tain est situé à côté de la nationale 7 et le bruit des camions ou motos n’a cessé de me réveiller.

La vidéo du parcours de l’étape

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A six heures moins le quart, je me lève, me prépare et décolle vers 7 h. Il fait déjà chaud. Le départ n’est pas très agréable au milieu de la circulation au moment où les gens partent au travail. Après quelques kilomètres, j’emprunte une petite route au milieu des vignobles du Crozes-Hermitage et la circulation se calme. L’éclairage à contre-jour ne me permet pas de prendre de photos. Je peine et j’ai les cuisses dures dans les montées pas comme celles des grenouilles que j’ai mangées hier soir. Je quitte les vignobles pour rejoindre la vallée de l’Herbasse.

Je roule pendant 5 km sur la D67 qui n’est pas classée route à grande circulation mais qui est pourtant bien fréquentée par les voitures et camions. Le vent de face s’est levé et les lignes droites en faux-plats montants me paraissent très longues. J’arrive à St Donat-sur-l’Herbasse et laisse enfin  cette départementale pour monter à Barthenay, site BPF, sur une petite route bien ombragée. Le départ est assez raide mais le relief va s’adoucir et les sept kilomètres d’ascension seront très agréables. Avec la chaleur qui s’est installée, j’apprécie particulièrement la traversée sombre du bois de Sizay composé de chênes, de châtaigniers et de pins.

au sortir de la forêt, j’aperçois l’église de Bathernay

J’arrive à Bathernay et le village est désert. Je vais pour monter à l’église du onzième siècle mais il y a des escaliers infranchissables avec mon vélo chargé. J’aurais du prendre une petite route un peu avant le village ou une autre après le village. Il fait trop chaud et je renonce. J’ai tout de même le loisir de repérer une maison troglodyte avant de repartir.

Une descente rapide va me reconduire dans la vallée de l’Herbasse et sur la D67 que j’ai quittée dix kilomètres en aval. J’ai une dizaine de kilomètres à faire sur cette voie. La circulation s’est calmée sur cette route. En revanche, la route offre toujours le même relief de faux  plat-montant et de longues lignes droites.

sur la D67 après Crépol

Le vent ayant encore forci c’est laborieux jusqu’à St-Bonnet de Valclérieux où la route se redresse jusqu’au col de la Madeleine (493 m.). Il fait chaud mais je suis plus à l’aise dans l’ascension que sur les faux-plats la précédant.

en montant au col de la Madeleine

Arrivé au col, je m’arrête un moment pour essayer de reconnaitre les sommets du Vercors que j’aperçois au loin sous les brumes de chaleur.

vues depuis le col de la Madeleine

Il ne me reste plus qu’une quinzaine de kilomètres à faire pour terminer le voyage mais il me reste encore un BPF à visiter : St-Antoine-l’Abbaye. Une courte descente de trois kilomètres m’y conduit et je suis surpris par l’architecture imposante de l’abbaye.

l’abbaye bouche l’horizon en arrivant au village

Je monte à l’abbaye et visite le village.

Je pensais que ça allait descendre jusqu’à St-Marcellin mais une dernière côte d’un kilomètre peu après St-Antoine sera le dernier effort à fournir pour mettre un terme au voyage.

Après St-Antoine

J’arrive à St-Marcellin d’où j’avais prévu de rentrer en train. Hier, j’avais consulté le site internet de la SNCF et vu que tous les TER étaient supprimés. N’ayant pas envie de rajouter une étape dans ce voyage, étape qui n’aurait pas été une découverte, j’avais demandé à Marie-Françoise de venir me chercher. Elle était déjà en route à mon arrivée et une demi-heure après j’étais bien content de ne plus avoir à pédaler contre le vent et dans la chaleur pour me rapprocher de la maison (et non de l’écurie comme j’ai pu le lire 😉 )

Le soir, un autre comité d’accueil m’attendait :

Bouboule et Coquinette

Encore une belle aventure que ce voyage : un voyage différent des autres. J’aurais pu l’appeler voyage au fil de l’eau avec tous ces cours d’eau côtoyés, croisés qui ont donné leur nom à des départements : Yonne, Loir, Eure, Orne, Mayenne, Sarthe, Vienne, Indre, Creuse, Allier, Rhône. Avec cette Loire que j’ai traversée, retraversée, longée, perdue, retrouvée, descendue, remontée.

J’aurais pu aussi le nommer de châteaux en églises tant j’ai pu observer d’édifices. Ou bien encore de rencontres en rencontres avec tous les amis qui m’ont accueilli, qui ont fait un petit bout de route ou passé un petit moment avec moi,  qui m’ont encouragé via commentaires ou messages personnels…

Une riche expérience qui m’a permis de boucler mon tour de la France, autour et dedans ayant maintenant roulé à vélo dans tous les départements. J’ai déjà roulé à l’étranger mais il n’y a qu’en France que j’ai pu observer une telle diversité de paysages et surtout d’architectures régionales. Les prochains voyages seront consacrés à une découverte encore plus intime, plus en profondeur des différents départements. Ils seront aussi certainement plus courts.

Si dans mon Tour de France mon coup de cœur fut pour la Haute-Normandie, dans ce voyage c’est le département de la Haute-Loire qui en est le lauréat.

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Jour 43

Hier soir, un membre du Club des Cent Cols hollandais est arrivé au camping. Il arrivait des Vosges où il avait fait une partie de la randonnée permanente Cent Cols en Vosges. Il habite Aurillac et était sur le chemin du retour. Nous avons bien discuté et ce matin avant le départ je prends le temps d’échanger un peu avec lui et avec Michèle et André qui rentrent chez eux à Chabeuil par un autre itinéraire que le mien.

La vidéo du parcours de l’étape

(Possibilité de faire varier la vitesse de défilement de la vidéo en cliquant sur 1x en bas à droite du lecteur (0.75 recommandé). Pour afficher en plein écran cliquer sur les flèches en haut à droite)

Vidéo générée par l’application Relive, alimentée par Strava


Le vent est tombé pendant la nuit mais il fait encore frais, 12°C, au moment où je pars. Pour aller à St-Agrève, je commence par une longue montée en forêt où il n’y a pas de vue. Au-dessus du Chambon-en-Lignon, je prends la D185 pour éviter la D 103 plus fréquentée. J’arrive sur un plateau et je sors de la forêt. J’aperçois au loin, les monts d’Ardèche et Haute-Loire près desquels j’ai roulé hier.

sur la D185, entre Le Chambon-sur-Lignon et St-Agrève
au fond,on distingue le dôme du Mont-Gerbier de Jonc et le Mezenc

A partir de St-Agrève, j’entame une longue descente coupée par des faux plats pour me rendre à Lamastre. Le vent thermique qui remonte la vallée s’est levé, la température ayant bien augmenté. Je descends lentement car mon pneu arrière est bien usé et je crains d’éclater. Je l’avais changé au cours du voyage de l’an dernier et il a fait près de 4000 km sur un vélo très chargé.

Juste avant le village de Désaignes, alors que je m’arrête pour une “escale technique”, je suis contrarié par l’arrivée d’une voiture qui se gare juste devant moi. L’agacement ne dure pas : petite surprise, ce sont Francine et Claude Mabillot qui viennent me ravitailler “en vol”. Café, petits gâteaux et discussion à bâtons rompus nous occupent pendant plus d’une demie-heure. Nous contrôlons aussi de plus près l’état du pneu. Dr Mabillot, regarde attentivement et diagnostique une bonne usure mais pas de déchirure du pneu. Il terminera le voyage (le pneu pas Claude !).

Je repars, il fait chaud et le vent a forci m’obligeant à pédaler dans les descentes. Je roule dans la vallée du Doux mais j’ai peu de vues sur la rivière.

Désaignes, estampillé village de caractère
vallée du Doux

Quelques kilomètres avant Boucieu-le-Roi, je quitte la route principale pour aller cueillir un col. Jusqu’à Boucieu, la route est large mais je descends au bord du Doux, le traverse et roule sur une toute petite route étroite où je ne vois pas une voiture.

le Doux sous Boucieu-le-Roi

Je suis un moment la rivière. C’est relativement plat pendant quelques kilomètres bien qu’il y ait un ou deux raidillons très courts. J’arrive au pied du col qui est à un kilomètre. Il est court mais la pente varie entre 8 et 11%. Je redescends au bord du Doux et il va falloir franchir une dernière bosse pour rejoindre la route principale que j’avais quittée quelques kilomètres en amont.

dans les gorges du Doux

Je rejoins la route et retrouve le trafic automobile. André m’avait indiqué une petite route à prendre cinq kilomètres avant Tournon pour rejoindre directement l’ancienne via Rhôna à Tournon. Je manque l’embranchement et arrive à Tournon par la route principale et rejoins rapidement la nouvelle via Rhôna. Je franchis le pont réservé piétons-cyclistes sur le Rhône pour rejoindre Tain-l’Hermitage et tombe sur le piège que voulait me faire éviter André.

A la sortie du pont, il y a des chicanes qu’il est impossible de franchir avec un vélo chargé de sacoches ou ayant une remorque : un comble pour un itinéraire sensé être destiné aux voyageurs à vélo ! Je suis obligé d’enlever les sacoches pour sortir et agacé je ne vois pas la jonction qui permettrait de rejoindre le camping sur une voie verte longeant le Rhône. J’arrive sur la nationale 7 où il y a un gros trafic automobile et rejoins le camping qui heureusement n’est pas très loin.

Après la Loire, franchissement d’un autre fleuve : le Rhône

Après la magnifique journée d’hier, où j’ai pris plus de soixante-dix photos l’étape d’aujourd’hui m’a paru fade (11 photos prises). Demain, ce sera la dernière étape et j’espère que le franchissement des Monts de la Madeleine et la visite de St-Antoine-l’Abbaye seront plus photogéniques.

Maintenant place à la convivialité,  le repas au restaurant partagé avec Christiane et Alféo.

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Jour 42

Il fait frais au moment du départ. Le vent du nord souffle et va se renforcer dans la journée. Premier objectif, les sources de la Loire sous le Mont Gerbier de Jonc.


La vidéo du parcours de l’étape

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Vidéo générée par l’application Relive, alimentée par Strava

Ce sont quatre kilomètres de montée, à froid, qui nous attendent.

la Loire 4 km en contrebas de ses sources
le Mont Gerbier de Jonc pointe son nez
le mont Gerbier des Joncs
Il est là !

Nous cherchons la source mais il y en a plusieurs…

Est-ce la vraie, la véritable, l’authentique…?

Ensuite nous repartons et nous en prenons plein les yeux. Nous avons le temps d’admirer le paysage car le vent violent de face nous ralentit. Plutôt que d’écrire, je préfère décrire avec les nombreuses photos prises entre le Gerbier de Jonc et Les Estables. C’est peu avant les Estables que je franchis le point culminant de mon voyage à 1440 m d’altitude.

le Mont Gerbier de Jonc s’éloigne

Après les Estables, nous sommes sur un plateau mais il faut continuer à appuyer fort sur les pédales. Le paysage est toujours aussi ouvert.

Pour rejoindre St-Front et son lac, mes deux compagnons de route me proposent de passer par le village de Moudeyre. Le détour, en descente, en vaut la peine, c’est un très joli village avec ses maisons aux toits de chaume ou de Lauzes.

Ce détour se paye cher : pour rejoindre St-Front, nous empruntons une petite route, très pentue, non cartographiée sur la carte Michelin.

église de St-Front avec clocher à peigne

Après le pique-nique c’est encore une côte à franchir avant de redescendre sur le lac qui est dans un trou dont il va falloir à nouveau s’extraire.

le lac de St-Front

C’est toujours dans des paysages verdoyants que nous évoluons pour rejoindre Fay-sur-Lignon où nous nous arrêtons un moment pour aller voir le dyke volcanique.

Le dyke volcanique de Fay-sur-Lignon
Le dyke volcanique de Fay-sur-Lignon

Après Fay, le vent a encore forci et une longue montée rendue difficile dans ces conditions nous attend avant de descendre sur le Chambon-sur-Lignon.

Arrivés à Chambon, nous prenons une petite route relativement abritée du vent et rejoignons Tence sans difficulté. La journée a été dure avec une dénivelée cumulée conséquente mais très belle.

Demain, je roulerai seul pour retourner en Ardèche puis rejoindre la Drôme à Tain-l’Hermitage où je ferai étape. J’ai rendez-vous avec Christiane et Alféo Lotto, deux amis drômois pour aller manger ensemble au restaurant.

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Jour 41

Après la belle journée d’hier et l’excellente soirée chez Francine et Claude que je remercie chaleureusement me voilà reparti. Claude m’emmène au col du Rayol où nous avons rendez-vous avec Michèle et André qui vont m’accompagner pendant deux jours en Ardèche et Haute-Loire. Il fait beau aujourd’hui.

départ avec Michèle et André

La vidéo du parcours de l’étape

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Après avoir bu un dernier café préparé par Francine dans le camping-car, nous partons direction l’Ardèche où nous entrons quelques kilomètres après le départ. Le vent du nord nous pousse dans ces premiers kilomètres faciles. Nous commençons à apercevoir des sucs et le Mont Mezenc.

peu avant Coucouron (Ardèche)

Comme  nous sommes partis tard, nous pique-niquons après seulement dix-sept kilomètres à Lachapelle-Graillouse, sur la place de l’église.

l’égise de Lachapelle-Graillouse et son clocher à peigne.

Nous repartons direction le lac d’Issarlès, site BPF. Nous descendons jusqu’au Pont de la Borie où je retrouve la Loire que j’avais quittée du côté de Langeais il y a un peu plus de deux semaines.

Jusque là nous avons fait beaucoup de descentes et peu de montées. A partir du pont jusqu’à la fin de l’étape ça va être l’inverse.

La montée au lac d’Issarlès est un peu rude sur la digestion et il commence à faire chaud. Au lac, Michèle ne résiste pas à son envie de baignade et elle va piquer une tête malgré la fraîcheur de l’eau.

le lac d’Issarlès

Nous repartons pour une longue montée d’abord en forêt que nous quittons peu avant Le Béage. Il y a beaucoup plus de circulation qu’auparavant. Il devait y voir une concentration ou une randonnée de motos anciennes car nous croisons de nombreux motards et le bruit devient pénible à la longue.

Autour de Le Béage

Arrivés au Béage il ne nous reste plus que huit kilomètres à faire pour rejoindre Ste-Eulalie, à quelques kilomètre du Mont Gerbier de Jonc et des sources de la Loire, où nous avons prévu de faire étape . Quelques montées entrecoupées de courtes descentes et nous voilà arrivés au camping.

Après nous être installés, nous montons au village pour voir le jardin botanique dans lequel on trouve bien sur un jardin mais aussi des cabanes pour exposer les différents habitats de la région : cabanes à toit de chaume ou à toit en lauzes.

Nous retournons au camping d’où j’aimerais rédiger mon article du jour mais il n’y a pas d’internet. La gardienne du camping me dit d’aller à l’office de tourisme où il y a un accès gratuit. C’est devant l’office (fermé) que je fais une première tentative mais la liaison est extrêmement lente et instable. Je dois renoncer à écrire ce soir.

Finalement c’est couché dans la tente que je peux rédiger mon article grâce au réseau de mon téléphone.

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Jour 40

Hier soir, nous nous sommes retrouvés une dizaine au camping au lieu des six prévus. Nous avons fait “pot commun” pour manger tous ensemble. Le vent du nord glacial soufflait mais la chaleur humaine nous a permis de pouvoir nous attarder à table.

La vidéo du parcours de l’étape

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Ce matin, le vent a faibli et il fait toujours froid au moment de s’extraire du duvet. Pour ma part, j’attends le commentateur Fanfoué de la Motte qui arrive vers 10H15. Nous partons pour le col de Très Regards rejoindre la concentration Cent Cols.

entre Le Bouchet-St-Nicolas et le col de Très Regards

Nous arrivons sur le lieu de la concentration où Claude et Francine Mabillot ont installé des tables avec boissons et victuailles. Déjà quelques membres du club sont présents mais les arrivées vont se succéder jusqu’à midi.

pain, fromage, boisson : tradition de partage au Club des Cent Cols

L’organisateur avait tout prévu !

Même une place de parking privée
Devant un auditoire attentif, l’organisateur fait un discours mettant en valeur les richesses culturelles locales
Le jury prend des notes

Après ce sont des moments de retrouvailles, de papotages, de rencontres, de partage qui nous tiennent jusqu’en milieu d’après-midi.

la photo de famille

Puis nous nous séparons. Avec le Fanfoué, je fais une avance sur l’étape de demain en allant jusqu’au col du Rayol situé à une vingtaine de kilomètres.

Paysage de Haute-Loire

Nous parcourons de petites routes sans circulation et apercevons au loin le mont Mezenc et le Gerbier de Joncs.

Arrivé au col du Rayol, Claude me charge dans son véhicule pour me ramener chez lui et participer à la troisième mi-temps de la concentration. Nous serons seize convives à déguster le “sarasson pommes de terre” préparé par Francine.  Fanfoué retourne à St-Nicolas où il a laissé son véhicule et nous rejoindra ensuite.

Une bonne soirée en perspective qui ne me permet pas d’être plus loquace sur mon site ce soir. Demain matin, Claude me reconduira au col de Rayol où j’ai rendez-vous avec mes deux amis cyclocampeurs de la Drôme pour poursuivre ensemble, mon voyage, jusqu’à Tournon.

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Jour 39

Après le gros coup de chaud d’hier, il fait frisquet ce matin. Le thermomètre affiche 9°C. Le ciel est gris mais le vent du nord se lève et va vite chasser les nuages

au-revoir St-Privat d’Allier

La vidéo du parcours de l’étape

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La première partie de l’étape jusqu’au pont d’Alleyras est sauvage. La route surplombe l’Allier qui coule au fond des gorges.

Le village de St-Didier-d’Allier surplombe ces gorges

La route est à l’ombre en forêt mais offre tout de même quelques belles perspectives sur l’Allier.

Le vent me pousse mais ne me réchauffe pas. Je pensais descendre jusqu’à Alleyras mais quelques montées avec des pentes à 9 ou 10% entrecoupaient les descentes. J’arrive à Pont d’Alleyras sous un beau soleil, la température est montée à 19°C. De suite, une belle côte se présente; elle va durer onze kilomètres, avec quelques passages soutenus, jusqu’au col de Trespeux. Le paysage est complètement différent.

au-dessus de Pont-d’Alleyras

Au moment où j’arrive au col de Trespeux, j’aperçois un cyclo qui arrive en face et qui vient de le franchir. Il ralentit, s’arrête à mon niveau et j’ai la surprise de découvrir Claude Bénistrand, ancien président du Club des Cent Cols. Il est en train de faire un circuit dans le secteur. Du col de Trespeux, nous avons une vue sur les monts de la Margeride que j’avais parcourus l’an dernier à la même époque dans mon voyage itinérant.

col de Trespeux

Nous discutons, il repart, je fais les quelques mètres qui me séparent du col et décide de revenir en arrière pour prendre une piste que j’ai repérée en montant qui rejoint directement le col de Rossignol. Cette piste paraît en parfait état. Je ne la prends que sur une centaine de mètres et reviens vite en arrière. Il y a du sable et mes roues s’enfoncent m’empêchant d’avancer. Je remonte au col de Trespeux

au col de Trespeux

et redescends quelques centaines de mètres sur l’autre versant pour prendre une petite route forestière qui me conduit au col de Rossignol où j’arrive encore au même moment que Claude Benistrand qui arrive dans l’autre sens après avoir fait une petite boucle.

Claude repart sur un autre itinéraire tandis que je rejoins le lac du Bouchet, très beau site BPF où je m’attarde un bon moment et me restaure.

Entre col de Rossignol et lac du Bouchet
le lac volcanique du Bouchet

Il ne me reste que quelques kilomètres pour rejoindre le camping du Bouchet-St-Nicolas où j’arrive en tout début d’après-midi. Au loin, je vois les monts d’Ardèche et le Mont Mezenc où je vais me diriger dans deux jours.

arrivée au Bouchet-St-Nicolas

C’est vraiment un très beau parcours que celui d’aujourd’hui même s’il était difficile. Je remercie mon ami Jacques Juillard, régional de l’étape, qui m’avait conseillé cet itinéraire.

Le vent du nord a forci et souffle en rafales au moment où je monte la tente. Je la monte sans problème puis part à la douche et en profite pour faire la lessive qui va sécher très vite grâce au vent. Pendant que je rédige cet article, André et Michèle arrivent suivis peu après par deux autres Cent Cols de la Drôme. Nous discutons un moment autour d’un thé chaud et ce soir nous mangerons tous ensemble. Demain nous rejoindrons  le col de Très Regards pour la concentration.

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Jour 38

L’étape d’aujourd’hui a été courte mais difficile. Charles me disait que j’allais mouiller le maillot c’est effectivement ce qui s’est passé. La chaleur s’est invitée très vite et a ajouté de la difficulté dans les ascensions qui étaient beaucoup plus pentues que celles des jours précédents.

La vidéo du parcours de l’étape

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Jusqu’à Prades, je longe l’Allier, sur une route souvent ombragée, jouissant de beaux points de vue sur les montagnes environnantes, traversant de beaux villages et observant des falaises basaltiques qui dominent la rivière.

Chanteuges et son ancienne abbaye qui domine le village

A partir de Prades, je rentre dans le dur de l’étape. Une première côte de 4 km, sans ombre, avec de bons pourcentages me conduit jusqu’à 800 m d’altitude. C’est le début du col de Peyra Taillade, emprunté par le tour de France l’an dernier. Les inscriptions sur la route encouragent le régional de l’étape, Romain Bardet, mais ne me donnent pas d’énergie pour autant.

falaises basaltiques à la sortie de Prades

Après cette côte, c’est une succession de montagnes russes, usantes, qui me conduisent au-dessus de Monistrol-d’Allier. J’ai perdu de vue l’Allier qui m’avait guidé ces deux jours avant de le retrouver à Monistrol après une courte mais raide descente.

Au fond tour de guet de Rochegude

J’arrive à Monistrol-sur-Allier, site BPF, peu avant midi. Je m’y arrête, me restaure et fait le plein d’eau avant d’attaquer sous la chaleur (33°C au soleil) la montée finale de près de 5 km qui m’emmène jusqu’à St-Privat-d’Allier où j’ai prévu de faire étape.

St-Privat-d’Allier

L’étape étant courte, j’avais envisagé de faire une boucle supplémentaire à partir de St-Privat, sans bagages, pour aller cueillir le col de Peyra Taillade mais j’abandonne cette idée. Il fait trop chaud et je suis bien fatigué, plus du tout habitué à pédaler dans de telles conditions. Le col de la Siesta sera beaucoup plus facile à négocier.

Demain, il y a de fortes chances que je ne puisse pas mettre en ligne de compte-rendu. Je camperai dans une aire naturelle de camping et cela m’étonnerait que j’aie du réseau téléphonique rapide.

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Jour 37

La journée étant annoncée chaude, je décide de partir assez tôt même si l’étape prévue est courte. A 7h30, le vélo est chargé, je suis prêt au départ et le soleil brille déjà. Je veux chausser mes lunettes de soleil, elles ont disparu. Je vide mes sacoches une à une, elles n’y sont pas. Je me résous à redéplier la tente et ouf, je les trouve à l’intérieur.

La vidéo du parcours de l’étape

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Puis, ce ne fut que du bonheur ! De petites routes tranquilles sans circulation, quelques montées faciles et de très beaux villages.

Premier arrêt, à Vieille-Brioude où je fais un petit détour pour aller voir le pont sur l’Allier. Du pont, j’ai de très beaux points de vue sur le village.

l’église surplombe l’Allier

Ensuite, pendant une vingtaine de kilomètres jusqu’à Lavoûte-Chilhac, je remonte la vallée de l’Allier sur un long faux plat montant, entrecoupé de petites descentes. J’ai peu de perspectives sur l’Allier caché par les arbres mais la route est très ombragée et c’est très agréable. Si le spectacle n’est pas au fond de la vallée, ce sont les petits villages qui la dominent qui offrent un intérêt. Des paysages ouverts et verdoyants complètent le tableau.

au fond, le village de St-Ilpize

Arrivé à Lavoûte-Chilhac, je franchis le pont sur l’Allier et change de rive pour me rendre à Chilhac, village fortifié construit sur une falaise basaltique.

l’Allier à Lavoûte-Chilhac

La route se redresse pendant 3 km avant de replonger pour franchir le pont suspendu de Chilhac et retrouver la rive gauche de l’Allier. C’est dans ce secteur que les vues sont les plus belles sur le village haut perché au-dessus d’orgues basaltiques.

Chilhac

Je rejoins après quelques kilomètres la D585 que j’avais quittée à Lavoûte-Chilhac et arrive rapidement au camping de Langeac où je m’installe.

Je repars ensuite au centre ville pour me restaurer et rédiger ce compte-rendu dans un bistrot devant une bonne Grimbergen. Cet après-midi, je vais étudier les cartes car j’ai plusieurs alternatives pour rejoindre, vendredi soir, le camping du Bouchet-St Nicolas, où j’ai rendez-vous avec Michèle Sassoulas et André Peyron, deux cyclocampeurs Cent Cols qui participeront à la Concentration et feront ensuite un bout de route avec moi.

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Jour 36

La vidéo du parcours de l’étape

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Le ciel est encore bien couvert au départ et il fait frais.

Une première descente me fait perdre rapidement de l’altitude qu’il faudra reprendre. Le premier kilomètre de l’ascension est pratiquement à 10% tout le long et je me réchauffe vite. Ensuite ce seront des pentes entre 5 et 8 % qui vont m’amener au point culminant de l’étape à plus de 1100 m. La température s’élève tandis que je grimpe et c’est à 9 h 45 que le soleil perce pour ne plus disparaitre de la journée.

Je franchis en descente le col de Montclard (860 m) avant de rejoindre la plaine à Vals-le-Chastel.

Après une dizaine de kilomètres, avec le vent de face j’arrive au village de Lavaudieu, site BPF, où je m’arrête et circule vélo à la main. C’est un très joli village, labellisé «  Les plus beaux villages de France ». L’abbaye bénédictine implantée au Moyen-Âge fit de la vallée de la Senouire « la vallée de Dieu » qui donna son nom au village.

arrivée à Lavaudieu

A partir de Lavaudieu, je change mon parcours sur une suggestion de Claude Mabillot. Ce détour d’une quarantaine de kilomètres me permettra d’éviter une route fréquentée et surtout me fera passer par des sites intéressants (Brioude, gorges de l’Allier…) que j’espère pouvoir vous faire découvrir. Je gère ainsi l’avance sur mon tableau de marche.

le beau temps s’est enfin installé

Je rallie Brioude et y arrive vers midi en plein rush de circulation. Je décide d’aller directement au camping pour m’installer et me restaurer avant de retourner visiter la ville (à vélo, le camping étant à 3 km du centre historique) et me réapprovisionner pour les repas du soir.

Basilique Saint-Julien de Brioude

C’est la première fois depuis le départ que je plante la tente sous le beau temps en étant certain de ne pas prendre un orage ou la pluie pendant la nuit. Demain, il y aura de la grimpette qui risque de se faire sous la chaleur. J’espère que je vais pouvoir dormir car j’ai un couple d’Anglais d’un certain âge à côté qui passe son temps à se disputer sur un fond sonore élevé de musique country.

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Jour 35

Hier soir avec Dédé nous avons arrosé au champagne la victoire des bleuets et avons discuté et saucissonné jusqu’à près de minuit. Une vraiment belle soirée.

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Ce matin il a fallu repartir mais cela s’est fait sans difficulté.

Une étape sous le signe de la fraîcheur. Le soleil n’a jamais percé et c’est donc sous un ciel gris que j’ai roulé. J’ai gardé le blouson toute la journée sans jamais pouvoir me réchauffer.

Le parcours n’était pas vallonné mais globalement montant. Au début, toujours dans le Livradois, je retrouve les mêmes paysages que dans l’étape d’hier. J’évolue sur de petites routes sans circulation, les pentes sont douces mais il n’y a pratiquement aucun moment de roue libre. Arrivé à Arlanc, situé à environ 600 m d’altitude, il va falloir monter à environ 1100 m.

paysage en limite Haute-Loire Puy-de-Dôme près de Le Procureur

Les cinq premiers kilomètres jusqu’au hameau de Le Procureur offrent encore des vues sur les collines tandis que les neuf kilomètres suivants de la longue montée se déroulent intégralement en forêt. A  la sortie de la forêt, le paysage s’ouvre.Des prés, des arbres, un petit lac peu de circulation donnent un sentiment de quiétude. Si je n’avais pas eu froid, j’aurais volontiers choisi cet endroit pour le pique-nique.

Je poursuis mon chemin et arrive rapidement à la Chaise-Dieu, site BPF, célèbre pour l’architecture gothique de son abbaye datant du XIVe siècle, construite à la demande de Pierre Roger de Beaufort (Clément VI) alors pape en Avignon.

l’abbatiale Saint-Robert

L’étape a été courte. La longue montée a été très facile les pentes variant entre 3 et 5% avec quelques passages à 6% sur le début. Étant en avance pour le rendez-vous du Lac du Bouchet le 23 juin, je vais continuer à faire de petits sauts de puces dans la Haute-Loire jusqu’à samedi.

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Jour 34

Alors que la météo annonçait le beau temps c’est sous un ciel bien couvert que je m’élance. Le soleil ne fera son apparition qu’à quelques kilomètres de l’arrivée.

La vidéo du parcours de l’étape

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le lac d’Aubusson

Cette étape s’est déroulée dans le Livradois sur un terrain bien accidenté au milieu de forêts et de pâturages.

Le départ n’est pas difficile avec quelques descentes et courtes montées mais bien vite se profile une première ascension plus longue. Après la journée de repos, j’ai du mal à remettre la machine en route et à trouver un bon rythme de pédalage. Après une descente, une deuxième côte encore plus longue que la première se présente. Je ne suis toujours pas à l’aise et bien loin d’avoir les bonnes sensations des jours précédents. La montée me semble interminable.

Enfin, je redescends et rejoins la vallée de la Dore à Olliergues

Olliergues

Je vais remonter la vallée durant une vingtaine de kilomètres jusqu’à Ambert. C’est un long faux-plat, le long de la Dore, sur une route large à grande circulation (selon la carte Michelin). Je n’avais pas trouvé d’autre alternative lors du tracé de mon parcours à moins de rajouter des bosses supplémentaires. Nous sommes dimanche et il y a très peu de trafic automobile. Après une petite heure et demi d’efforts car je n’ai jamais trouvé le bon braquet, j’arrive à Ambert où j’ai rendez-vous avec un vieil ami cyclo du Club des Cent Cols qui a raccroché le vélo l’an dernier.

Dédé Chevaleyre, malgré sa frêle stature et de sérieux problèmes de santé, a réalisé des choses à vélo qui forcent l’admiration. C’est un cyclo complet, il a réalisé des diagonales, deux Paris-Brest-Paris, visité toute la France et ses 534 BPF, franchi plus de 3000 cols différents…Dans son hangar, il a aménagé un “musée” où l’on retrouve des affiches d’actualité “people” des différentes décennies qui ont marqué sa vie. Sur un long pan de mur, on retrouve ses nombreuses cartes de routes de différentes randonnées ou brevet. C’est impressionnant.

Dédé dans son musée

Nous avions déjà visité son musée avec quelques amis il y a quelques années mais je n’ai pas résisté à l’envie d’y retourner. Après être allés manger dans un bon restaurant,  nous avons donc fait la visite incontournable au musée du cyclo d’Ambert avant d’aller arpenter le centre ville avec sa fameuse mairie en forme de fourme.

la mairie “fourme” d’Ambert

André est ensuite rentré faire une sieste et nous avons rendez-vous ce soir pour une soirée saucisson (mon fruit préféré) devant la finale France Angleterre de la coupe du monde de rugby des moins de vingt ans.

Demain, l’étape sera accidentée mais je n’ai pas d’inquiétudes, la courte étape et la remise en route laborieuse d’aujourd’hui m’auront servi d’échauffement.

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Jour 32

Ce matin, je plie la tente sèche mais le ciel est couvert. A peine parti depuis un quart d’heure je prends la pluie. Il fallait bien que ça arrive un jour. Pas de problème, je suis en montée et je n’ai ni trop chaud ni trop froid.

La vidéo du parcours de l’étape

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Vidéo générée par l’application Relive, alimentée par Strava

Le paysage est beaucoup plus ouvert qu’hier, et je regrette ce mauvais temps qui ne permet pas de faire des photos lumineuses alors que c’est très beau. J’aurais volontiers échangé les conditions météo et les paysages avec la journée d’hier. Je m’arrête néanmoins sous la pluie qui forcit et tente quelques prises de vue.

paysage ouvert à 900 m d’altitude

Puis les choses se gâtent. La pluie redouble et j’attaque une longue descente sur Volvic. A ce moment-là, la pluie mélangée à la sueur me brûle fortement un œil puis l’autre.  Je suis obligé de multiplier les arrêts car je ne peux plus tenir les yeux ouverts. J’essaye de changer de lunettes, d’enlever les lunettes mais rien ne résout le problème. Je dois continuer à m’arrêter. Puis la poignée gauche de freins se ramollit de plus en plus, les patins de freins avant sont “morts” (le vélo avait été révisé cet hiver). Juste avant Volvic, je fais un dérapage sur la roue arrière mais arrive à éviter la chute.  J’arrive finalement à Volvic après une douzaine de kilomètres de descente et m’arrête dans un bar pour me réchauffer avec un chocolat chaud.

Hier, j’avais reçu un message de Didier Marty, un collègue Cent Cols qui se proposait de venir à ma rencontre. Je lui téléphone, il est à cinq kilomètres de Volvic. Je l’attends et il me dit qu’il y a un vélociste à Riom quelques kilomètres plus bas. Je profite de l’attente pour me changer et enfiler des vêtements secs. Il arrive au moment où la pluie s’arrête. Nous descendons prudemment à Riom et allons chez le vélociste qui en dix minutes change les patins de freins avant et règle ceux arrière. Il est près de midi. Nous passons devant une brasserie qui propose un plat du jour et décidons de nous y arrêter pour nous restaurer et surtout privilégier un moment de rencontre.

Nous repartons et roulons dans la plaine de Limagne d’où l’on aperçoit le Puy de Dôme.

vue sur le Puy de Dôme depuis la plaine de Limagne

Après plus d’une vingtaine de kilomètres de plaine nous arrivons à Lezoux.

l’Allier à Loze

La ville de Lezoux a été spécialisée, dès le Ier siècle, dans la fabrication et l’exportation de poteries et céramiques. Ses nombreux ateliers de céramique furent parmi les plus importants de l’époque romaine. Dans cette ville, il y a un musée de la céramique et trois potiers exercent leur talent. Didier Marty fait partie de ceux-là. Il me fait visiter son atelier et ses créations.

Didier et quelques créations

Il me paye un verre de kéfir. Je n’en avais plus bu depuis mon enfance et j’apprécie. Avant de nous séparer, il me suggère de changer mon itinéraire afin d’éviter deux côtes assez redoutables (surtout avec un vélo chargé) au prix d’une petite rallonge kilométrique.

Je suis ses conseil avisés et je rejoins Aubusson-d’Auvergne par une jolie petite route aux pentes raisonnables dans la vallée du Couzon. Je longe un petit moment le lac d’Aubusson mais il est caché par les arbres. J’aurai peut-être de meilleures perspectives lors de l’étape de dimanche prochain.

vieux pont sur le Couzon
chapelle près d’Aubusson-d’Auvergne

Malgré la longueur de l’étape, j’arrive encore en pleine forme. Si la journée a mal débuté, je n’en garderai qu’un bon souvenir tant la suite a été riche. En plus d’être un cyclo d’agréable compagnie, Didier, passionné par son métier m’a appris beaucoup de choses sur le travail de la poterie.

L’accueil au gîte des Quatre Vents a été chaleureux et j’ai dîné avec des cyclos d’Aix en Provence et de Normandie fort sympathiques. Demain, la journée de repos sera consacrée à la récupération et à l’entretien du vélo. Il n’y aura donc pas d’article ou photos publiés demain soir.

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Jour 31

Je pars sous un beau ciel bleu mais la température est fraîche. Une côte de deux kilomètres puis une redescente et ensuite je ne cesse de monter pendant une trentaine de kilomètres. Les quelques descentes sont trop courtes pour récupérer mais nécessitent à chaque fois d’enfiler un vêtement car le “réchauffement climatique” est lent aujourd’hui.

La vidéo du parcours de l’étape

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Vidéo générée par l’application Relive, alimentée par Strava

Après une dizaine de kilomètres du départ, je rentre dans le département du Puy-de-Dôme.

C’est encore un paysage de collines mais elles sont plus hautes que celles des jours précédents.  Le décor a vraiment changé. Dans la Creuse, j’avais encore pu voir des champs cultivés alors qu’ici ce sont des pâturages, des prés de fauche et des bois qui habillent les collines.

Ce n’est pas évident de prendre des photos, le paysage est souvent fermé soit par les bois soit parce que les champs sont bordés de haies hautes. Je remarque que certaines haies sont composées entièrement de houx.

Avant de redescendre, sur la vallée de la Sioule, j’aperçois au loin le Puy de Dôme et d’autres puys. Ils sont trop loin pour apparaitre sur les photos.

au fond, la chaine des puy

Le seule longue descente ( 6 km) de la journée m’amène au Pont-du-Bouchet où il y a un plan d’eau créé par un barrage en aval de la rivière.

zone de loisirs du Pont-du-Bouchet
le plan d’eau vu du pont

Il me reste cinq kilomètres de montée pour rejoindre les Ancizes-Comps, site BPF et terme de mon étape. Le soleil brille mais je n’ai pas chaud dans la montée ce qui facilite l’ascension. La route surplombe la rivière mais ne la laisse entrevoir que rarement du fait de la végétation.

J’arrive assez tôt  au camping et en profite pour faire la lessive  et une petite sieste. Si l’étape était courte, je suis plus fatigué qu’hier.

L’église Notre-Dame de Comps, des XIe et XIIe siècles ; classée aux monuments historiques

Ce soir, le vent du nord s’est levé et je n’arrive pas à me réchauffer. Demain, je rejoindrai le gîte FFCT d’Aubusson-d’Auvergne où j’ai décidé de prendre une journée de repos samedi.

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Jour 30

Hier soir, alors que j’étais sous la tente un orage avec de la grêle a éclaté. Il a duré peu de temps mais a laissé place à la pluie qui s’est installée une bonne partie de la nuit. Ce matin au réveil, il ne pleut pas mais le ciel est gris, le brouillard n’est pas loin et la température est fraiche.

La vidéo du parcours de l’étape

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C’est dans ces conditions que je démarre. Heureusement, je commence par de la montée ce qui me permet de me réchauffer. La courte descente d’Anzême jusqu’au Pont du Diable suffit à me transir.

gorges d’Anzême vues depuis le pont du Diable

Commence ensuite une première longue montée de huit kilomètres. J’arrive de suite à trouver un rythme de pédalage qui me convient et suis beaucoup plus à l’aise dans ces longues montées que dans les successions de côtes des jours précédents.

campagne de la Creuse

Au bout d’une vingtaine de kilomètres, j’ai déjà une bonne dénivelée cumulée dans les jambes et sachant que se profile dans quelques temps une autre montée de dix kilomètres, je fais un “ravitaillement en vol” à la boulangerie de Châtelus-Malvaleix : mille-feuilles et Lipton tea sont de suite consommés.

curieux le clocher sur la mairie (Châtelus-Malvaleix)

Et c’était le bon “produit”. J’avale sans difficulté les dix kilomètres de montée qui me conduisent à Toulx-Ste-Croix, site BPF et point culminant de l’étape.

entre pâturages et étangs

Je visite le village, me rends à la tour d’observation et apprécie particulièrement la simplicité de l’église romane à clocher séparé.

Toulx-Ste-Croix et l’arrière de l’église romane

Tandis que je pique-nique, un cycliste qui s’entraine pour une compétition au Ventoux le week-end prochain arrive et engage la discussion. Il me décrit ce qui m’attend : trente kilomètres dont vingt-six de descente et une montée finale de quatre kilomètres très difficile. Sa description s’avérera par la suite assez fantaisiste.

Je repars cela descend effectivement au début et j’ai très froid. Heureusement, en voyage itinérant avec sacoches nous ne sommes pas en manque de solutions vestimentaires. Je m’habille chaudement mais quelques kilomètres plus loin, je dois enlever une, puis deux couches. La longue descente de vingt-kilomètres que m’avait décrite le cycliste n’en faisait que sept et ensuite ce fut une succession de bosses jusqu’à Chambon-sur-Voueze. Ces premières bosses avec les jambes refroidies furent dures à négocier mais ensuite ça allait mieux.

A Chambon, je ne manque pas d’aller voir le pont sur la Voueize ainsi que l’église abbatiale Sainte-Valérie qui font l’objet d’un classement au titre des monuments historiques.

Il est temps de repartir pour Evaux-les-Bains et sa côte redoutable de quatre kilomètres, décrite par le cycliste de Toulx. En fait, je commence par deux kilomètres de plat et attaque la côte qui ne fait que deux kilomètres avec seulement huit cent mètres difficiles. J’arrive donc assez vite à Evaux sans être trop fatigué malgré la dénivelée cumulée digne des étapes beaujolaises.

Coté météo, fraicheur jusqu’à quatorze heures  sous un ciel gris et une forte humidité. Le soleil a fait une courte apparition entre 10h33 et 10h34 puis une, un peu plus longue, à partir de quatorze heures. J’ai pris, dans la matinée, une averse de pluie fine durant dix minutes pas suffisante pour me mouiller.

Hier, je n’ai pas réalisé qu’en pénétrant dans la Creuse, j’explorais le dernier département français où je n’avais jamais mis mes roues de vélo. Ce qui m’attend maintenant n’est que du bonus, ce seront des visites de zones connues ou inconnues dans des départements déjà visités. Je vais devoir ralentir mon allure car j’ai rendez-vous au col de Très Regard, à côté du lac du Bouchet, en Haute-loire le 23 juin pour la concentration régionale Cent Cols Auvergne et j’ai quelques jours d’avance.

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Jour 29

La vidéo du parcours de l’étape

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Après le coup de pompe d’hier (pas à Ciron mais après), je suis reparti et j’ai passé une bonne journée. J’ai assez vite quitté le département de l’Indre pour entrer dans celui de la Creuse.

entrée en Creuse

Le relief a changé, les collines sont plus hautes et finalement la dénivelée de l’étape sera beaucoup plus importante que ces derniers jours.

Le premier objectif est de rallier Crozant, site BPF, situé à vingt-quatre kilomètres du départ. Une succession de montées et de courtes descentes me conduit jusqu’à la vallée de la Creuse. Comme chaque fois que l’on coupe une rivière, il faut descendre puis remonter après avoir traversé. Crozant étant situé sur un éperon rocheux, la pente est soutenue pour y arriver.

les ruines de la citadelle vues depuis l’entrée de Crozant

Je continue ma route,  le ciel se couvre ou se découvre. Il fait beaucoup plus frais que les jours précédents et j’enfile le blouson jusqu’à la fin de l’étape. Est-ce la proximité du Massif Central ? L’altitude moyenne un peu plus élevée ?

paysage de la Creuse

Les pâturages sont maintenant majoritaires même si ici ou là subsistent quelques cultures de maïs.

culture de maïs, bois, pâturages : paysage creusois

Peu après Dun-le-Palestel, une montée beaucoup plus longue que celles rencontrées depuis que j’ai quitté le Morvan m’attend. Je suis bien, la monte relativement facilement et atteins à presque cinq cent mètres d’altitude le point culminant de la journée. Une succession de descentes entrecoupées de remontées me conduit jusqu’à Anzême où j’avais vu qu’il y avait un camping. Je dois faire deux kilomètres supplémentaires pour le rejoindre au bord du lac de Péchadoire.

Malgré la dénivelée de l’étape, ce soir je ne ressens pas de grosse fatigue. J’ai encore eu une journée sans pluie. Ce soir le vent s’est levé, il apporte et éloigne des nuages plus ou moins menaçants. Je ne regarde plus la météo car les prévisions pessimistes ne m’ont jamais concerné jusqu’à présent.

Cela fait le deuxième jour que je rencontre des zones blanches pour le réseau téléphonique. Jusqu’à présent j’avais toujours eu du réseau ce qui m’avait permis de pouvoir faire des articles même quand la connexion internet était défectueuse. Il est donc possible que dans les jours qui viennent, il ne me soit pas possible de rédiger un compte-rendu.

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Jour 28

La météo a annoncé pluie toute la journée. Il a plu cette nuit et il pleut encore au moment du petit déjeuner. Je m’habille en conséquence et décide de faire une courte étape.

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Vidéo générée par l’application Relive, alimentée par Strava

Première escale : Angles-sur-l’Anglin situé à quatre kilomètres.

arrivée à Angles-sur-l’Anglin

Angles-sur-l’Anglin et son château. Pour monter au village haut d’Angles-sur-l’Anglin, j’ai chaud et je pose la veste imperméable et je ne la remettrai pas de la journée.

Je visite le village qui n’est pas grand en cheminant dans toutes les rues.

le panorama depuis le bout de la ville-haute

Je repars pour Ciron par de petites routes sur les coteaux

Avant Le Blanc, je prends une voie verte. Elle emprunte une ancienne voie ferrée mais elle n’est pas goudronnée, passe dans les bois et avec la pluie de la nuit, elle est un peu dans le même état que celles empruntées hier.

A Le Blanc, elle passe sur un long viaduc d’où on a une vue aérienne sur la ville et la rivière la Creuse.

Le Blanc et la Creuse

La voie verte est goudronnée jusqu’à Ruffec environ dix kilomètres plus loin. Elle longe une route à grande circulation et permet de l’éviter. A partir de Ruffec, elle n’est plus goudronnée et s’apparente plus à une piste VTT qu’à une piste cyclable. Je fais encore quelques kilomètres dessus en étant bien secoué et décide de finir les quatre derniers kilomètres sur la route. La circulation est dense dans l’autre sens mais pas dans le mien.

J’arrive à Ciron, second site BPF. Je suis déçu : le village est désert. La boulangerie est fermée (nous sommes lundi) et il n’y a pas grand chose à visiter hormis la Lanterne des morts près de l’église romane. Aucun panneau explicatif, pour comprendre ce monument, c’est dommage !

La lanterne des morts Ciron

Je descends jusqu’à la Creuse. Elle est marron avec les pluies de ces derniers jours. Après avoir franchi le pont sur la Creuse à la sortie de Ciron, il y a le château de Romefort. Il est privé et ne se visite pas.

Et je reprends ma route pour rejoindre St-Benoît-du-Sault. J’ai un fort vent de face et les montées deviennent difficiles. J’ai les jambes lourdes.Je traverse le parc régional de la Brenne. Il y a de nombreux étangs mai