La GTJ gravel : Jour 01 — Dimanche 08 Juin

Valentigney  →  Urtière Première étape
Distance 63 km
Dénivelé 1780 m
Départ 9h30
Arrivée 17h40
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Aujourd’hui, j’ai sans doute effectué ce qui sera l’étape la plus longue et celle présentant le plus de dénivelée positive de mon parours VTT. Ayant roulé dans la partie où il y avait le moins de possibilités d’hébergements (sauf assez près du départ), j’ai dû encore allonger l’étape car les quelques hébergements situés quelques kilomètres avant celui où je loge ce soir étaient complets en ce week-end de pentecôte.

À noter qu’hier soir,  j’ai rajouté sur la page du projet une partie où j’explique comment j’ai préparé mes GTJ grâce aux outils vraiment bien faits mis à disposition par l’association des Grandes traversées du Jura. J’ai aussi migré la carte sur une page dédiée accessible par le menu.


Le ciel est bien chargé quand je démarre ce matin. Le vent souffle fort et quelques trouées dans les nuages me laissent espérer une journée assez lumineuse. La météo avait annoncé très peu de précipitations. Il n’en sera rien, le ciel restera bien couvert, je vais pédaler deux heures sous une pluie battante. Ce n’est qu’en fin d’étape que le soleil fait son apparition.

Je fais quelques kilomètres en ville pour rejoindre le départ officiel de la GTJ au cimetière de Mandeure. En ce dimanche de Pentecôte, il n’y a pas de circulation.

Au cimetière, j’emprunte une petite route puis un chemin qui monte en direction de la forêt.

Environ 500 m après le cimetière de Mandeure : la bête et les bêtes

Je poursuis sur un sentier assez technique avec cailloux, racines et quelques dévers pour rejoindre un belvédère. J’enlève vite la goretex car l’effort est intense.

Je continue à monter sur le sentier humide et caillouteux, franchis un pâturage au milieu des vaches de race montbéliarde, rejoins une petite route puis évolue dans un nouveau pâturage avant d’emprunter un nouveau sentier difficile glissant et descendant de manière très abrupte avant de rejoindre par une large piste Pont-de-Roide.

Au sommet, avant de faire la descente technique de Pont-de-Roide

J’entame une longue ascension d’abord sur une route puis des pistes qui vont m’emmener jusqu’au Passage de la Douleur (col répertorié). Je poursuis ma route jusqu’au mémorial de Lomont dédié au maquis de ce secteur. Dans cette montée, je rattrape un couple d’Allemands qui font aussi la GTJ mais sur des vélos gravel. Ils ont le moral car je trouve que la variante gravel de la GTJ est déjà difficile techniquement en VTT avec tous ces cailloux, bourbiers ou racines.

En voyant ce mémorial, je m’interroge sur l’origine du toponyme Passage de la Douleur imaginant qu’il a peut-être un rapport avec l’histoire du maquis mais à priori non. Aucune source consultée ne mentionne une origine historique, légendaire ou linguistique particulière pour le nom « Passage de la Douleur ». Il est donc probable que le toponyme soit descriptif, lié à la difficulté ressentie par les cyclistes ou randonneurs qui empruntent ce parcours, plutôt qu’à un événement ou une étymologie spécifique.

C’est lorsque je suis devant le mémorial que les premières gouttes de pluie arrivent. Je bâche le bonhomme et le sac et pars vite me mettre à l’abri en forêt. J’arrive trempé au village de Chamesol où je peux m’abriter et me restaurer sous le toit du lavoir.

La pluie a faibli lorsque je repars. Peu après le village, j’entre par un chemin montant dans la forêt avant de se transformer en sentier qui descend fortement. Dans cette descente, il me faut franchir une rivière. Il y a une petite passerelle mais si étroite avec des marches espacées que j’hésite : passer en me mouillant les pieds dans le lit de la rivière peu profond mais bouillonnant ou tenter la passerelle. Il me reste encore beaucoup de trajet et l’idée d’avoir les pieds mouillés dans mes chaussures hautes me fait opter pour la passerelle où je ne suis pas rassuré. Je reste un peu bloqué au milieu quand un traileur qui arrive en face récupère mon vélo et me permet ainsi de pouvoir franchir plus aisément ce passage délicat.

Je finis par arriver à Saint-Hypolyte où je retrouve le Doubs.

Je remonte sur une route…

avant de rejoindre une large piste qui va me conduire 6 km plus haut au village de Montandon. Après 3 ou 4 km de montée, la piste est condamnée par des barrières, avec panneaux d’interdiction de circuler aux vélos, chevaux et piétons pour cause de travaux. Rien n’est signalé auparavant. C’est dimanche, je me dis que personne ne travaille et que je vais bien pouvoir passer d’autant plus que je n’ai pas envie de redescendre 5 km pour rejoindre St-Hyppolite et emprunter la grosse côte qui remonte à Trevillers.

Au début, la piste est très caillouteuse car un peu défoncée par les engins de chantier avant d’arriver sur une portion de plus de 500 m où une grosse tranchée ne laisse qu’un petit passage étroit. Ce passage est jonchée de pierres extraites de la tranchée. Avec un vélo de 26 kg ce n’est pas évident de pousser, tirer pour avancer. J’aperçois un peu plus haut le couple d’Allemands rencontré le matin (ils avaient poursuivi leur chemin quand je m’étais arrêté au mémorial). Ils ont l’air de galérer autant que moi. Ils m’attendent car au bout de la tranchée, il est impossible de passer sur le côté où nous cheminons avec un vélo, un tracto-pelle barre le passage. Il va falloir franchir la tranchée… À tous les trois, nous arrivons à faire passer mon vélo de l’autre côté.

Belvédère juste après la tranchée

Au belvédère, je remercie mes « sauveurs » et les invite à boire une bière au premier bistrot qui sera sur notre route où je les attendrai. Malheureusement, il n’y en aura aucun. Mais nous avons quelques chances de nous rencontrer d’autres jours puisque nous empruntons le même itinéraire.

Je rejoins Montandon, court répit avant l’ascension finale de l’étape.

clocher à bulbe à Montandon

En regardant le profil de l’étape et le topo guide, je m’aperçois que je ne suis pas au bout de mes peines et je commence à avoir des doutes sur l’autonomie restante de la batterie. J’ai déjà 200m de plus de dénivelée positive que ce que le topo guide indique (le kilométrage lui est bon). Je m’oblige à garder une assistance minimale malgré les pentes.

Je commence à être bien fatigué mais le beau temps et de beaux points de vue me permettent de garder le moral.

étangs près de Trevillers

Je finis par arriver à Fessevillers, là ou j’aurais dû faire étape mais où tout était complet.

Fessevillers

Il me reste environ 5 km à faire avec quelques raidillons. J’arrive finalement à l’hébergement que j’ai dégoté avec plus que 5% de batterie restante. J’ai effectué 260 m de dénivelée de plus que prévu.

Epilogue

L’hébergement que j’ai trouvé c’est du camping amélioré. Je loge dans un joli grenier aménagé mais sans sanitaires. Des toilettes sèches sont situées dehors. Mon hôte est en train de finir les travaux et a accepté de me recevoir afin de me dépanner. Il n’a pas encore eu le temps d’installer une douche.
Je n’ai pas de réseau téléphonique non plus.

Très serviable, il a mis à ma disposition un ancien garage où je peux cuisiner, me laver dans un évier et faire mon blog. Il m’a acheté tout ce qu’il faut pour faire une fondue (vin blanc, fromage…). Il n’a pas oublié le réchaud et donc ce soir je me suis cuisiné une bonne petite fondue jurassienne. Je ne suis pas certain que ce soit très approprié pour les efforts qui m’attendent demain mais tant pis autant continuer à apprécier la gastronomie locale lors des voyages à vélo.

À demain

La vidéo du parcours de l’étape

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Commentaires

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Daniel Beaujoin dit :

Belle étape !

Bonne continuation

Daniel

Galambaud dit :

Toujours aussi tenace à ce que je vois. Bonne continuation.
Amitiés.
Jean-Paul

Victor LEONARD dit :

Bien le bonjour de la Belgique, Et un voyage de plus bon courage Régis de la pluie pour commencer… amicalement Victor

zuanon dit :

Bonjour Régis,
Tu nous étonneras toujours. De prothésé potentiel, tu passes à nouveau au statut de grand randonneur. Bravo. Tu as de la chance que ton infiltration ait été efficace. pour moi, ce fut zéro. Mais le « club » des genoux en titane t’attend à l’automne…! Merci de nous faire rêver avec tes récits de voyage, toujours ouverts sur le monde, la nature, les autres. Quoi que tu en dises, tes photos sont très bien. Continue bien ton voyage gravel (j’avoue que ce mot nouveau m’horripile. Réflexe de vieux ? Quand on faisait du muletier il y a 40 ans, c’est sûr que ça faisait moins classe mais le résultat était le même !).
Si tu passes du côté de Vouglans, on a une très bonne adresse à te conseiller, de vieux amis qui étaient jadis en Dévoluy.
Porte-toi bien (mais évite de porter ton VAE, c’est pas très bon pour les genoux)
Amicalement
Paul et MNoëlle (trois prothèses du genou à deux …)

ravier françois dit :

Eh bien dis donc tonton, t’ attaque fort, départ boulevard des allongés, dans la douleur, la batterie qui faiblit, tranchées, la flotte, la gravelle non pas dans le sac, mais sul camino, les toilettes sèches…C’est pas le Pérou, mais pas l’ Irlande non plus…Il va falloir faire preuve non pas de résilience, mais de Sinnerience! Bah! La bête en a vu d’autres, la suite du voyage sera plus cool! A plusse!

Roger COLOMBO dit :

Belle mais difficile entée en matière.
Courage Régis!

Alain SCHOEBEL dit :

Bon courage Jolie programme

georges brun dit :

Bravo Régis et le genou il a tenu?
Quel remède as-tu pris?
Bon courage pour la suite

Fabrice Sauter dit :

bonjour régis
bravo pour ce périple.
la motivation est au rdv .Bravo
très belle région,,
à bientôt
Fabrice

Maryse Goguet dit :

coucou frangin, belle étape sportive et aventureuse, j’espère que le soleil se mettra au diapason. Adrien a réussi son trail de 30km en Chartreuse en 5h, il est fatigué mais heureux, bises

Pitbull dit :

Beau voyage que je vais suivre avec joie

quenard Maurice dit :

Bravo Régis, belle étape !
N’ est-ce pas un peu trop pour une première ?
Pense à ménager ton genou et profite !

Willy Tierens dit :

Bonjour Régis,

Bonne ballade dans le Jura. Belle photos et commentaires.

Sois prudent!!

Amitiés Willy et Brigitte

Luc RIOLAND dit :

Salut Régis.
Grosse première étape ! ne te mets pas dans le rouge trop vite …
on va te suivre pas à pas car les outils de traçage sont de plus en plus performants.
Amitiés . Luc

Serge Polloni dit :

Bravo !!!!!!!
Serge

jpcancé dit :

Bonjour l’ami,
Cette Grande Traversée du Jura, je l’ai faite, à pied, en 2011 … Un beau souvenir !
Je reviens d’un troisième tour pédestre de Belle-Île-en-Mer.
Belle Aventure à toi. Je vais te suivre … comme chaque année.
Toujours de belles photos.
Amitiés.
jpcancé

Benoit dit :

Déjà un départ dès plus sportif et aventureux. Rien à voir avec mon modeste départ ce vendredi sur la veloscenie en direction du Mt St Michel.
Bon courage et chapeau bàs.

aime dit :

Ça y est c’est reparti ! J’étais encore en ta compagnie en Irlande. Et là nous venons de quitter Valentigney haut lieu de la fabrication des vélos Peugeot. Ça existe toujours. Je sens que nous sommes à la peine : toi à pédaler et moi à te suivre par la pensée. Quelle galère. m’enfin c’est le premier jour et il me faut m’habituer à te suivre. Heureusement que tu as pris un Vétété et pas un gravel. Tes photos sont toujours aussi belles avec encore beaucoup de vert. Ta balance des blancs est bien réglée ou c’est un coup du mois de juin. Tu le sais sûrement, en Bourgogne-France-Comté, le mois de juin est le pluvieux de l’année statistiquement parlant… Mais il tombe davantage d’eau à Bzac qu’à Dijon !
Si ta fondue te reste un peu sur l’estomac, tente demain soir de descendre un petit verre de gentiane. Si tu ne connais pas on en reparlera bientôt !

Régis Paraz dit :

De la gentiane au pays de l’absinthe ? Sacrilège !

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