La GTJ gravel : Jour 01 — Dimanche 08 Juin
Aujourd’hui, j’ai sans doute effectué ce qui sera l’étape la plus longue et celle présentant le plus de dénivelée positive de mon parours VTT. Ayant roulé dans la partie où il y avait le moins de possibilités d’hébergements (sauf assez près du départ), j’ai dû encore allonger l’étape car les quelques hébergements situés quelques kilomètres avant celui où je loge ce soir étaient complets en ce week-end de pentecôte.
À noter qu’hier soir, j’ai rajouté sur la page du projet une partie où j’explique comment j’ai préparé mes GTJ grâce aux outils vraiment bien faits mis à disposition par l’association des Grandes traversées du Jura. J’ai aussi migré la carte sur une page dédiée accessible par le menu.
Le ciel est bien chargé quand je démarre ce matin. Le vent souffle fort et quelques trouées dans les nuages me laissent espérer une journée assez lumineuse. La météo avait annoncé très peu de précipitations. Il n’en sera rien, le ciel restera bien couvert, je vais pédaler deux heures sous une pluie battante. Ce n’est qu’en fin d’étape que le soleil fait son apparition.
Je fais quelques kilomètres en ville pour rejoindre le départ officiel de la GTJ au cimetière de Mandeure. En ce dimanche de Pentecôte, il n’y a pas de circulation.
Au cimetière, j’emprunte une petite route puis un chemin qui monte en direction de la forêt.
Je poursuis sur un sentier assez technique avec cailloux, racines et quelques dévers pour rejoindre un belvédère. J’enlève vite la goretex car l’effort est intense.


Je continue à monter sur le sentier humide et caillouteux, franchis un pâturage au milieu des vaches de race montbéliarde, rejoins une petite route puis évolue dans un nouveau pâturage avant d’emprunter un nouveau sentier difficile glissant et descendant de manière très abrupte avant de rejoindre par une large piste Pont-de-Roide.

J’entame une longue ascension d’abord sur une route puis des pistes qui vont m’emmener jusqu’au Passage de la Douleur (col répertorié). Je poursuis ma route jusqu’au mémorial de Lomont dédié au maquis de ce secteur. Dans cette montée, je rattrape un couple d’Allemands qui font aussi la GTJ mais sur des vélos gravel. Ils ont le moral car je trouve que la variante gravel de la GTJ est déjà difficile techniquement en VTT avec tous ces cailloux, bourbiers ou racines.

En voyant ce mémorial, je m’interroge sur l’origine du toponyme Passage de la Douleur imaginant qu’il a peut-être un rapport avec l’histoire du maquis mais à priori non. Aucune source consultée ne mentionne une origine historique, légendaire ou linguistique particulière pour le nom « Passage de la Douleur ». Il est donc probable que le toponyme soit descriptif, lié à la difficulté ressentie par les cyclistes ou randonneurs qui empruntent ce parcours, plutôt qu’à un événement ou une étymologie spécifique.
C’est lorsque je suis devant le mémorial que les premières gouttes de pluie arrivent. Je bâche le bonhomme et le sac et pars vite me mettre à l’abri en forêt. J’arrive trempé au village de Chamesol où je peux m’abriter et me restaurer sous le toit du lavoir.

La pluie a faibli lorsque je repars. Peu après le village, j’entre par un chemin montant dans la forêt avant de se transformer en sentier qui descend fortement. Dans cette descente, il me faut franchir une rivière. Il y a une petite passerelle mais si étroite avec des marches espacées que j’hésite : passer en me mouillant les pieds dans le lit de la rivière peu profond mais bouillonnant ou tenter la passerelle. Il me reste encore beaucoup de trajet et l’idée d’avoir les pieds mouillés dans mes chaussures hautes me fait opter pour la passerelle où je ne suis pas rassuré. Je reste un peu bloqué au milieu quand un traileur qui arrive en face récupère mon vélo et me permet ainsi de pouvoir franchir plus aisément ce passage délicat.
Je finis par arriver à Saint-Hypolyte où je retrouve le Doubs.



Je remonte sur une route…


avant de rejoindre une large piste qui va me conduire 6 km plus haut au village de Montandon. Après 3 ou 4 km de montée, la piste est condamnée par des barrières, avec panneaux d’interdiction de circuler aux vélos, chevaux et piétons pour cause de travaux. Rien n’est signalé auparavant. C’est dimanche, je me dis que personne ne travaille et que je vais bien pouvoir passer d’autant plus que je n’ai pas envie de redescendre 5 km pour rejoindre St-Hyppolite et emprunter la grosse côte qui remonte à Trevillers.
Au début, la piste est très caillouteuse car un peu défoncée par les engins de chantier avant d’arriver sur une portion de plus de 500 m où une grosse tranchée ne laisse qu’un petit passage étroit. Ce passage est jonchée de pierres extraites de la tranchée. Avec un vélo de 26 kg ce n’est pas évident de pousser, tirer pour avancer. J’aperçois un peu plus haut le couple d’Allemands rencontré le matin (ils avaient poursuivi leur chemin quand je m’étais arrêté au mémorial). Ils ont l’air de galérer autant que moi. Ils m’attendent car au bout de la tranchée, il est impossible de passer sur le côté où nous cheminons avec un vélo, un tracto-pelle barre le passage. Il va falloir franchir la tranchée… À tous les trois, nous arrivons à faire passer mon vélo de l’autre côté.

Au belvédère, je remercie mes « sauveurs » et les invite à boire une bière au premier bistrot qui sera sur notre route où je les attendrai. Malheureusement, il n’y en aura aucun. Mais nous avons quelques chances de nous rencontrer d’autres jours puisque nous empruntons le même itinéraire.
Je rejoins Montandon, court répit avant l’ascension finale de l’étape.

En regardant le profil de l’étape et le topo guide, je m’aperçois que je ne suis pas au bout de mes peines et je commence à avoir des doutes sur l’autonomie restante de la batterie. J’ai déjà 200m de plus de dénivelée positive que ce que le topo guide indique (le kilométrage lui est bon). Je m’oblige à garder une assistance minimale malgré les pentes.
Je commence à être bien fatigué mais le beau temps et de beaux points de vue me permettent de garder le moral.




Je finis par arriver à Fessevillers, là ou j’aurais dû faire étape mais où tout était complet.

Il me reste environ 5 km à faire avec quelques raidillons. J’arrive finalement à l’hébergement que j’ai dégoté avec plus que 5% de batterie restante. J’ai effectué 260 m de dénivelée de plus que prévu.
Epilogue
L’hébergement que j’ai trouvé c’est du camping amélioré. Je loge dans un joli grenier aménagé mais sans sanitaires. Des toilettes sèches sont situées dehors. Mon hôte est en train de finir les travaux et a accepté de me recevoir afin de me dépanner. Il n’a pas encore eu le temps d’installer une douche.
Je n’ai pas de réseau téléphonique non plus.
Très serviable, il a mis à ma disposition un ancien garage où je peux cuisiner, me laver dans un évier et faire mon blog. Il m’a acheté tout ce qu’il faut pour faire une fondue (vin blanc, fromage…). Il n’a pas oublié le réchaud et donc ce soir je me suis cuisiné une bonne petite fondue jurassienne. Je ne suis pas certain que ce soit très approprié pour les efforts qui m’attendent demain mais tant pis autant continuer à apprécier la gastronomie locale lors des voyages à vélo.
À demain
La vidéo du parcours de l’étape
En fonction de votre navigateur vous avez la possibilité de contrôler les paramètres de la vidéo soit avec un clic droit de souris (Firefox) en survolant la vidéo soit à l’aide des commandes en bas à droite du lecteur (chrome…).

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