Jour 28 — Dimanche 16 Juin

Jumièges (76)  →  Le Brévedent (14) Vingt-sixième étape
Distance 74 km
Dénivelé 650 m
Départ 7 h 00
Arrivée 14 h 55
Distance totale: 78.3 km
Altitude maximum: 155 m
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Je mets le réveil à six heures et j’arrive à partir à sept heures. J’espère arriver au Pont de Brotonne avant qu’il ne soit fermé. Le passage des voiliers sous le pont étant prévu vers 15h30 je pense avoir une chance. Je suis néanmoins stressé car si je ne peux pas le franchir, je n’ai aucune autre alternative pour traverser la Seine, les bacs ne fonctionnant pas aujourd’hui.

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J’appuie sur les pédales et j’arrive en moins d’une heure à Caudebec-en-Caux, site BPF où je ne m’attarde pas. La boulangère me dit qu’il y a déjà un beau comité d’accueil au pont (gendarmes). Je file et monte au pont (il y a une bonne montée pour l’atteindre). Effectivement, quelques véhicules de gendarmerie et de nombreux gendarmes  bloquent l’accès aux voies cyclables. Le pont est interdit aux cyclistes et piétons mais la circulation automobile est autorisée. Il n’y a pas beaucoup de circulation à cette heure-là, le pont est à deux voies avec une bande cyclable de chaque côté.  Je me dirige vers les gendarmes qui m’interpellent et je leur explique que je voyage, leur montre mon itinéraire. J’essuie un refus autoritaire et pas aimable de la part du « chef » alors que j’ai demandé poliment. J’aurais espéré au moins un peu plus d’empathie de la part de cette personne (j’en ai plus sentie de la part de certains autres) même s’il ne fait qu’obéir aux ordres. Mais une mesure administrative idiote :

  1. Fermer un pont 7 heures avant l’évènement
  2. Interdire un passage qui se fait en cinq minutes en toute sécurité

impose aux gendarmes d’obéir. Si la crainte de ceux (préfet ?) qui ont pris cette décision était qu’il n’y ait personne qui stationne sur le pont, il suffisait de faire des patrouilles. Il y avait suffisamment de véhicules et de gendarmes “désœuvrés” à l’entrée du pont pour le faire.

l’église de Caudebec-en-Caux

Je suis obligé de redescendre et au rond-point, je fais du stop en espérant qu’un véhicule utilitaire veuille bien s’arrêter et charger mon vélo pour me faire passer le pont. Quelques véhicules pouvant faire l’affaire passent mais aucun ne s’arrête. Finalement au bout d’une dizaine de minutes, un fourgon s’arrête et le chauffeur accepte de charger mon vélo. Il est cycliste et il y a déjà un VTT à l’intérieur. Je peux reprendre le cours du voyage.

Les kilométrages et la dénivelée affichés en tête d’article correspondent à ce que j’ai réellement fait sur le vélo (déduction faite du passage du pont en camionnette). Sur la carte, ils sont légèrement différents puisque issus des données enregistrées par le GPS qui a “tourné” pendant le transfert.

Je pense en avoir fini avec les difficultés puisque je vais m’éloigner des boucles de la Seine dans treize kilomètres.

chaumière dans les boucles de la Seine

J’arrive à Aizier et là, la départementale que je dois emprunter est en sens interdit. Des panneaux DDE mais aucun document mentionnant un arrêté administratif  n’y est affiché. Pas de gendarmes ici mais des bénévoles qui aiguillent les voitures vers des parkings dans les prés environnants. Je m’engage dans le sens interdit et personne n’intervient. J’aurais pu en toute légalité marcher à côté du vélo mais j’aurais alors utilisé une plus grande largeur de route. Du haut d’un parking, une bénévole un peu plus zélée m’interpelle un kilomètre plus loin. Je continue néanmoins ma route et ne croise que quelques véhicules qui roulent bien à droite ne sachant pas que la route est à sens unique. Je bifurque au sommet de la côte et j’en ai définitivement fini avec les ennuis liés à la grande parade.

Le reste de l’étape se déroulera sur des routes très vallonnées. Je suis obligé de m’employer car j’ai encore un vent défavorable. Je découvre la ville de Pont-Audemer qui est très jolie et animée en ce dimanche matin.

Quelques images de Pont-Audemer

Puis je continue, toujours face au vent, au milieu des champs de céréales ou de quelques champs de lin.

encore un champ de lin, bien fleuri celui-ci

J’arrive en début d’après-midi à Cormeilles où j’avais repéré un camping mais celui-ci n’existe plus.

Deux petits coups de fil me confirment qu’il y a deux campings dans les dix kilomètres suivants.
Je choisis le plus proche car cette journée m’a pompé pas mal d’énergie.
J’arrête là mon résumé, il est tard. La connexion internet a été coupée au moment où la télévision a été allumée pour un match de foot (Interférences ?). Elle refonctionne maintenant que la télé est éteinte.

Dans ce camping, je dois être un des rares français : il y a essentiellement des britanniques et quelques Belges et Hollandais.

Commentaires

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Fanfoué De La Motte dit :

Allo Régis, j’ avais pas suivi tes dernières zaventures pour cause de ouiquène esportivement très chargé: la finale, les 24 heures, le foute féminin… et j’ apprends que t’ as eu des ennuis avec les gendarmes! Diable! Ils ne voulaient pas te laisser passer à vélo! Je parie que tu avais ton gilet jaune! Tu sais bien que les représentants de l’ ordre n’ aiment ni les cyclistes (mauvaises statistiques!) ni les gilets jaunes, alors tu avais tout pour plaire! Et pis, t’as fait du stop, enfin de la camionnette-stop! Décidément, tu es téméraire! Enfin, c’ est moins dangereux que la 2cv du curé! T’ as quand même réussi à nous coller une église ( encore du flamboyant! ), mais champ de lin et chaumière relèvent le niveau du reportage, continue dans ce régis-tre!

Depagne dit :

Donne bien le bonjour PAUL en ce moment je suis dans le lot et bientôt l’auvergne pour le fromage c’est rocamadour

Roger COLOMBO dit :

Bonjour Régis
Nous ne t’avons pas reconnu sur le magnifique reportage de FR3 consacré à l’Armada. Nous avons aussi vu ton fameux pont.
Ta difficile traversée de la Seine m’a rajeuni de quelques années et rappelé notre montée au Gd St-Bernard depuis Aoste….
Tu vas retrouver maintenant davantage de sérénité, poursuivre ton beau parcours et continuer à nous envoyer de superbes photos.
Bon courage !
Roger

Didier REMOND dit :

Bonjour Régis

Nous avons bien pensé à toi lors de ce week end et la réalisation de notre BRM 600. Pas moins de 6 BPF sur le parcours mais réalisés depuis bien longtemps. Nous en avons eu un en commun avec toi avec la Ferté-Vidame. Et que dire de champs colorés, le bleu pour le lin, le rouge pour les coquelicots, ne manquait que le coton pour avoir un drapeau tricolore en hommage à nos bleues.

Après cette traversée de la Seine épique tu vas retrouver un peu de sérénité dans le pays d’Auge et de trinquer à la santé du CCC autour d’une bonne bolée.

Le beau temps est enfin revenu et va faire sourire la campagne normande.

bonne continuation

Amitiés

ROCHE Claude dit :

Salut Régis,
Journée un peu compliquée à ce que je vois. Mais à notre belle époque , dès qu’il y a un évènement , “la mayonnaise monte” et tout le monde “serre les fesses” enfin, tu as pu passer ce fameux pont. Tiens, Samedi, à CREST, j’ai rencontré H.DUSSEAU , il participait à la Cyclo-montagnarde du moment, il est en pleine forme .Très bonne ambiance et quel plaisir de pédaler dans les beaux paysages que nous offre le VERCORS; nous sommes arrivés à notre étape, à La Chapelle en Vercors …juste avant les gros orages ! Beaucoup de rencontres avec des copains de tous horizons ! Que le cyclotourisme est formidable, quelle que soit la façon dont on le pratique. Tu as encore découvert de beaux endroits, et il faut tout faire, pour préserver nos beaux paysages de FRANCE. Bonne route, et je pense que ton périple tire à sa fin… ?

Fabien S dit :

En Allemagne, par exemple, pour un tel événement, il y aurait eu des itinéraires dédiés aux cyclistes pour leur en faciliter l’accès. En France, on fait l’inverse…
Sinon, belle région cette Normandie. j’ai appris à l’apprécier lorsque je travaillais sur les itinéraires cyclables de la Seine Maritime.
Profites-en bien !
Fabien

bichon dit :

Dans le genre situation ubuesque , j’en ai une aussi
Un Slovaque au long court en route pour le Portugal échoué sur l’aire de repos de St Avre en Maurienne , arrivé là en camion à cause de la route départementale fermée à la Praz ( éboulement de la montagne) et dénivelé par la déviation trop important par St André
Il plante sa tente sur l’herbe et les emmerdes commencent .
Dans mon rôle de patrouilleur je n’ai pas le droit de le prendre en charge , les gendarmes non plus , le PL est en coupure pour 45 hrs .
Le cyclo est stressé , le chauffeur nous fait partager quelques spécialités Slovènes .
A force de palabres je charge le vélo (lourd) et sors le cyclo du réseau (environ 600m )
C’est monté haut dans la hiérarchie et je vais sûrement passer au tourniquet …
En ce moment on en trouve pas mal , même en tunnel !!
A quand les trottinettes ?
Personnellement j’ai déjà pris l’autoroute en Allemagne vite fait en vélo faute d’autre solution !!

Gérard FILLION dit :

Bonsoir Régis,
N’oublie pas de faire des stocks de pellicule.
Demain, tu vas passer dans l’un des plus beaux BPF : Beuvron en Auge.
Bonne continuation.
Amitiés.
Gérard

Jean-Marc Lefèvre dit :

Bonsoir Régis,
Un ordre ça ne se discute pas, ça s’exécute !
Tu as du apprendre cela dans ta carrière…
Allez, mieux vaut en rire…et au moins tu te souviendras longtemps du pont de Brotonne !
Bon vent pour demain (j’ai roulé 202 km ce jour…avec les 3/4 avec vent de face soutenu).
Jean-Marc

Cayuela dit :

Salut Régis
Il semble que cela a été ta fête aujourd’hui.
Merci pour tes récits et ces photos.
On te suit avec plaisir tous les jours.
Joëlle. Jean-Marie

Pitbull dit :

C’est encore moi, tu sais les vieux vont se coucher de bonne heure mais sans ton commentaire je ne peux pas dormir,
tu es ma tisane;
pour toi un bon calvados pour une bonne nuit de récupération…
A demain si tu le vaux bien…

hubert dit :

Bonjour
Une petite précision : la chaumière dans les boucles de la Seine (photo) est bien une chaumière puisqu’elle est couverte d’un toit de chaume. Mais, dans la région, on la nomme plus communément longère, sans doute du fait que c’est un habitat tout en longueur de plain pied. Elle a été très prisée à une époque (je ne sais pas si c’est toujours le cas) par ceux qui voulaient posséder une résidence secondaire à la fois typique et peu onéreuse (coûts de rénovation parfois surprenants, tout de même).
Bonne route

maxou dit :

Voici une déconvenue fort bien rapportée. On ne comprend pas pourquoi l’interdit frappe l’usager cycliste ni cette fermeté aveugle de la part de ceux chargés de l’appliquer. Alors même qu’avec un peu de compréhension tout rentrait dans l’ordre.

marc Jeanne dit :

Courage , nous avons vu que ta journée a été bien mouvementée…
Celle de demain te réservera également quelques belles montées. Nous suivons ta progression avec attention et comptons aller à ta rencontre mardi et en avons discuté avec Paul Grante que nous avons eu l’occasion de voir hier.
A très bientôt
Marc Brigitte

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